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12 mars 2026Eric Dupond Moretti Défenseur des droits ? Emmanuel Macron encore accusé de placer ses « copains »
MOHAMMED BADRA / AFP
Emmanuel Macron et Eric Dupond-Moretti, alors ministre de la Justice, le 18 juin 2023.
Qui pour remplacer Claire Hédon ? Le mandat de la Défenseure des Droits expire en juillet, sans possibilité d’être reconduit. Selon des informations de Politico, un nom circule à l’Élysée pour la remplacer : celui de l’ancien Garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti. De quoi raviver, après plusieurs nominations présidentielles controversées, les accusations en « copinage » au sommet de l’État.
Le nom de l’ancien ministre, reconverti en comédien depuis son départ de la place Vendôme, a été évoqué le 10 mars par « trois interlocuteurs du chef de l’État » auprès des journalistes du site spécialisé. Rien « n’est gravé dans le marbre », nuance cependant l’un d’eux, tandis que l’Élysée se refuse à tout commentaire. Mais même hypothétique, le choix du chef de l’État fait tiquer.
Car cette éventualité se présente après plusieurs précédents où des proches du président de la République ont obtenu des postes de haut rang : Richard Ferrand au Conseil constitutionnel (après la validation par le Parlement comme le veut la procédure), Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des Comptes, sans oublier l’hypothèse Emmanuel Moulin, actuel secrétaire général de l’Élysée, pressenti pour diriger la Banque de France après l’annonce de démission anticipée de François Villeroy de Galhau.
« La République des copains continue », cingle le député François Ruffin sur X, ironisant sur les prochaines nominations du chef de l’État : « Nicolas Sarkozy à la tête d’Anticor ? Patrick Pouyanné comme ministre de la Transition écologique ? » Quelques jours plus tôt, un élu socialiste joint par le HuffPost ne masquait pas non plus son agacement. « C’est mettre une cible dans le dos des institutions, alors que le job de Macron, c’est de préserver ces institutions », déplorait-il.
« Davantage un profil de Destructeur Des Droits »
Si le nom du Défenseur des droits est proposé par le président de la République, la décision n’est cependant pas unilatérale. Comme pour le président du Conseil constitutionnel, la proposition doit être validée à la majorité des 3/5e des commissions des lois de l’Assemblée nationale et du Sénat, faute de quoi, un nouveau candidat doit être proposé. Un pari potentiellement risqué pour l’ancien Garde des Sceaux au bilan critiqué.
« Artisan de mesures attentatoires aux libertés, qui croit à la fable de l’inceste “consenti”, qui qualifie l’affaire du Carlton de Lille/DSK “d’affaire de copains qui s’offrent du bon temps” et de “libertinage”, qui se permet de constater en conférence de presse “que parmi les journalistes femmes qui (l’ont) interrogé, aucune n’était devant (lui) les seins nus (…) Il ne fait pas assez chaud ?” qui se passionne pour la chasse et la corrida, qui oublie de déclarer 300 000 € de revenus à la HATVP », liste par exemple la députée LFI Gabrielle Cathala, quand son collègue Jean-François Coulomme estime que « par la partialité de ses positions, sa misogynie et ses états de service, cet homme a davantage un profil de Destructeur Des Droits ».
Les associations de protection de l’enfance disent non
Les associations de lutte contre les violences aux enfants sont tout aussi remontées. Une pétition lancée par Mouv’Enfants rappelle ainsi la position d’Éric Dupond-Moretti, alors garde des Sceaux, au moment des débats sur la loi visant à protéger les mineurs de l’inceste. « Pour défendre la position du gouvernement sur le seuil d’âge pénal, il a évoqué les “amours adolescentes”, estimant qu’il fallait éviter de criminaliser certaines relations entre jeunes proches en âge. Au cours de ces échanges, il a également évoqué la possibilité théorique de relations consenties entre un jeune majeur et un membre plus éloigné de sa famille », rappellent les auteurs du texte.
Ils évoquent le témoignage de Sandrine Josso, députée MoDem victime d’une tentative de soumission chimique par l’ex-sénateur Joël Guerriau, et qui a confié dans une enquête du média Off Investigation avoir été « terrorisée » par l’attitude d’Éric Dupond-Moretti lorsqu’elle lui a raconté les faits. Contacté par Libération, l’ancien ministre a contesté ces accusations. Mais pour les associations, le ressenti et le témoignage de Sandrine Josso soulèvent « une question fondamentale : comment envisager de confier la défense des droits des citoyens à une personnalité dont le comportement est décrit ainsi par une victime présumée de violences ? ».

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