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13 mars 2026Que sait-on du groupe Ashab al-Kahf, qui menace « les intérêts français » en Irak et dans la région ?
Il s’appelait Arnaud Frion et il faisait partie du 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces, en Isère. L’adjudant-chef est mort jeudi 12 mars, dans une attaque de drones Shahed au Kurdistan irakien, sur la base de Mala Qara. Il est le premier soldat français décédé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient déclenchée il y a deux semaines par des frappes israélo-américaines contre l’Iran.
Si l’attaque qui a blessé six autres militaires français n’a pas été directement revendiquée, le groupe armé irakien et pro-iranien Ashab al-Kahf a annoncé ce vendredi 13 mars qu’il s’en prendrait désormais à « tous les intérêts français » dans la région. Une décision prise en réaction au déploiement du porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée orientale, a-t-il justifié.
Mais que sait-on de cette organisation chiite, dont les contours restent flous ? Selon David Rigoulet-Roze, chercheur à l’Institut français d’analyse stratégique interrogé sur franceinfo, « Ashab al-Kahf est l’un de ses multiples groupes de la nébuleuse “résistance islamique en Irak” qui regroupent tous ces mandataires pro-iraniens, issus à l’origine des Hachd al-Chaabi, les forces de mobilisation populaire, qui sont se regroupent dans cette “résistance islamique”, notamment après l’élimination par Donald Trump en janvier 2020 (du général iranien) Qassem Soleimani ».
Macron dénonce une « attaque inacceptable »
« Ce groupe qui s’est surtout manifesté à partir de 2020, même si sa fondation remontait à août 2019, fait partie de ces mandataires qui peuvent être mobilisés en Irak, voire au-delà » par les gardiens de la révolution, ajoute-t-il. Le Washington Institute précise toutefois que l’AK « était peut-être actif depuis 2017, mais qu’il était empêché d’attaquer les forces américaines en raison d’importantes opérations de combat en cours contre l’État islamique, auquel les États-Unis participaient ». Toujours selon la même source, AK revendique l’attaque en 2017 qui a causé la mort du soldat américain Alexander Missildine à Tikrit, en Irak.
Ashab al-Kahf (ou AK) signifie « compagnon de la caverne ». Une référence à l’histoire de personnages du Coran ayant fui la persécution en se réfugiant dans une grotte où ils se seraient endormis pour se réveiller des siècles plus tard. Sauf que, comme le précise encore le Washington Institute, AK a en réalité changé de nom en 2024. La milice est également désormais connue sous le nom de Kataib Sarkhat al-Quds. Dans un communiqué, le groupe, qui ne semble pas avoir de chef identifié, justifiait sa décision en expliquant vouloir étendre ses actions au-delà de l’Irak.
La frappe qui a causé la mort d’un Français a néanmoins bien eu lieu sur le sol irakien. Jeudi soir, Emmanuel Macron a dénoncé une attaque « inacceptable » contre « nos forces engagées dans la lutte contre Daech depuis 2015 ». « Leur présence en Irak s’inscrit dans le strict cadre de la lutte contre le terrorisme. La guerre en Iran ne saurait justifier de telles attaques », a-t-il écrit sur X.
Le Kurdistan irakien au coeur de la guerre
Plus précisément, l’état-major des Armées a indiqué que les militaires français touchés étaient « engagés dans des actions de formation à la lutte contre le terrorisme auprès de partenaires irakiens ». Des troupes sont en effet déployées dans la région dans le cadre de l’opération Chammal, nom l’intervention française dans le cadre de la coalition internationale de lutte contre le terrorisme en Irak et en Syrie appelée « Inherent Resolve ». Environ 600 soldats français sont présents au Koweït, en Irak, au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Jordanie ainsi qu’en mer, mais leur nombre exact en Irak n’est pas connu, précise Le Monde.
Sur son site, le ministère des Affaires étrangères détaille qu’« en matière de coopération militaire, la France est le 2e partenaire de l’Irak en termes d’effectifs de la Coalition contre Daech et participe à la mission NM-I de l’OTAN [acronyme en anglais de NATO Mission Iraq, NDLR] ». La France a d’ailleurs pris en mai 2025 le commandement de cette mission, dont le but est de contribuer « au renforcement des capacités irakiennes de défense et de sécurité ». Face à la fin programmée de la coalition internationale, la NM-I jusque-là relativement marginale a vocation à prendre de l’importance, pointe Le Monde.
Capture écran Google Maps
Carte du Moyen-Orient avec la base de Mala Qara, au nord de l’Irak.
L’attaque contre la base de Mala Qara jeudi s’inscrit plus globalement dans le cadre d’une offensive des factions pro-iraniennes contre des installations militaires, notamment américaines, dans le Kurdistan autonome d’Irak. Jeudi encore par exemple, une base militaire italienne située dans une enceinte accueillant d’autres bases dont des Américains a été attaquée, sans faire de blessé. « Nous ne savons pas » si l’attaque « visait la base italienne ou l’enceinte en général », a pointé le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani.
Le Kurdistan irakien se trouve également au centre des attentions en raison de la présence des groupes de Kurdes iraniens, qui s’organiseraient pour pénétrer en Iran et lancer une offensive afin de renverser le pouvoir. Donald Trump les avaient poussés dans un premier temps avant de retourner sa veste dimanche dernier : « Je ne veux pas que les Kurdes y aillent (…), nous ne voulons pas rendre cette guerre plus compliquée qu’elle ne l’est déjà. »
Source : www.huffingtonpost.fr

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