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« Je suis le vote utile ! » Dans la dernière ligne droite de la campagne des municipales (15 et 22 mars) à Paris, tous les candidats répètent en boucle la même formule. Faute de débat télévisé – celui-ci a été refusé par la candidate Les Républicains, Rachida Dati –, les têtes de liste dans la capitale s’affrontent à distance, chacun se disant être la meilleure chance de victoire pour son camp.
Avec un mode de scrutin remanié où désormais chaque voix compte, les municipales parisiennes pourraient accoucher dimanche soir d’une quinquangulaire, en portant Pierre-Yves Bournazel, Sophia Chikirou, Rachida Dati, Emmanuel Grégoire et Sarah Knafo au second tour.
Dans ce contexte totalement incertain à seulement trois jours du vote, parvenir à éliminer de la course l’un de ses concurrents pour éviter d’être contraint à une alliance apparaît comme primordial pour les deux favoris que sont Dati et Grégoire. Inversement, pour les outsiders Bournazel, Chikirou et Knafo, réaliser le plus gros score possible est une nécessité pour négocier un accord de second tour.
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Dès lors, le refrain du « vote utile » est lancé sur tous les tons. En meeting au Dôme de Paris, lundi 9 mars, Sarah Knafo a appelé les électeurs à voter pour elle, soulignant que les derniers sondages donnaient Rachida Dati perdante dans un éventuel duel face à Emmanuel Grégoire et qu’elle était « la seule à proposer l’union » entre la droite et l’extrême droite.
« Le vote utile à droite, c’est donc moi », a-t-elle lancé devant près de 3 000 personnes. « Ceux qui prétendent qu’ils peuvent gagner seuls prennent le risque de tous nous conduire à la défaite. (…) À ceux qui, par le passé, ont voté RPR, UMP, LR, RN, UDF, de Villiers, Chirac, Sarkozy (…), je leur dis à tous : l’heure est venue. Gardez vos opinions, conservez vos partis, mais faites gagner Paris », a-t-elle ajouté.
Dati appelle les électeurs de droite à « faire le choix de la raison »
La candidate LR a bien conscience que ses chances de victoire seraient amoindries en cas d’accession de Sarah Knafo au second tour. Mais pour elle, la question n’est pas de savoir si elle doit ou non faire alliance. Contrairement à d’autres dans son propre parti, Rachida Dati refuse depuis le début de la campagne la main tendue par sa concurrente d’extrême droite. Et les électeurs qu’elle gagnerait sur sa droite en ouvrant sa liste à Sarah Knafo risqueraient dans le même temps d’être perdus sur sa gauche, une partie de son électorat – venu notamment de Renaissance – étant opposé à toute idée d’alliance avec le parti d’Éric Zemmour.
L’ancienne ministre de la Culture multiplie donc dans la dernière ligne droite les messages en direction de l’électorat de droite qui pourrait être tenté par Sarah Knafo, les appelant à « faire le choix de la raison » pour ne pas empêcher l’alternance à Paris.
À gauche, la situation est quasi identique. La candidate insoumise Sophia Chikirou espère elle aussi être présente au second tour pour obliger Emmanuel Grégoire à lui ouvrir sa liste. La formation de Jean-Luc Mélenchon appelle à une « fusion technique », sans accord programmatique, « à chaque fois que le risque de la droite et de l’extrême droite existe » dans une ville, excluant en revanche tout désistement. Et contrairement à Sarah Knafo qui tente de convaincre Rachida Dati en douceur, Sophia Chikirou joue le rapport de force.
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« Il ne faut pas qu’un socialiste soit maire de Paris », déclarait-t-elle en début de campagne, où elle a multiplié les attaques contre l’ex-premier adjoint d’Anne Hidalgo, responsable à ses yeux d’une « gentrification » de la capitale et des violences sexuelles dans le périscolaire.
La joute constante entre La France insoumise et le Parti socialiste a même atteint le 4 mars un très haut niveau de violence verbale autour de la figure clivante du leader insoumis, accusé d’antisémitisme. Chacun accuse l’autre d’offrir un boulevard au Rassemblement national en attaquant son propre camp plutôt que l’extrême droite.
« Il y a un vote efficace, c’est celui pour notre union », clame Grégoire
Sur ce sujet, Emmanuel Grégoire estime que Jean-Luc Mélenchon, qui l’a traité d' »infâme » sur son blog, « s’est perdu définitivement », qu' »il fait beaucoup de mal à la gauche, aux causes qu’il prétend défendre ».
Le candidat socialiste ne varie pas depuis le début de sa campagne : il ne fera pas d’alliance avec La France insoumise. Lui aussi a donc tout intérêt à faire le plein de voix dès le premier tour et à ce que sa concurrente fasse moins de 10 % dimanche soir.
« Je veux dire aux électeurs de gauche que s’ils veulent que Paris reste à gauche, il y a un vote efficace, c’est celui pour notre union », a-t-il encore indiqué, jeudi 12 mars sur FranceInfo, jouant à son tour la carte du « vote utile ».
Soutenu par Horizons et Renaissance, Pierre-Yves Bournazel entend incarner quant à lui une « troisième voie ». « Pour l’instant, aucun bulletin n’a été mis dans l’urne et je sais qu’une majorité de Parisiens ne veut ni de Rachida Dati ni d’Emmanuel Grégoire », a-t-il affirmé à l’AFP.
« Au second tour, je poursuivrai le rassemblement. Je m’adresserai à des hommes et des femmes, colistiers de la droite républicaine ou de la gauche républicaine, qui voudront être clairs sur les valeurs. Certains ne sont pas insensibles à ma démarche », a assuré l’élu du 18e arrondissement, sans plus de précisions. Une façon de revendiquer lui aussi le vote utile.
À Paris, sont candidats Pierre-Yves Bournazel (Horizons), Blandine Chauvel (Nouveau Parti anticapitaliste – Révolutionnaires), Sophia Chikirou (La France insoumise), Rachida Dati (Les Républicains), Emmanuel Grégoire (Parti socialiste), Sarah Knafo (Reconquête), Thierry Mariani (Rassemblement national), Mahel Pierot-Guimbaud (Parti des travailleurs) et Marielle Saulnier (Lutte ouvrière).

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