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12 mars 2026Les témoignages à charge sont nombreux et détaillés. The New York Times les a recueillis auprès de 35 anciens employés de Noma, le restaurant de Copenhague que René Redzepi, son cofondateur (en 2003) et copropriétaire, avait hissé parmi les meilleures tables du monde, jusqu’à sa fermeture temporaire en 2024. Autant de personnes qui ont été les victimes ou les témoins de mauvais traitements physiques et psychologiques infligés par celui à qui elles devaient leur place dans son établissement multi-étoilé.
“Entre 2009 et 2017, témoignent-elles, il a frappé des employés au visage, les a tapés avec des ustensiles de cuisine et poussés contre des murs. Elles ont décrit le traumatisme persistant dû à des abus psychologiques répétés, dont l’intimidation, des humiliations corporelles et des moqueries en public”, résume le journal américain dans un article publié le 7 mars.
“Dieu de la cuisine”
Loin de l’atmosphère sophistiquée et des mets raffinés proposés par Noma à une clientèle aisée, il arrivait régulièrement à son grand chef d’insulter des membres du personnel, dont des stagiaires. Tel ce jeune homme sommé de tenir, devant l’ensemble de ses collègues convoqués à l’extérieur des cuisines, en tenue de travail dans la nuit glaciale, des propos à caractère sexuel dégradants… Pour avoir osé mettre de la musique techno en cuisine.
Et gare aux contestataires. Selon les propos recueillis par Julia Moskin, l’autrice de l’article, René Redzepi menaçait les membres de son équipe “d’user de son influence pour les mettre sur liste noire dans les restaurants du monde entier, de faire expulser leurs familles ou licencier leurs conjoints travaillant dans d’autres entreprises”. Ainsi agissait le Danois “salué comme un génie dans le monde entier, qualifié de ‘Dieu de la cuisine’ à la une de Time Magazine en 2013”, et récompensé de trois étoiles en 2021, rappelle à Copenhague le quotidien Politiken.
D’anciennes excuses
Tout en affirmant “ne pas reconnaître tous les détails” publiés par le New York Times, l’intéressé a d’abord réagi sur Instagram en assurant “comprendre” que ses agissements aient été “néfastes pour les gens qui travaillaient” avec lui et en être “profondément désolé”. Puis, dans la nuit du 11 au 12 mars, il a fait part de sa démission. Une annonce postée sur Instagram, accompagnée d’une vidéo :
“Des excuses ne suffisent pas, j’assume la responsabilité de mes propres actes.”
Ce n’est pas la première fois que ce self-made-man de 48 ans, né au Danemark de père albanais, évoque ses errements. En 2008, rappelle Politiken, “il avait présenté ses excuses pour la manière dont il avait traité son personnel” après la diffusion d’un documentaire à la télévision publique danoise, DR.
Dîners à 1 500 dollars par personne
Puis, en 2015, il avait admis dans un essai avoir agi en “tyran” depuis le début de sa carrière et promis qu’il changerait. Ce qu’il a progressivement fait à partir de 2017, assure le New York Times, “même si de nombreux anciens employés disent que des chefs seniors ont, avec son accord tacite, entretenu cette culture abusive en cuisine”.
En cet hiver 2026, “les anciens employés soutiennent que Redzepi n’a jamais eu à rendre de comptes”, avance Julia Moskin. Le mouvement #MeToo est aussi passé par les grands restaurants, “changeant ce que les employés sont prêts à accepter au travail”.
La nouvelle formule de Noma – la fermeture de l’établissement à Copenhague et sa réouverture par intermittence, pour de courtes périodes, dans de grandes métropoles (Londres, Tokyo, Sydney) –, lancée par son chef en 2025, fait des vagues depuis son arrivée à Los Angeles, au début de mars. “Ses dîners à 1 500 dollars par personne” ont relancé les discussions sur les errements passés du patron, précise le quotidien new-yorkais.
Depuis la parution de son enquête, les entreprises American Express et Blackbird ont annulé les réservations prises pour leurs clients dans le restaurant pop-up de Noma à Los Angeles. Une firme danoise de microbiologie, Novonesis, a quant à elle renoncé à un partenariat avec lui pour développer des produits en commun, relate Berlingske, à Copenhague. Pour le critique gastronomique de ce journal, “l’aura que Redzepi projetait sur Noma s’est maintenant transformée en ombre”.

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