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ADNAN FARZAT / NurPhoto via AFP
Marine Tondelier lors d’un tractage à Paris le 6 mars.
La vague verte va-t-elle refluer ? Dimanche soir, à l’annonce des résultats, les Écologistes auront les yeux rivés sur les quelques villes qu’ils avaient réussies à décrocher à la surprise générale il y a six ans. À Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Tours ou Besançon, les sondages sont contrastés et certains commentateurs prédisent une débâcle aux troupes de Marine Tondelier. Lesquelles préfèrent rappeler que rien n’est joué, et que des remontadas ne sont pas à exclure.
« Il faut toujours se méfier des enquêtes d’opinion sur les municipales. Les réalités locales échappent souvent aux sondeurs », affirme la secrétaire nationale dans une interview à Ouest-France, qui rappelle qu’en 2020, le scénario n’était pas écrit d’avance et que des surprises sont venues bousculer l’issue du scrutin. « Nous l’avons finalement emporté, alors que personne n’y croyait », assure-t-elle. « Ça fait six mois qu’on nous raconte la fin du film, mais on ne doit pas jouer en défense, rien n’est écrit », s’agace aussi le député européen David Cormand dans Libération.
Pourtant, la partie est loin d’être gagnée. À Strasbourg, Jeanne Barseghian est sérieusement menacée par la socialiste Catherine Trautmann, figure locale et ancienne maire de la ville (1989-1997). À Lyon, Grégory Doucet est distancé de plusieurs points par le candidat de droite Jean-Michel Aulas, auréolé de son statut d’ancien président de l’OL. Mais certains cadres écolos mettent en garde ceux qui se risqueraient à faire des pronostics trop définitifs. Ce jeudi, ils n’ont pas manqué de brandir le dernier sondage OpinionWay dans lequel Grégory Doucet talonne son adversaire. « Passer de 23 % en octobre à 35 % en mars, et réduire l’écart de 24 points à 8 maintenant, c’est le signe qu’il se passe quelque chose en cette fin de campagne ! », se félicite -très enthousiaste- un proche du maire sortant auprès du HuffPost.
En mauvaise passe, les écolos ? Pas du tout, estiment-ils, préférant rappeler qu’ils sont en bonne position pour s’emparer de nouvelles villes hors des métropoles comme Lorient (Morbihan), Fécamp (Seine-Maritime), Nevers (Nièvre), Villepinte (Seine-Saint-Denis) ou Cholet (Maine-et-Loire).
Mais six ans après leur percée, les maires écologistes ont un bilan et ne peuvent plus se présenter comme des conquérants qui viendraient bousculer le jeu institutionnel. Après s’être frottés à l’exercice du pouvoir, et avoir été mouillés dans des polémiques qu’ils ont parfois-eux même contribuées à nourrir (le Tour de France, les sapins de Noël…), les Verts voient leur image en partie dégradée. Un sondage de l’Ifop, publié début mars, est sévère à leur égard : 30 % des Français qui ont voté pour un maire écologiste en 2020 disent aujourd’hui le regretter. Et parmi ceux qui souhaitent voir leur maire réélu (55 % en moyenne), ils ne sont que 24 % quand celui-ci est écologiste.
Un contexte politique qui a changé
« En 2026, avec un fort recul des préoccupations écologiques, un bilan de leurs maires sortants souvent mitigé et un regain de participation qui dilue l’électorat EELV, les indicateurs ne semblent pas au beau fixe pour les défenseurs de l’écologie politique », reconnaît François Kraus, chercheur à l’Ifop, auprès de Public Sénat. De fait, le contexte de 2020 était plus porteur pour les écologistes, avec une communauté internationale qui semblait enfin prendre conscience des effets du réchauffement climatique. À ce moment-là, les marches pour le climat initiées par la suédoise Greta Thunberg battaient leur plein et la liste portée quelques mois plus tôt par Yannick Jadot aux élections européennes avait fait le plein, s’offrant le luxe d’arriver en tête de la gauche avec plus de 13 % des voix.
En six ans, le bilan des différents maires n’est pourtant pas si mauvais. Entre l’augmentation de la part de bio dans les cantines, le développement des pistes cyclables et des espaces de végétalisation en centre-ville ou encore la mise en place d’une tarification sociale sur l’eau, « le bilan de nos politiques publiques est plébiscité », affirme le sénateur écolo Thomas Dossus sur LCP. Reste que, comme le raconte à Libé le journaliste Philippe Chibani-Jacquot, auteur d’un livre sur l’écologie politique, « la temporalité pour finir les chantiers engagés sur le logement ou les transports avant la fin de l’échéance du mandat » a été la difficulté principale des maires écolos.
Des conséquences sur 2027
Signe que l’heure est grave : la patronne du parti, Marine Tondelier, consacre l’essentiel de son temps à sillonner le pays, de réunions publiques en meetings, de tractages en portes-à-portes. Les Écologistes ont fait de leur implantation locale une vitrine du parti, montrant qu’ils étaient capables de décliner leur programme au plus près du terrain. Les priver de cette implantation réduirait non seulement leur visibilité, mais surtout leur crédibilité.
Avec un enjeu : ne pas se lancer affaiblis dans la campagne présidentielle qui s’ouvre. Qui imagine Marine Tondelier remporter la primaire de la gauche prévue à l’automne si son parti subit un revers aux élections municipales ? Le journal Le Monde révèle d’ailleurs qu’au PS, « Olivier Faure ne rechignerait pas à l’idée d’un scénario alternatif à la primaire » si les Écologistes sortaient abîmés de la séquence des municipales. Son idée : « Imposer un candidat commun issu du parti le mieux placé ». Voilà aussi pourquoi les Verts seront particulièrement attentifs aux résultats dimanche soir.

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