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Un « guide d’élégance » prodiguant des conseils sur la forme des décolletés ou la taille de la barbe a provoqué une tempête à la SNCF. Accusée de sexisme et de grossophobie par les syndicats, la direction plaide l’erreur et ouvre une enquête interne. Entre injonction esthétique et simple conseil de présentation, le débat a enflammé le plateau des Grandes Gueules ce jeudi.
Une vive polémique secoue la SNCF après la découverte, sur son réseau interne, d’un “guide élégance” daté de février 2026. Ce document de plusieurs pages, destiné aux agents, prodiguait des conseils vestimentaires et esthétiques très précis, allant de la forme des décolletés pour les femmes rondes à la taille de la barbe pour les hommes, afin d’incarner “l’élégance à la française”.
Une enquête interne a été ouverte
Le syndicat SUD-Rail a immédiatement dénoncé un contenu “sexiste et grossophobe”, fustigeant une tentative de l’entreprise d’imposer des critères de morphologie et d’apparence physique à ses employés.
« Comment on peut travailler et écrire ce qui a été mis dans ce guide. On veut avoir toutes les éclaircies sur ce guide », exige Le secrétaire fédéral de SUD-Rail Julien Troccaz sur RMC. Le syndicat a exigé le retrait immédiat du guide, rappelant que les cheminots n’ont aucune obligation d’adapter leur corps aux exigences esthétiques de leur employeur.
Face au tollé, la direction de la SNCF a retiré le document ce mercredi 11 mars. Elle affirme n’avoir jamais commandé ce guide et assure que ces préconisations ne reflètent ni ses valeurs, ni ses méthodes de management. Une enquête interne a été ouverte pour comprendre comment ce document a pu être publié sur l’espace numérique de l’entreprise.
« Aujourd’hui, on refuse tout conseil »
Le sujet a suscité un débat ce jeudi 12 mars sur le plateau des Grandes Gueules. Pour Joëlle Dago-Serry, coach de vie, la polémique n’a pas lieu d’être. Selon elle, ce document n’est en rien une injonction: “Je ne trouve pas qu’ils jugent, ils donnent des conseils, ce n’est pas obligatoire”, tempère-t-elle.
Pour la GG, adapter sa tenue à sa morphologie relève simplement du bon sens esthétique: “Il y a des règles, comme privilégier les grands décolletés pour les petites poitrines. Aujourd’hui, on refuse tout conseil à cause du précepte ‘je viens comme je suis, mais il n’y a rien d’offensant à vouloir aider les gens à être plus élégants.”
Vers un guide d’élégance pour les profs?
Un avis partagé par l’enseignante Barbara Lefebvre, qui regrette un certain relâchement général sous couvert de liberté individuelle. “On nous explique que la France est le pays de l’élégance, mais maintenant, il faut ressembler à rien”, s’agace-t-elle. Elle va même plus loin en prenant l’exemple de sa propre profession: “Je trouve ça anormal qu’un prof vienne faire cours avec un jean troué, des baskets dégueulasses ou des piercings. Cela ne me choquerait absolument pas qu’on crée un guide similaire pour l’Éducation nationale.”
“Je ne comprends pas la polémique
Invitée à réagir, Emmanuelle, hôtesse de l’air pour Air France, apporte un éclairage professionnel sur la notion d’uniforme. Pour elle, l’exigence d’élégance est indissociable des métiers de service: “Je ne comprends pas la polémique. Nous portons un uniforme qui représente une compagnie, on se doit d’avoir une tenue élégante.” Elle souligne toutefois que les critères de présentation ont su s’adapter à l’époque: “Ça a beaucoup évolué. Par exemple, les hommes ont désormais le droit d’avoir les cheveux longs. Il n’y a plus de critères physiques discriminatoires, mais l’image reste primordiale.”

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