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13 mars 2026Yaël Braun-Pivet « horrifiée » par les révélations de « Mediapart » mais assume l’hommage à Quentin Deranque
LUDOVIC MARIN / AFP
Yaël Braun-Pivet photographiée à l’Assemblée le 3 février (Photo by Ludovic MARIN / AFP)
Fascisme, racisme, « soutien » revendiqué d’Adolf Hitler, professant la violence… Un mois après la mort de Quentin Deranque à Lyon, des révélations de Mediapart obtenues grâce à la découverte et à l’analyse de ses comptes X (ex-Twitter) précisent le profil du jeune homme, sans laisser aucun doute sur son appartenance à l’extrême droite la plus radicale et violente. Ce qui relance le malaise de la classe politique, notamment après la minute de silence à l’Assemblée nationale, réclamée et obtenue par l’extrême droite.
Le 17 février, l’intégralité des députés présents – à l’exception d’une seule – s’était levée en mémoire de Quentin Deranque. Si des réserves avaient été exprimées par certains, aucun des groupes politiques ne s’était opposé à la demande formulée par l’allié du RN Éric Ciotti de rendre hommage au jeune homme. La minute de silence s’était alors déroulée sans encombre. Mais ce vendredi 13 mars, sa légitimité est de nouveau contestée par des élus de la France insoumise à la lumière des publications exhumées par le site d’investigation.
« Celles et ceux qui ont soutenu la minute de silence à l’Assemblée nationale ont-ils des remords ? Comptent-ils reconnaître que c’était une erreur et présenter des excuses ? », interroge la députée LFI Gabrielle Cathala sur X. Sa collègue Alma Dufour abonde : « L’Assemblée et le Sénat ont donc bien organisé une minute de silence pour un nazi. » Car le profil qui transparaît derrière les publications de Quentin Deranque est sans ambiguïté, à l’opposé des déclarations de ses amis et de l’avocat de la famille qui le décrivaient comme un fervent catholique, pacifiste et engagé, sans véritable lien avec des groupes d’ultradroite.
« Total Nigger Death », « déterrer et fusiller Halimi », « moi je soutiens Adolf »
La plupart des publications ont été écrites entre 2022 et 2025, sous trois pseudos : @PatricienD, @Gavariou et @ultragavariou. Quentin Deranque déclare ouvertement « vouloir le fascisme » en janvier 2025 et se définit lui-même comme tel. Viennent également une série de déclarations à la fois xénophobes et brutales. À l’image de ces appels aux meurtres, documentés par plusieurs occurrences du sigle « TND » pour « Total Nigger Death » (« Mort totale des nègres »), ou l’utilisation du terme « bouègre » pour parler des « bougnoules » et « nègres »… « Être raciste c’est simplement faire le constat de l’existence de race, cela n’implique pas d’avoir une haine viscérale des autres races », ânonne-t-il en mai 2024. Puis en décembre : « On ne peut pas vivre avec des Africains, qu’ils soient délinquants ou non ».
S’y ajoutent de nombreux propos antisémites. « Moi je soutiens Adolf mais chacun son truc », répond-il en juillet 2024 à un internaute qui manifeste son « soutien aux pd, trans et adelphes ». Toujours dans un échange avec d’autres utilisateurs de la plateforme, il encourage à « faire lire à tous les lycéens » un chapitre de Mein Kampf. Ou appelle à « supprimer » les lois Pleven et Gayssot qui punissent le racisme et l’antisémitisme. Des personnalités de la lutte pour les droits des femmes et l’avortement sont aussi dans son viseur. « Il faudra déterrer et fusiller (((Halimi))) », écrit-il par exemple, reprenant les codes de l’écriture antisémite avec la triple parenthèse.
En parallèle, alors qu’il était décrit par ses amis comme « pacifiste », la liste de ses activités dit autre chose. Selon Mediapart, Quentin Deranque participe à des rendez-vous où membres de groupe d’ultradroite s’entraînent à se battre. Le site d’investigation relate notamment un « jeu » avec de faux couteaux dont Quentin Deranque sort victorieux à plusieurs reprises et « à la surprise générale » au vu de son petit gabarit. Quant à sa proximité avec les partis d’extrême droite les plus radicaux, il l’assume par son vote pour la liste « Forteresse Europe » aux européennes 2024, conduite par Pierre-Marie Bonneau, un avocat ex-membre du GUD.
Braun-Pivet « horrifiée » mais assume la minute de silence
La mort de Quentin Deranque le 14 février, frappé lors d’un affrontement avec des membres du collectif antifasciste La Jeune Garde, cofondé par le député FI Raphaël Arnaut, a empoisonné la campagne des municipales et contribué à isoler un peu plus LFI sur le plan national, y compris à gauche. Surtout, l’affaire, ainsi que les sorties polémiques de Jean-Luc Mélenchon qui ont suivi, a été largement utilisée par l’extrême droite (ainsi que certains macronistes) pour nourrir l’idée d’un cordon sanitaire, cette fois contre le parti de gauche radicale.
À la lumière des révélations de Mediapart, le Premier secrétaire du PS Olivier Faure a réagi en rappelant qu’« en démocratie, le débat politique ne devrait jamais conduire à la mort de quiconque. » Mais, ajoute-t-il, « que la droite et l’extrême droite aient cherché à transformer en héros un jeune néo nazi, raciste et antisémite au dernier degré, est une honte. Quentin Deranque a été une victime mais il ne sera jamais un héros. »
Contacté par Le HuffPost, l’entourage de Yaël Braun-Pivet indique que « la présidente (de l’Assemblée nationale) est horrifiée par ces révélations ». Pour autant, pas question d’endosser la responsabilité de l’hommage. « La décision a été prise dans un contexte de grand émoi », rappelle son équipe, qui insiste : « La minute de silence a été adoptée à l’unanimité par la conférence des présidents, sur proposition d’Éric Ciotti, et sans aucune objection, y compris de Mathilde Panot. » « Rendre hommage à un jeune homme tué de manière violente ne signifie en aucun cas approuver les propos ou méthodes qu’il aurait pu défendre », se dédouane l’entourage de Yaël Braun-Pivet.
Source : www.huffingtonpost.fr

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