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13 mars 2026Ancienne vedette de Fox News, nationaliste chrétien… Pete Hegseth, visage de la guerre menée par Donald Trump en Iran
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegesth, défend avec frénésie la guerre menée contre l’Iran par Washington aux côtés d’Israël. Cet ancien animateur de télévision, vétéran dans l’armée, proche de la mouvance chrétienne intégriste, a été parachuté sans expérience à la tête de la plus grande armée du monde.
« Traquer, démanteler, démoraliser, détruire et vaincre. » Ces cinq mots belliqueux et triomphalistes résument, aux yeux du secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, l’offensive américano-israélienne contre l’Iran.
Le chef du Pentagone est devenu le visage de la guerre menée par Donald Trump aux côtés de Benjamin Netanyahu contre Téhéran. Il anime les conférences de presse, défendant corps et âme cette opération aux objectifs flous et au calendrier incertain. Il se livre ce vendredi 13 mars à nouveau à cet exercice devant les médias.
Au onzième jour de la guerre au Moyen-Orient, ce mardi 10 mars, Pete Hegseth a déclaré face à la presse que l’opération « Fureur épique » était « le combat d’une génération”. « Notre volonté est sans fin (…) Nous gagnons de manière écrasante », a-t-il assuré. Lors de précédentes prises de parole, il avait promis à l’Iran « la mort et la destruction venues du ciel ».
« Nous les frappons alors qu’ils sont à terre, et c’est exactement comme ça que ça doit être », avait-il lancé le 2 mars lors de la première conférence de presse à ce sujet organisée par Washington.
C’est le même homme qui, il y a trois mois, de cela affirmait que le Pentagone « ne se laisserait pas distraire par l’interventionnisme au nom de la démocratie », la paix étant « l’objectif » et qui critiquait ouvertement « les guerres sans fin, les changements de régime ».
Désormais, Pete Hegseth ne cesse de répéter à destination des « médias et de la gauche qui hurlent » que « ce n’est pas sans fin », « ce n’est pas l’Irak ».
Une position probablement destinée à apaiser la base MAGA qui urge l’administration Trump de se concentrer sur son pouvoir d’achat plutôt que sur les affaires du monde, comme il l’avait promis. Le discours martial sied davantage à la personnalité de Pete Hegseth.
Des tatouages en référence aux croisades
Ce vétéran de l’armée américaine, ancien officier d’infanterie, a servi à Guantánamo à Cuba, en Afghanistan et en Irak. La guerre lui colle à la peau. Littéralement. Il arbore sur son épaule un tatouage représentant l’insigne de son unité avec laquelle il a servi en Irak. Autre tatouage: sur son biceps, un drapeau américain assorti d’un fusil d’assaut. Mais aussi plusieurs autres faisant référence au nationalisme chrétien, et plus précisément à l’imagerie des croisades.
Sur sa poitrine, il possède par exemple la croix de Jérusalem et sur son biceps, l’expression latine née pendant les croisades « Deus vult », « Dieu le veut ». Ce slogan est repris par divers groupes d’extrême droite et s’est notamment retrouvé sur des vêtements ou drapeaux brandis par des participants à l’attaque du Capitole, le 6 janvier 2021.
« Tout cela appartient à la mouvance chrétienne intégriste – pas seulement des chrétiens d’ailleurs, ils sont de plus en plus dans une vision judéo-chrétienne – qui va mélanger symboles religieux et masculinistes », explique à BFM Sarah Rodriguez-Louette, docteure en études américaines rattachée à l’Université Sorbonne Nouvelle.
« On est dans un combat qui est quasiment une guerre sainte » Sarah Rodriguez-Louette, docteure en études américaines rattachée à l’Université Sorbonne Nouvelle
« Le rapport de Pete Hegseth » à la guerre « est religieux et civilisationnel », ajoute-t-elle. « Ses paroles font directement référence à l’Apocalypse et, ses tatouages aux Templiers: on est clairement dans une logique d’ennemis civilisationnels et les ennemis, ici, sont les musulmans ».
« On est dans un combat qui est quasiment une guerre sainte, c’est-à-dire sanctionnée ou approuvée par dieu. Donc, à partir de là, il n’y a plus de droit international », observe Sarah Rodriguez-Louette.
Dans ses écrits, Pete Hegseth a appelé « ceux qui profitent de la civilisation occidentale » à « remercier un croisé ».
De présentateur vedette à chef de la plus grande armée du monde
Cette glorification de la violence n’est pas la seule raison pour laquelle Pete Hegseth est l’une des figures les plus controversées de l’administration Trump. Nommé secrétaire à la Défense – rebaptisé secrétaire à la Guerre en septembre – par Donald Trump après sa victoire à l’élection présidentielle en 2024, il a été approuvé de justesse par le Sénat.
Les sénateurs ayant voté à égalité (50-50), le dernier mot a été donné au vice-président J.D Vance. Lors de son audition de confirmation, son inexpérience a été questionnée. Comment ce présentateur vedette de la chaîne conservatrice Fox News qui vient de passer dix ans à co-animer l’émission « Fox&Friends » peut-il être parachuté à la tête de la plus puissante armée du monde?
Puis, son parcours a été passé au peigne fin. Ce père de famille, marié trois fois, a été soupçonné en 2017 d’agression sexuelle – soldée par un accord financier -, de mauvaise gestion financière lorsqu’il dirigeait deux associations de vétérans ou encore de consommation excessive d’alcool.
Ses propos dénigrants envers les femmes dans l’armée ont également été soulevés par le sénat. « Je maintiens à dire que nous ne devrions pas avoir de femme au combat, ça ne nous a rendu ni plus efficaces, ni plus redoutables, ça a compliqué les combats (…) On a vu à ces postes que les hommes étaient plus compétents », avait-il déclaré en novembre 2024 au micro du Shawn Ryan Show.
Né à Minneapolis et diplômé de l’université de Princeton et de Harvard, Pete Hegseth a consolidé ses idées conservatrices lors de son service dans l’armée puis à l’antenne de Fox News, où il s’est présenté au fil des années comme un fidèle trumpiste. Et où il a acquis sa notoriété.
Vedette de la télévision, l’homme de 54 ans aime se mettre en scène. Comme dans la vidéo ci-dessus lors d’un lancer de hache (raté) ou en tant que secrétaire à la Défense, lors d’une séance de développé couché au milieu de militaires.
En septembre dernier, devant plus de 800 généraux et amiraux de l’armée américaine, le chef du Pentagone a prononcé un long discours viriliste, avec derrière lui un immense drapeau américain. Son message? En finir avec les « dérives wokes » et durcir les critères physiques de sélection dans l’armée, « sans sexisme ».
« Dès son entrée en fonction, cette administration a accompli un travail considérable pour éradiquer les dérives idéologiques toxiques, empreintes de justice sociale et de politiquement correct, qui gangrenaient notre ministère. Fini les mois consacrés à l’identité, les bureaux DEI (Diversité, équité et inclusion, NDLR) et les hommes en robe. Fini l’obsession du changement climatique. Fini la division, la distraction et les illusions de genre », a-t-il lancé décrivant une purge chez les hauts-gradés « prisonniers de l’idéologie woke. »
Il a également pointé du doigt « les soldats en surpoids », les « généraux et amiraux obèses » et a répété qu’il ne voulait pas « empêcher les femmes de servir » mais que si « aucune femme n’était qualifiée pour certains postes de combat, qu’il en soit ainsi ».
Des dossiers controversés à son actif
Si Pete Hegseth s’est fait remarquer pour ce discours, il a aussi été impliqué dans deux dossiers controversés depuis son arrivée au Pentagone. Celui du « Signalgate », quand le magazine The Atlantic a révélé qu’il avait partagé en mars dans un groupe de discussion Signal entre hauts responsables américains l’heure de frappes prévues au Yémen quelques heures avant qu’elles n’aient lieu. Et celui de la double frappe contre un bateau de narcotrafiquants présumés dans les Caraïbes: il est accusé d’avoir donné l’ordre de lancer une deuxième frappe aérienne sur deux hommes qui avaient survécu à une première salve.
Le secrétaire à la Défense, qui avec l’Iran mène sa cinquième opération militaire d’envergure depuis sa prise de poste, a également été critiqué pour son manque d’empathie après la mort des six – désormais sept – soldats américains tués au Koweït dans une frappe de riposte de Téhéran. Il a accusé les médias de mettre l’accent sur les événements négatifs de la guerre pour « donner une mauvaise image du président et de « passer à côté » de ce qu’il estime comme la réussite globale de l’offensive menée avec Israël.
« Nous avons pris le contrôle du ciel et des eaux de l’Iran sans forces terrestres », a-t-il assuré. « Mais quand quelques drones passent à travers les mailles du filet ou que des choses tragiques se produisent, ça fait la Une des journaux ».
Source : www.bfmtv.com

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