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Nommé pour l’Oscar du meilleur film d’animation ce dimanche, « Arco » d’Ugo Bienvenu est l’un des grands espoirs français de la cérémonie. Retour sur l’ascension, pourtant semée d’embûches, de ce projet, né d’un simple trait de crayon pendant le Covid.
Le Français Ugo Bienvenu repartira-t-il avec un Oscar dimanche? Son film Arco est nommé pour l’Oscar du meilleur film d’animation face à la coqueluche des cours de récréation, K-Pop Demon Hunters ou encore le dernier Disney Zootopie 2, film d’animation le plus rentable de l’histoire…
Pourtant, Arco a toutes ses chances. Déjà salué au Festival international du film d’animation d’Annecy en 2025 puis aux César fin février – où il a remporté les prix du meilleur film d’animation et de la meilleure musique originale – ce conte fantastique porté par un récit lumineux et plein d’espoir a connu un parcours triomphal.
Le chemin jusqu’à Hollywood a pourtant été semé d’embûches. Derrière ce succès aussi bien français qu’international se cache un projet dont la gestation a été jalonnée d’obstacles, entre défis de production, pari artistique et longues années de travail.
« Je sentais qu’on allait avoir besoin de douceur »
L’histoire d’Arco commence en 2013, sur le tournage du film Eden de Mia Hansen-Løve. Ugo Bienvenu y travaille comme doublure main pour l’un des acteurs principaux. Il y rencontre alors Félix de Givry, qui dirige le label de musique indépendant Pain Surprises. Très vite, les deux hommes se découvrent des affinités artistiques et nouent une relation qui deviendra à la fois créative et amicale.
« Il n’y a plus de ‘Peter Pan’, d »Alice au pays des merveilles’, de ‘Winnie l’Ourson’ ou de ‘Mary Poppins’ aujourd’hui »
En 2018, Ugo Bienvenu et Félix de Givry franchissent une nouvelle étape en fondant ensemble leur société de production, Remembers. Mais il faut attendre encore deux ans pour que les premières idées d’Arco émergent véritablement.
En pleine pandémie mondiale de Covid-19, Ugo Bienvenu ressent le besoin de créer une œuvre porteuse d’espoir et d’optimisme, en contraste avec le climat anxiogène du moment. « Je sentais que ça n’allait pas bien mais que ça n’irait pas mieux et qu’on allait avoir besoin de douceur et de lumière », expliquait en janvier dernier, le dessinateur et cinéaste de 38 ans au micro de BFMTV.
« J’avais l’impression d’être arrivé au bout de tous les récits enchanteurs. Il n’y a plus de ‘Peter Pan’, d »Alice au pays des merveilles’, de ‘Winnie l’Ourson’ ou de ‘Mary Poppins’ aujourd’hui », poursuit-il. « J’avais besoin de ces formes pures, elles me manquaient, du coup je me suis dit que c’était à moi de les fabriquer ».
L’idée d’Arco naît finalement presque par hasard, au détour d’une esquisse d’Ugo Bienvenue: celle d’un arc-en-ciel qui se transforme en petit garçon. Félix de Givry y décèle immédiatement le potentiel d’un long-métrage et convainc son ami de développer le projet. Il deviendra ainsi le producteur du film mais aussi son coscénariste.
Un parcours du combattant pour financer le projet
À partir de ce dessin d’enfant, Ugo Bienvenu imagine l’histoire d’un petit garçon de 10 ans, Arco (doublé par Oscar Tresanini), vivant dans le futur en 2932. Capable de voyager dans le temps grâce à une cape arc-en-ciel, il se retrouve propulsé par erreur en 2075, une époque menacée par les catastrophes climatiques à répétition. Là, il se lie d’amitié avec une petite fille, Iris (Margot Ringard Oldra), qui va tout faire pour l’aider à rentrer chez lui.
Par souci de faire un film 100% français, Arco a été réalisé entièrement à Paris, par une équipe composée en majorité de dessinateurs, anciens étudiants des Gobelins et de l’Atelier de Sèvres, où a enseigné Ugo Bienvenu. Côté voix, on y retrouve les acteurs Swann Arlaud, Alma Jodorowsky, Vincent Macaigne, Louis Garrel, William Lebghil ou encore l’artiste Oxmo Puccino.
Si le projet d’Ugo Bienvenu est ambitieux et prometteur, il reste toutefois difficile à financer. Pendant cinq ans, le réalisateur et son producteur et co-scénariste Félix de Givry multiplient les démarches pour convaincre partenaires et studios de se lancer dans l’aventure. Sans grand succès.
Grâce à l’agent américain d’Ugo Bienvenu, le projet arrive toutefois jusqu’aux oreilles de Natalie Portman. Séduite par la sensibilité du scénario et la force visuelle des premières images d’Arco, l’actrice américaine décide de financer le projet avec la productrice française Sophie Mas par le biais de leur société MountainA.
« Produire des films nous autorise à encourager des talents auxquels nous croyons », assure Natalie Portman au micro de BFMTV. « Après maintenant plus de 20 ans passés à être actrice, je me sens à la fois enthousiaste et chanceuse d’être en position d’aider des réalisateurs que j’admire à réaliser leurs projets ».
Convaincue par « le talent artistique unique » d’Ugo Bienvenu, la comédienne, qui a déjà participé à la production d’une douzaine de films dont May December de Todd Haynes, prête alors son nom au film et s’engage même sur la tournée promotionnelle du projet à travers le globe. Un appui de taille qui va tout changer pour Arco.
« Je n’avais pas compris dans quoi ça m’embarquait »
Présenté en séances spéciales au Festival de Cannes en mai 2025, Arco remporte la même année le Cristal du long métrage, récompense la plus prestigieuse du festival international du film d’animation d’Annecy. Mais le succès ne s’arrête pas là. Après sa sortie dans les salles françaises, en octobre 2025, avec 152.382 entrées lors de sa première semaine, le film d’animation d’Ugo Bienvenu entamne alors une longue campagne de promotion en France mais aussi à l’étranger.
« On a fait des séances avec des votants des Oscars, des Baftas, des Golden, Globes (…) à Londres, à Paris, à New-York ou à Los Angeles », raconte Ugo Bienvenu, qui n’avait pas vraiment anticipé ce marathon.
« Je n’avais pas très bien compris dans quoi ça m’embarquait », révèle le réalisateur. « Je pensais que j’allais accompagner le film jusqu’à Annecy et qu’après ça serait un peu fini, que je ferai la sortie tranquillement en France ».
« S’il n’y avait que moi, je n’aurais pas fait la campagne, parce que c’est trop dur. Mais je l’ai fait parce que je défends le travail de toute l’équipe ».
Designé meilleur film d’animation lors du 31e festival Lumière à Lyon en janvier et sacré à deux reprises au César en février, Arco, également nommé aux Golden Globes et aux Baftas tente désormais de décrocher le graal: l’Oscar du meilleur film d’animation.
Mais la concurrence s’annonce rude. Dans cette catégorie, le film d’Ugo Bienvenu affrontera notamment un autre concurrent français, Amélie et la Métaphysique des tubes de Maïlys Vallade et Liane-Cho Han mais aussi les blockbusters Elio du studio Pixar, Zootopie 2 et KPop Demon Hunters. Cette prestigieuse statuette dorée viendra t-elle couronner le parcours hors normes d’Arco? Réponse dimanche soir.
Notre analyse Actus-Eco.fr : Cette actualité illustre les évolutions récentes des marchés et leur impact potentiel en France. Retrouvez nos analyses complémentaires dans nos articles sur l’économie et sur les marchés financiers.
Source : www.bfmtv.com

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