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13 mars 2026L’archéologue subaquatique Marie-Pierre Jézégou a passé sa vie à chercher les trésors sous-marins en Méditerranée
Qui n’a pas rêvé un jour de découvrir une épave ? De plonger dans la grande bleue et d’apercevoir une proue à demi-enfouie dans le sable ? Marie-Pierre Jézégou a voué sa vie à ce métier d’archéologue subaquatique. Une sommité dans son domaine.
C’est une archéologue pressée qui vient de rater sa correspondance à Bordeaux, transitant par Narbonne, direction Montpellier, que nous agrippons entre deux trains dans la capitale de la Gaule Narbonnaise qu’elle a longuement étudiée, pour discuter de ses nombreuses activités, malgré une retraite prise il y a tout juste un an.
Sac à dos, veste imperméable, Marie-Pierre Jézégou a embarqué à Noirmoutier pour se diriger dans ce sud où elle a effectué tant de plongées mémorables. Noirmoutier et Palau-del-Vidre en Catalogne Nord sont les deux racines familiales de Marie-Pierre. Vendéo-Catalane, baignée par l’océan et la Mare Nostrum antique, son destin était tout tracé.
De l’apnée aux bouteilles
En passant toutes ses vacances de jeunesse entre la Vendée, Port-Vendres et Noirmoutier, elle chaussa très vite les palmes pour commencer par de petites plongées en apnée. Dès lors, elle a vite décidé d’être archéologue. C’est son intérêt pour l’histoire et les modes de vie des gens des sociétés passées, qui l’a guidée dans cette folle entreprise. Une fois lancée, plus rien ne l’arrêta. Mais, avec des parents protecteurs qui lui interdisaient la plongée avec bouteilles, elle dut, par une feinte judicieuse, leur faire croire à l’obligation de passer son diplôme de plongée pour pouvoir continuer son cursus universitaire déjà bien entamé d’archéologue.
Trois semaines de fouilles à Marseille
Après sa thèse, l’attente, comme c’est souvent le cas, fut longue pour obtenir le poste espéré. Dix ans (thèse en 1982, poste libéré en 1992) et la voilà enfin ingénieur d’études en charge des biens culturels maritimes d’Occitanie. Basé à Marseille et créé en 1966 par André Malraux, le DRASSM (Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines) est le précurseur au niveau mondial de l’archéologie sous-marine.
Avant d’y être nommée pendant 30 ans, Marie-Pierre fut une des premières femmes à participer aux stages d’initiation de plongée à l’archéologie sous-marine en 1977. Passant ainsi son niveau 1 et 2 de plongée à Port-Vendres, et participant ensuite à trois semaines de fouilles à Marseille sur l’épave d’un bateau romain du Ier siècle av. J.-C. Le rêve.
Un champ d’amphores sous-marin
Encore aujourd’hui, elle se rappelle des étoiles dans les yeux, cette secousse émotionnelle qu’elle a ressentie en découvrant à une vingtaine de mètres de profondeur et alignés verticalement à fond de cale, ce champ d’amphores qui s’offrait à elle. En trois semaines, à raison d’une plongée par jour dont la durée n’excédait pas la demi-heure, l’équipe excava une deuxième couche d’amphores de type Dressel 1 B (république romaine tardive jusqu’en 10 av. J.-C.) et du petit mobilier de bord.
Ces dispositions d’amphores, nous explique-t-elle, habituée aux conférences et cours d’archéologie à l’Université Paul-Valéry à Montpellier, indiquent, après inspection, le port d’embarquement (Ostie ou Pouzzoles principaux ports romains) et le contenu qu’elles recèlent.
Grands crus sous les mers
Comme lors de cette plongée à 58 mètres de fond au large des îles des Embiez dans le Var, où les amphores à vin venant de Grèce et de Méditerranée orientale contenaient des grands crus détectés grâce aux examens physico-chimiques, et une cargaison de verre brut venant d’Orient, à destination des verriers occidentaux qui travaillaient sur cette matière première. Il y avait peu de visibilité à 58 mètres de fond, mais Marie-Pierre se souvient encore d’une sorte d’œuvre d’art impressionniste l’émerveillant, où le verre brut brillait de mille feux d’organismes marins collés aux parois.
Cadavres dans le placard
Jamais inactive, elle continue de plonger pour le plaisir, travaille à maintes publications, dont une à venir dans la revue Science avec un collectif de chercheurs, donne des conférences, et surtout, s’attelle à des futures publications sur tous les cadavres qui traînent dans ses placards. Et ils sont nombreux.
Source : www.lindependant.fr

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