
EN DIRECT – Les municipales sont-elles le premier tour de la présidentielle ? Suivez le live YouTube du HuffPost
12 mars 2026
CAC 40 : Alors que l'Iran assure ne pas miner le détroit d'Ormuz, la Bourse de Paris ne lâche pas le frein à main et recule
12 mars 2026
Des chercheurs ont suivi pendant plus de quinze ans 1,8 million de femmes et d’hommes en comparant leur régime alimentaire.
Adopter un régime végétarien pourrait réduire le risque de développer certains cancers. Fin février, des chercheurs de l’université d’Oxford, au Royaume-Uni, ont publié dans la revue British Journal of Cancer l’une des plus vastes jamais réalisées sur le sujet.
Durant seize années, ils ont suivi 1,8 million de personnes sur trois continents dont 1.645.555 mangeurs de viande, 57.016 mangeurs de volaille, 42.910 pesco-végétariens (ou « pescatariens »), 63.147 végétariens (qui excluent la viande et le poisson) et 8.849 végétaliens (qui excluent en plus les produits laitiers et les œufs).
Cette étude indique que, comparés aux mangeurs de viande, les végétariens présentent un risque inférieur de 28% pour le cancer du rein, de 21% pour celui du pancréas, de 12% pour celui de la prostate et de 9% pour le cancer du sein (essentiellement pour les femmes ménopausées). Ils ont également un risque réduit de 31% de développer un myélome multiple, maladie liée à la moelle osseuse.
« Cette étude est une excellente nouvelle pour les personnes qui suivent un régime végétarien, car elles présentent un risque plus faible de développer cinq types de cancer, dont certains sont très répandus dans la population », a déclaré Aurora Pérez-Cornago, chercheuse principale de l’étude, auprès de The Guardian.
Risque accru pour le carcinome épidermoïde de l’œsophage
À l’inverse, au sein de cette étude, les personnes ayant un régime végétarien présentent un risque plus élevé de développer un carcinome épidermoïde de l’œsophage – un type de cancer. Si les chercheurs s’accordent sur la nécessité de recherches supplémentaires sur le sujet, ils estiment que ce risque accru pourrait être lié à des carences en certains nutriments.
En mai dernier, l’Anses avait publié deux expertises sur le sujet, montrant notamment un statut nutritionnel en fer, iode, vitamines B12 et D, et un équilibre entre le calcium et le phosphore au sein du corps moins favorable que pour les non-végétariens.
Selon l’étude récente publiée dans le British Journal of Cancer, les régimes végétariens et végétaliens sont généralement plus faibles en certains nutriments tels que les protéines, les graisses saturées et certains micronutriments comme la vitamine B12. Mais plus riches en d’autres comme les fibres alimentaires, les caroténoïdes et la vitamine C.
La viande rouge, « cancérogène probable »
Cette nouvelle analyse montre également des bienfaits dans l’adoption de régimes pesco-végétariens (excluant la viande mais pas le poisson) mais également chez les personnes que l’étude qualifie de « mangeurs de volaille », c’est-à-dire ne consommant pas de viande rouge.
Par exemple, les pesco-végétariens ont un risque plus faible de cancer du côlon et les mangeurs de volaille un risque diminué de développer un cancer de la prostate, toujours en comparaison des mangeurs de viande, tout type confondu.
Le Centre international de recherche sur le cancer, associé à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), classe la viande rouge (bœuf, veau, porc, agneau, mouton, cheval et chèvre) « cancérogène probable » et les viandes transformées comme les charcuteries étant classées au plus haut niveau de preuve, à savoir « cancérogènes pour les humains ».
La viande pointée du doigt
Tout l’enjeu de la suite des recherches réside en trouver l’origine de ces différences: est-ce directement la consommation de viande qui accroît le risque de cancer ou est-ce d’autres éléments spécifiques des régimes végétariens qui le réduisent?
En effet, plusieurs études ont déjà observé que les personnes végétariennes présentent généralement plusieurs caractéristiques alimentaires favorables, notamment des apports relativement faibles en graisses saturées et relativement élevés en fibres alimentaires, ainsi qu’un IMC (indice de masse corporelle) bas et un faible taux de cholestérol LDL (lipoprotéines de basse densité) par rapport aux consommateurs de viande.
Toutefois, Tim Key, co-auteur de l’étude cité par la BBC, a « le sentiment que les différences sont plus probablement liées à la viande elle-même qu’au simple fait que les végétariens consomment des aliments plus sains ».
Les chercheurs mettent néanmoins en garde: la capacité à généraliser ces « résultats doit être considérée avec prudence, car les régimes et les apports nutritionnels des végétariens et des non-végétariens peuvent varier considérablement au sein des populations et entre elles », peut-on ainsi lire dans l’étude publiée ce 27 février.
En mars 2025, outre les bienfaits sur les cancers, l’Anses mettait également en évidence un risque plus faible de diabète de type 2 et un risque plus faible de développer certaines pathologies telles que les cardiopathies ischémiques, les troubles ovulatoires ainsi que certaines maladies ophtalmologiques et gastro-intestinales chez les végétariens comparés à un régime incluant de la chair animale.
Cette étude avait toutefois aussi permis d’observer un risque sanitaire plus élevé pour la santé ostéo-articulaire et l’hypospadias (une malformation congénitale) chez les personnes ayant un régime végétarien.

9999999
