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13 mars 2026Qui est le groupe armé Ashab al-Kahf, qui serait à l’origine de la mort d’un soldat français en Irak
Le groupe armé a annoncé prendre pour cible « tous les intérêts français en Irak et dans la région ». Il a également exhorté les forces de sécurité irakiennes à rester à au moins 500 mètres d’une base de Kirkouk, au nord du pays, où l’adjudant-chef français Arnaud Frion a été tué jeudi 12 mars dans la nuit.
« Tous les intérêts français en Irak et dans la région seront sous le feu de nos attaques ». Le message est on ne peut plus clair. Il émane de la milice armée Ashab al-Kahf. Ces combattants chiites sont des Irakiens affiliés aux Gardiens de la révolution iraniens. Le groupe, fait partie de cette myriade de mouvements supplétifs du régime islamique.
Jeudi 12 mars, dans un message diffusé sur Telegram, Ashab al-Kahf (Les Compagnons de la Grotte) revendique à demi-mots l’attaque de la base militaire située à Kirkouk, dans la région d’Erbil au Kurdistan irakien (NDLR. au nord du pays). Un drone Shahed a ciblé la base kurde de Mala Qara tuant l’adjudant-chef français Arnaud Frion, et blessé six de ses camarades.
« Après l’arrivée du porte-avions français dans la zone d’opérations du Commandement central américain et son engagement dans les opérations, nous annonçons que tous les intérêts français en Irak et dans la région seront sous le feu de nos attaques », ont-ils écrit juste après la frappe sur la base militaire de Kirkouk.
Certes, les miliciens n’y revendiquent pas clairement l’attaque, mais dans la suite de leur message, il exhortent les forces de sécurité irakiennes, qu’ils nomment « nos frères », à « s’éloigner d’un rayon de 500 mètres autour de la zone où se trouve une force française à la base K1, afin de préserver leur sécurité ».
Une milice chiite très active
Ashab al-Kahf dénonce l’arrivée du porte-avions français, le Charles de Gaulle, déployé en Méditerranée orientale le week-end dernier. Le fleuron de la marine hexagonale, doit y « protéger nos compatriotes », mais aussi « nos amis », notamment vis-à-vis de ceux avec qui la France a des « accords de défense », avait détaillé Emmanuel Macron à bord du navire le 9 mars dernier.
Dans son discours, le président de la République avait également rappelé que la France ne participe « pas au conflit en cours ». Mais depuis l’attaque d’Ashab ak-Kahf, et la mort d’un de nos soldats, le pays pourrait-il être entraîné malgré lui dans la guerre déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes contre l’Iran? Difficile à dire pour l’instant.
Toujours est-il que la milice chiite n’en est pas à son premier coup d’essai. Elle est apparue pour la première fois en août 2019 et est très active depuis l’assassinat par l’armée américaine de Qassem Soleimani. Le général iranien membre du corps des Gardiens de la révolution islamique avait été tué à Bagdad dans une frappe de drone ciblée menée par les États-Unis, lors de la crise américano-iranienne de 2019-2020. En représaille, Ashab al-Kahf avait notamment revendiqué le meurtre d’un Américain dans la capitale irakienne.
Très radical, Ashab al-Kahf est ouvertement pro-Iran et revendique sans détour son opposition aux États-Unis et Israël, quitte à se montrer très critique du gouvernement irakien, qu’il juge trop proche de Washington.
Son nom signifie littéralement « Les gens de la grotte », fait référence aux Sept Dormants d’Éphèse, un mythe religieux, qui apparaît dans la Bible et le Coran. Après avoir fui une persécution, ces hommes se seraient cachés, puis endormis dans une grotte avant de se réveiller des siècles plus tard. Mais selon le Washington Institute, en 2024, dans une volonté d’extension au-delà des frontières irakiennes, la milice adopte un nouveau nom: Kataib Sarkhat al-Quds soit « Les Brigades des pleurs de Jérusalem ».
80 organisation miliciennes chiites
Au micro de France Info, le chercheur à l’Institut français d’analyse stratégique, David Rigoulet-Roze explique que « Ashab al-Kahf est l’un de ses multiples groupes de la nébuleuse ‘Axe de résistance islamique en Irak’. » Celle-ci est en fait une alliance informelle, issue « à l’origine des Hachd al-Chaabi, les forces de mobilisation populaire, qui sont se regroupées dans cette ‘résistance islamique' », après l’assassinat de Qassem Soleimani.
En Irak, ce ne serait pas moins de 80 organisations miliciennes chiites, comptant 235.000 combattants, qui répondraient aux ordres du Guide suprême iranien. Le pays du désormais fraîchement nommé Mojtaba Khamenei entend plonger la région dans le chaos. Une façon pour palier son infériorité militaire, face à la coalition israélo-américaine? Depuis le 28 février, le régime cible particulièrement les intérêts occidentaux des pays du Golfe.
Les forces occidentales installées dans la région ne sont pas là pour le combat. Elles forment et arment des unités irakiennes, les Peshmergas (NDLR. les combattants kurdes). Elles font néanmoins face à des attaques régulières ces derniers mois. Selon le cabinet du Premier ministre du Kurdistan rien que ces dernières 24 heures, la région avait été ciblée par plus de 35 attaques par drone ou par missile.
L’attaque contre la base kurde de Mala Qara – preuve s’il en est de la stratégie d’embrasement de la région et d’élargissement du conflit adoptée par le régime iranien – ciblait en l’occurrence les forces françaises déployées depuis 2014. Et ce dans le cadre de l’opération « Chammal » en appui des forces kurdes et irakiennes qui luttent contre l’État islamique.
Source : www.bfmtv.com

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