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13 mars 2026les Français dorment de moins en moins, parfois c’est à cause du travail, et ça dégrade la productivité
Un quart des Français dorment moins de 6 heures par nuit. Le stress au travail peut fortement dégrader la qualité du sommeil, mais c’est un cercle vicieux car la fatigue engendre des pertes de concentration et encore plus de stress.
Les Français dorment de moins en moins, et c’est une catastrophe, pour la santé, pour la vie personnelle, mais aussi pour les entreprises. Selon une enquête menée par l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) avec OpinionWay, publiée ce mardi 10 mars, un quart des Français dorment moins de 6 heures par nuit.
En moyenne, ils dorment 6h50 en semaine, une durée inférieure aux recommandations internationales allant de 7 à 9 heures. C’est quatorze minutes de moins qu’en 2024. Cette durée se réduit d’année en année et en 50 ans, nous avons perdu 1h30 de sommeil, ce qui est colossal.
Il peut y avoir plusieurs explications à cette dégringolade du sommeil: stress au travail, alimentation, temps d’écran et économie de l’attention qui grignote sur la nuit…
« Le sommeil est un des éléments les plus importants pour notre santé », explique le psychologue du Travail Samuel Laurent. « Il agit sur la diminution du cortisol qui est l’hormone du stress, il permet au cerveau de se nettoyer, il est très important pour la digestion, il y a un lien direct entre le manque de sommeil et le cancer, le diabète, les maladies cardio-vasculaires… »
« Les problèmes de sommeil ont un impact dans tous les aspects de la vie, y compris évidemment dans la sphère professionnelle car c’est là où on passe le plus de temps et où on dépense le plus d’énergie », explique-t-il.
Le sommeil un sujet personnel
Des salariés qui ont mal dormi, qui arrivent au travail avec l’esprit embrumé, qui baillent à leur bureau, manquent d’énergie et de concentration, voir s’endorment aux toilettes… Le sommeil est un sujet plus que sérieux pour les entreprises. Et les conséquences peuvent être catastrophiques: augmentation des erreurs, absentéisme, risques d’accident du travail, tensions…
Sauf que… C’est aussi un sujet éminemment personnel. Il serait très malvenu pour l’employeur de se mêler des habitudes de sommeil de ses équipes. Un manager n’a pas à demander à un salarié à quelle heure il se couche, s’il a bien eu ses huit heures de sommeil ou sur quel matelas il dort.
« Il y a un respect à avoir entre la sphère privée et la sphère professionnelle », explique Samuel Laurent.
« Je ne peux pas dire à un salarié, même si je le vois fatigué, ‘ce soir couche-toi à 22 heures’, ce n’est pas mon rôle et ça me mettrait mal à l’aise », abonde Alizé Cerulo, directrice clientèle chez Tellent, une entreprise qui fournit des logiciels RH.
Alléger l’agenda, prendre des jours de repos…
Alors elle se concentre sur l’organisation du travail. Elle gère une équipe d’une dizaine de personnes avec lesquelles elle fait des points individuels toutes les semaines. Elle en profite pour leur demander comment ils vont. La manageuse s’applique aussi à détecter les signes de fatigue: « Quelqu’un qui est irritable facilement sur la défensive sur un nouveau process, pour moi c’est un signal d’alerte », témoigne-t-elle.
Dans ces cas-là, elle propose au salarié d’alléger son agenda, de reprendre certains rendez-vous à son compte ou de simplement annuler les rendez-vous les moins urgents, de décaler certaines tâches…
« J’avais quelqu’un qui n’était pas dans son assiette, je lui ai dit de déconnecter en début d’après-midi. Ca ne sert à rien de tirer sur la corde pour se retrouver en arrêt-maladie quelques semaines plus tard », raconte-t-elle. « Un jour, j’étais un peu surmenée, ma directrice m’a dit que pouvais m’arrêter deux jours, que la boîte n’allait pas s’arrêter de tourner, ça faisait du bien de l’entendre », ajoute-t-elle.
Le cercle vicieux entre stress au travail et fatigue
De la même manière que le sommeil a un impact sur le travail, le stress au travail peut fortement dégrader la qualité du sommeil. C’est un cercle de causes et de conséquences liées.
« Le stress est le premier vecteur de réveil nocturne, il peut engendrer des difficultés d’endormissement, on se refait la journée dans sa tête, on repense à une conversation désagréable… », explique Samuel Laurent. Et c’est le cercle vicieux qui s’enclenche.
« Moins d’heures de sommeil ça veut dire moins de régulation du stress. »
D’autant que cette situation joue aussi sur l’estime de soi: « Vos fonctions cognitives sont altérées donc vous avez du mal à vous concentrer, votre efficacité diminue et votre représentation de votre travail, votre image de vous-même sont dégradées, ce qui peut aussi affecter votre relation avec les autres »,
D’où l’importance pour les entreprises de garantir un cadre de travail sécurisant, basé sur l’autonomie, la compétence et la reconnaissance. Selon Samuel Laurent, les entreprises devraient aussi mettre en place des lieux et des temps dédiés à la régulation des conflits, afin d’éviter les problématiques de harcèlement. Selon le baromètre Ekilibre sur les risques psycho-sociaux, près de 8 salariés sur 10 font état d’une fatigue professionnelle, « symptôme d’un épuisement physique et mental devenu endémique ».
Source : www.bfmtv.com

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