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GUILLAUME SOUVANT / AFP
Ce que cache la non-campagne d’Attal (ici en 2024 – photo d’illustration) et de Renaissance pour les municipales
Objectif poussière sous le tapis. Derrière Edouard Philippe au Havre et François Bayrou à Pau, avant tout engagés dans leur propre ville, le camp gouvernemental fait profil bas pour les élections municipales, dernière étape avant l’ouverture des hostilités pour la présidentielle.
C’est une constante. Rares sont les maires sortants ou les candidats à l’alternance à solliciter des visites de soutien de membres du gouvernement lors de ce scrutin local par excellence dans lequel les étiquettes partisanes sont souvent gommées de la campagne. Le cru 2026 ne déroge pas à la règle, tandis qu’au Rassemblement national, à la France insoumise, au PS ou chez les Écologistes, les chefs de partis multiplient déplacements et meetings de soutien.
Reste que la tradition ne dit pas tout. Chez Renaissance, la stratégie d’effacement théorisée pour ce scrutin cache mal les difficultés tenaces du parti présidentiel à s’implanter à l’échelon local. Elle montre également la fébrilité d’un camp contraint de nouer des alliances pour espérer quelques menues victoires, et qui n’attend qu’une date : le 23 mars, lendemain du second tour, pour passer à autre chose.
Masquer les difficultés…
Ainsi, la direction a remisé au placard les ambitions démesurées que le parti, alors hégémonique au plan national, avait affichées en 2020, quatre ans après sa création. Au prix de nombreuses déconvenues estampillées à l’époque « La République en marche », et d’une première déroute électorale difficile à vivre pour les élus et les militants.
On se souvient par exemple des scores décevants de certains membres du gouvernement (Agnès Buzyn à Paris), du sort de Gérard Collomb, maire estimé à Lyon depuis 2001 mais battu à plates coutures par les écologistes après son passage au ministère de l’intérieur ou des défaites humiliantes d’autres personnalités pourtant identifiées sur le terrain (Patrick Vignal à Montpellier). Pas question, six ans plus tard, de reproduire la contre-performance et de subir les mêmes traumatismes, encore moins à un an de la présidentielle. Macroniste échaudé craint les municipales.
Cette fois-ci, Renaissance a donc choisi de s’effacer dans de nombreuses grandes villes, en soutenant des candidats jugés mieux placés, pas forcément encartés mais très majoritairement venus de la droite ou déjà soutenus par elle. C’est le cas à Paris, Lyon et Marseille, avec des figures locales par ailleurs coutumières de polémiques et autres égarements. Contraste saisissant avec 2020, quand LREM avait conditionné son soutien à une ribambelle de critères particulièrement sélectifs. Le temps est passé.
…Pour mieux les enjamber
Tout aussi parlant, le parti ne présente un candidat tête de liste que dans 24 villes de plus de 30 000 habitants, selon le décompte du journal Le Monde. C’était six fois plus il y a six ans. En conséquence, les objectifs de guerre sont particulièrement modérés pour ce scrutin, avec des espoirs de victoires à Bordeaux (Thomas Cazenave), Annecy (Antoine Armand) ou éventuellement Metz (Ludovic Mendes).
Dans ce contexte, il n’est pas surprenant de voir Gabriel Attal se borner à une forme de service minimum. Certes, le patron du parti et du groupe à l’Assemblée a rempli son agenda dans la dernière ligne droite, après quelques déplacements çà et là. Mais il n’a jamais montré l’allant qui était le sien au moment des européennes 2024 (et des législatives qui ont suivi). À l’époque, il était tenté de s’inviter jusque dans les débats médiatiques, à la place de la vraie tête de liste Valérie Hayer.
Cette fois-ci, l’ancien Premier ministre a choisi une tournée à la rencontre… des dirigeants européens. Il s’est rendu à Kiev fin février, puis à Tallinn en Estonie, ou à Madrid en Espagne, le 5 mars dernier, soit dix jours avant le premier tour des municipales. Un sens des priorités qui a pu crisper, au sein même de l’aréopage macroniste.
« Au lieu d’être sur le terrain pour faire campagne pour ses candidats, il dédicace des drones en Ukraine et fait des selfies aux Pays-Bas », remarque par exemple un familier du palais de l’Élysée auprès du HuffPost. Pour lui, Gabriel Attal « tente de s’exonérer avec une facilité déconcertante de l’échec annoncé de son parti. » Autrement dit, d’enjamber le bourbier des municipales pour se projeter sur le scrutin d’après.
2027 dans les têtes
Quelques semaines plus tôt, fin janvier, sa prédécesseure à Matignon, Élisabeth Borne, disait peu ou prou la même chose, en des termes plus diplomatiques. « Dans le moment où on est, on peut avoir en tête l’échéance présidentielle mais il ne faut pas perdre de vue qu’il y a avant une échéance municipale. C’est important que notre parti, y compris son secrétaire général, s’implique pour qu’on puisse s’ancrer localement et avoir des victoires pour ces élections », avait estimé la députée du Calvados, également numéro 2 du parti, sur BFMTV. Une critique à peine voilée des ambitions trop précoces à ses yeux du patron de Renaissance.
C’est bien là tout l’enjeu pour lui. En s’effaçant ce printemps, Gabriel Attal espère se déresponsabiliser de certaines polémiques et investitures, quand les militants locaux grenoblois se sont par exemple acoquinés avec le multicondamné Alain Carignon. Et éviter tout à la fois, d’incarner de nouvelles déroutes, un an avant le printemps 2027 et le scrutin qui préoccupe cette fois-ci tous les esprits ou presque dans la sphère politique.
L’ancien Premier ministre devrait d’ailleurs sortir un livre dans les semaines qui suivent les municipales, et pourrait annoncer sa candidature à l’Élysée dans la foulée. D’ici là, son principal concurrent dans le bloc présidentiel élargi, Edouard Philippe, sera fixé sur son sort, lui qui a conditionné son aventure élyséenne à une réélection au Havre ce printemps. Pour le Normand, l’effacement est un risque, pas une stratégie.
Source : www.huffingtonpost.fr

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