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12 mars 2026
BFM Bourse – Jeudi 12 mars
12 mars 2026Municipales 2026 : Bertrand Malquier, le maire de Narbonne, en quête d’une première élection
La politique narbonnaise se vit au pas de course avec Bertrand Malquier qui nous a donné rendez-vous, jeudi 12 mars, aux Halles de Narbonne. Portrait d’un des plus jeunes maires de la ville qui revendique une proximité constante et une énergie sans relâche.
Traverser le marché avec Bertrand Malquier n’est pas une mince affaire. Aux Halles de Narbonne, le maire sortant est interpellé tous les quelques mètres. « Bonjour, ça va ? » par ci, une tape sur l’épaule, une bise, par là. La scène se répète encore et encore. Ici, tout le monde semble le connaître. Lui en sourit. « Je suis très convivial. Les gens viennent me voir, je parle avec tout le monde. Quand je sors, c’est parfois compliqué pour ceux qui m’accompagnent, mais j’aime ça. J’aime le terrain. »
Pour le lieu de ce portrait, Bertrand Malquier a choisi lui-même les Halles et ce n’est pas par hasard. « C’est un endroit qui raconte beaucoup de Narbonne… et un peu de moi aussi. Ici, on voit une ville qui se lève tôt, qui travaille, qui produit, qui échange. Une ville vivante et conviviale. » Car le maire est lui-même un matinal : « J’aime les premières lueurs sur la ville. Narbonne s’éveille, ça fourmille déjà. Pour moi, c’est le meilleur moment pour travailler. »
Né à Narbonne il y a 47 ans, ancien chef d’entreprise dans l’immobilier, Bertrand Malquier partage aujourd’hui sa vie avec Sarah, « une Gardoise », confie-t-il avec le sourire, « qui occupe toutes mes pensées et avec qui je vis une histoire passionnelle ». Ensemble, ils élèvent trois enfants : Oscar, 13 ans, Victoria, 11 ans « la plus bavarde », et Raphaël, 7 ans.
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La politique, chez lui, est une histoire ancienne. Dans la maison familiale, les discussions étaient fréquentes entre une mère de gauche et un père de droite. Très vite, il se retrouve proche du mouvement Nouveau Narbonne, fondé par Hubert Mouly. Il en devient même la plume. « J’aime écrire. Et j’aimais bien l’idée de s’affranchir des clivages idéologiques pour agir dans le seul intérêt de Narbonne. Je n’ai jamais eu d’autre ambition que de faire évoluer ma ville et de gérer les problématiques du quotidien tout en la projetant vers l’avenir. » Ses proches le décrivent comme un travailleur infatigable. Il l’assume. « Je dors très peu. Le matin, je vais faire le tour des chantiers. Je ne suis pas technicien : quand on me parle de voirie ou d’un bâtiment, j’ai besoin de voir. Je suis quelqu’un de visuel, donc je vais sur le terrain. » Au fil d’un café qu’il boit à la même vitesse que ses pas dans les Halles, le maire évoque ce qui guide son action : « L’écoute, la proximité, l’action et l’anticipation. »
J’ai décidé de rentrer dans le combat
Depuis deux ans et demi, il a aussi multiplié les rencontres citoyennes : « Je rencontre environ cent familles par mois. Ça fait beaucoup de monde, beaucoup d’histoires… ça dépote ! » « Ça dépote », justement : l’expression revient souvent. Bertrand Malquier aime rappeler qu’il est l’un des « plus jeunes maires de l’histoire de Narbonne » (Louis Madaule a été élu à 44 ans, Ernest Ferroul à 41 ans, NDLR). Il se reconnaît davantage dans la génération de Michel Moynier. « J’ai beaucoup aimé sa capacité de travail, sa vision pour la ville. Avec Michel, Hubert ou Didier, il y a un point commun : le travail. Après, chacun a son caractère. Moi, je pense être plus dans la convivialité. »
Mais son arrivée à la tête de la ville s’est faite dans un contexte douloureux. Depuis 2014, il était en effet le premier adjoint de Didier Mouly, le maire divers droite reconduit en 2020. La voix se trouble lorsqu’il se souvient de la nuit où tout bascule. « On avait déjeuné ensemble. À 4 heures du matin, Didier m’appelle. Je ne comprends pas bien… puis j’entends : “Solange est morte.” » La disparition de l’épouse du maire marque un tournant. « À partir de là, Didier décline. Je me suis beaucoup occupé de lui. Il était usé, fatigué. Je menais le combat à ses côtés. Et moi, j’étais aussi en plein divorce… tout s’accumulait. »
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Un mois plus tard, Didier Mouly disparaît à son tour. Bertrand Malquier devient maire dix jours après. « Je n’étais pas heureux. J’entendais sa voix partout. Je pensais devenir fou ». Le déclic arrive quelques semaines plus tard, pendant les fêtes de Noël, « j’étais avec Sarah et mes enfants. Et j’ai décidé de rentrer dans le combat. » Car la fonction ne laisse guère de répit. « J’ai pris cent ans d’héritage en pleine figure : le pont des Marchands, le palais du Travail, les arrêtés de péril… Il y a eu aussi les incendies, les tempêtes, les inondations. » Aujourd’hui, le maire depuis deux ans et demi assure être pleinement engagé : « Je suis à 200 %. Le matin, quand je me lève, j’ai la patate. Et le soir, je dors bien… parce que je suis honnête. »
En quittant les Halles, après une dernière poignée de mains et quelques salutations, une chose est sûre : avec Bertrand Malquier, la politique se vit à 100 à l’heure.
Le questionnaire de Proust
Votre principale qualité ?
La constance : je tiens le cap, même quand c’est difficile.
Votre principal défaut ?
L’impatience, surtout quand je sens qu’on pourrait aller plus vite, plus simplement ! Et la gourmandise…
La personnalité historique qui vous inspire le plus ?
Georges Clemenceau, pour le courage politique et la franchise, quitte à déplaire.
La figure narbonnaise, passée ou présente, que vous admirez ?
Hubert Mouly : un Narbonnais de caractère, entier, qui a marqué l’histoire de la ville. Gilles Bourguignon, pour sa carrière au rugby et sa fidélité à Narbonne, sa force de travail et son altruisme.
Le mot qui vous résume ?
Dynamique.
Ce que vous ne pardonnez pas en politique ?
Le manque de travail.
Ce que vous considérez comme la plus grande vertu d’un maire ?
L’empathie.
Le livre qui a le plus marqué votre vie ?
L’Homme révolté d’Albert Camus. Parce que Camus y pose une ligne de crête qui m’accompagne en politique : ne jamais confondre fermeté et brutalité, ne jamais sacrifier l’humain au prétexte du “grand soir”, et refuser les postures idéologiques qui abîment la réalité. Ce livre rappelle qu’on peut se battre pour la justice sans tomber dans la haine, qu’on peut dire non sans humilier, et qu’au fond la vraie force, c’est de garder une morale de l’action : agir, améliorer, protéger, sans perdre le sens des limites et de la dignité. C’est exactement ce que j’essaie de faire à l’échelle d’une ville : du concret, du respect, et une exigence éthique.
Votre plus grande fierté personnelle ?
Avoir tenu mes engagements sans perdre le lien avec les gens, ni le goût du terrain. À titre plus personnel, la naissance de mes enfants.
Votre plus grand regret ?
De ne pas avoir eu plus de temps, pour mes proches, parfois, quand l’action publique prend toute la place.
Le mot que vous aimeriez entendre le soir de l’élection ?
Avenir.
Une question que vous aimeriez que l’on vous pose et que l’on ne vous pose jamais ?
Qu’est-ce qui vous touche le plus, humainement, dans votre rôle de maire et qu’est-ce qui vous pèse le plus, mais que vous assumez quand même ?
La dernière fois que vous avez pleuré ?
Pendant les derniers jours de vie de Didier Mouly, face à lui, assis sur une chaise pendant qu’il me confiait ses dernières pensées municipales. Je comprenais que c’était la fin de notre binôme, de notre amitié, de sa vie…

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