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Alors que le premier tour des élections municipales aura lieu dans quelques jours, le dimanche 15 mars prochain, L’Indépendant donne la parole aux candidats. Une série de rencontres pour mieux connaître celle et ceux qui briguent la mairie de Carcassonne. Cinquième et dernier épisode avec Jihed Tayebi, tête de liste de Carcassonne Unité Populaire. Un candidat discret, issu du quartier Fleming, qui insiste sur un projet collectif et centré sur le social et le vivre-ensemble.
À quelques jours du premier tour des élections municipales, c’est devant la fresque monumentale qui orne l’un des bâtiments du quartier Fleming à Carcassonne, que Jihed Tayebi a donné rendez-vous à L’Indépendant. « C’est ici que tout a commencé », glisse-t-il. À 34 ans, celui qui a grandi dans ce quartier populaire est aujourd’hui la tête de la liste de Carcassonne Unité Populaire, soutenue par la France Insoumise et le Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Un rôle qu’il assume, sans chercher la lumière.
Travailleur social, il accompagne actuellement des personnes sans-abri. Il est aussi depuis longtemps investi dans le milieu associatif, notamment l’éducation populaire et le sport. Des engagements qui, dit-il, ont forgé ses valeurs et son regard sur la société. Longtemps, Jihed Tayebi s’est vu plus comme un militant que comme un candidat. Mais la rencontre avec le collectif de Carcassonne Unité Populaire (CUP), qui se présente donc aux très prochaines élections municipales, a changé la donne. Il y découvre « des citoyens engagés », et un programme dans lequel il se reconnaît, notamment en ce qui concerne les questions sociales et le pouvoir d’achat.
Et s’il mène aujourd’hui la liste, Jihed Tayebi insiste sur le fonctionnement collégial : « Je suis tête de liste parce que la loi l’exige, mais nous sommes un collectif. Toutes les décisions sont prises ensemble », explique-t-il. Et c’est d’ailleurs un vote au sein du mouvement qui l’a désigné.
À ses côtés, Olivier Cauquil, n°3 sur la liste et porte-parole de LFI au niveau local intervient aussi dans la discussion. Une présence qui reflète cette organisation revendiquée par l’équipe : si Jihed Tayebi est la tête de liste officielle, les décisions et la campagne sont partagées. « Jihed est un jeune investi, avec des bonnes valeurs. Il connaît les gens et il a vécu ce qu’ils vivent », estime-t-il.
Dans son programme, CUP met en avant des propositions centrées sur la proximité et la vie quotidienne : davantage de maisons de quartier, des mairies annexes avec des agents municipaux et des médiateurs, ou encore des animations entre les différents secteurs de la ville. Le tout, avec un objectif clair : recréer du lien entre les habitants. « On veut embellir les quartiers de Carcassonne. Et pas seulement les quartiers populaires, tous les secteurs et les hameaux », précise Jihed Tayebi. Des initiatives qui doivent permettre de favoriser les rencontres entre habitants et renforcer le vivre-ensemble.
Au cœur du projet, la question sociale reste centrale et en filigrane de chaque mesure : « Il faut combattre les frigos vides », résume Olivier Cauquil, estimant que les difficultés économiques nourrissent les insécurités. « On ne fera pas de grandes promesses. Mais ce qu’on dit, on le fera », assure Jihed Tayebi.
Pour cette équipe, la campagne est une première, et la constitution de la liste n’a pas été simple. CUP s’est lancée sans le soutien des autres forces de gauche locales. L’association Carcassonne Citoyenne écologique et sociale, qui avait constitué une liste en 2020, et sur qui CUP aurait voulu pouvoir s’appuyer, est finalement restée en retrait, après l’échec de son appel à l’union de toutes les gauches. « Ça a été dur, mais on a réussi à monter notre liste, sans appui, sur nos propres deniers et quelques dons. Ça montre bien que nos idées ont de l’écho chez les gens », estime le n°3 de la liste.
« Jihed est courageux de prendre ce rôle, vu tout ce qu’il ramasse sur les réseaux sociaux. On ne comprend pas cette haine. Et que ces gens le veuillent ou non, on fait aussi partie de la société. Nos idées sont là, et même si on nous enterre sous un torrent de boue, elles seront toujours là ».

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