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13 mars 2026Pourquoi les prix à la pompe changent-ils si vite ? Comment sont (vraiment) calculés les prix du carburant ? On vous explique
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les prix du pétrole se sont brutalement emballés. Une hausse qui se répercute dans les stations-service des Pyrénées-Orientales où les automobilistes voient le litre de carburant grimper de plusieurs dizaines de centimes depuis quelques jours. Mais pourquoi les prix changent-ils aussi vite ? Décryptage.
« J’ai fait mon plein il y a quelques jours pour 1,70 € le litre. J’y suis retournée aujourd’hui, on est presque à 2 €. C’est la même essence dans la même cuve. On se moque de nous. » Comme beaucoup d’automobilistes, malgré le conflit en cours au Moyen-Orient, cette Perpignanaise ne comprend pas pourquoi les prix à la pompe peuvent grimper aussi vite. Une interrogation légitime qui ouvre la porte à d’autres questions. Comment les prix du carburant peuvent-ils fluctuer du jour au lendemain ? Quelle est la marge des stations essence ? Tout cela est-il réglementé ? Autant de questions auxquelles une station indépendante de Perpignan répond.
Au Pétror de Perpignan, la passation de pouvoir vient tout juste d’avoir lieu. Après vingt-huit ans de bons et loyaux services, Jean-Claude Saugues a pris sa retraite il y a deux semaines. Fabrizio Sommaruga lui succède. Ensemble, ils expliquent comment se fixe réellement le prix du carburant. Premier point à comprendre, une station-service ne possède pas d’immenses réserves. Ici, les cuves contiennent environ 100 000 litres. Un volume qui peut sembler important mais qui s’écoule très vite. « On vend environ 50 000 litres de carburant par semaine. En fait, le prix affiché dépend surtout du dernier camion livré », explique le nouveau gérant.
On s’est fait dévaliser
Le 26 février dernier par exemple, la station achète un chargement de gazole à 1,346 € le litre hors taxe. Sur ce prix, la station ajoute environ 8 centimes de marge. Une somme à laquelle il faut encore ajouter la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) qui s’élève à 20 % pour obtenir le prix de vente réel. Quelques jours plus tard, avec la guerre au Moyen-Orient, la situation change brutalement. Le 3 mars, un nouveau camion est commandé par anticipation. Mais le carburant est déjà monté à 1,511 € hors taxe. Soit 17 centimes de plus en trois jours.
« On s’est dit que ça allait vite augmenter, on a préféré prévenir que guérir. Comme on a commandé une grande quantité avant les fortes hausses de ces derniers jours, jusqu’à ce jeudi encore, on faisait partie des stations perpignanaises les moins chères. On s’est fait dévaliser », raconte Fabrizio Sommaruga.
Mais alors, pourquoi le prix augmente-t-il alors qu’une partie de l’essence est déjà dans la cuve ? En réalité, les stations calculent généralement leur tarif en fonction du prix moyen du carburant restant et du nouveau carburant acheté. « On fait une moyenne en fait. S’il me reste 15 000 litres achetés à un certain prix et que je fais rentrer un camion à un autre prix, on calcule un prix moyen », explique l’ancien gérant.
C’est pour cette raison que dans certaines stations des Pyrénées-Orientales, en une semaine, le prix d’achat a grimpé de plusieurs dizaines de centimes. Des fluctuations directement liées aux marchés pétroliers mondiaux. Mais la marge des stations reste limitée. « Nous, on prend environ huit centimes par litre », assure le gérant. Une somme qui doit couvrir les frais de fonctionnement de la station. Les prix restent toutefois libres en France. Chaque station peut fixer son tarif. Certaines peuvent donc être tentées de profiter de la situation. Il y a toujours des opportunistes », reconnaît Jean-Claude Saugues. « Aujourd’hui, il nous est impossible de savoir à quel prix on vendra demain. On avance à l’aveuglette. »
Pourquoi le gazole est-il désormais souvent plus cher que l’essence ?
Longtemps moins cher que l’essence, le gazole affiche aujourd’hui souvent un prix supérieur à la pompe. Une évolution qui s’explique en grande partie par des choix fiscaux et politiques selon Jean-Claude Saugues, ancien gérant de la station Pétror à Perpignan.
« Pendant des décennies, le gazole a bénéficié d’une fiscalité plus avantageuse en France pour encourager son usage, notamment dans les transports et chez les automobilistes. Mais depuis plusieurs années, l’État a progressivement réduit cet avantage. Résultat, les taxes appliquées au gazole ont été rapprochées de celles de l’essence, ce qui a fait grimper son prix. Il y a clairement une volonté de l’État. Aujourd’hui, on veut que le gazole devienne plus cher que l’essence. »
L’objectif est de décourager progressivement l’usage du diesel, jugé plus polluant. Et d’inciter les automobilistes à se tourner vers d’autres motorisations. Notamment hybrides ou électriques.
Source : www.lindependant.fr

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