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Les Français vont-ils se rendre aux urnes dimanche 15 mars, pour le premier tour des élections municipales, alors que le contexte géopolitique a éclipsé la campagne ? Elements de réponse avec Bernard Sananès, président de l’institut Elabe.
Plus qu’une journée avant le premier tour des élections municipales 2026. Dans un contexte géopolitique très tendu, marqué par la guerre au Moyen-Orient, la campagne du premier tour a été éclipsée par les sujets internationaux mais aussi par des thématiques sur le pouvoir d’achat, en lien avec la hausse du prix du carburant.
L’absention sera scrutée, six ans après les municipales de 2020 qui avaient marqué un recul important de la participation, en lien avec la crise sanitaire du covid-19, d’autant que le premier tour et le second tour n’avaient pas eu lieu en même temps, en mars puis en juin. Pourtant, la figure du maire reste toujours l’élu préféré des Français. On fait le point sur les enjeux du scrutin avec Bernard Sananès, président de l’institut Elabe.
Quel niveau de participation attendez-vous pour le premier tour des élections municipales ?
Il ne faudra pas prendre comme référence le scrutin de 2020. Cette année-là, la participation avait chuté de 20 points : moins d’un électeur sur deux s’était déplacé, précisément 44 %. Nous étions à la veille du premier confinement et le second tour avait été repoussé de trois mois. D’ailleurs, les électeurs n’avaient pas retrouvé massivement le chemin des urnes.
Pour se situer, il faut plutôt regarder le niveau de 2014, avec 63 % de participation. La question est donc de savoir si l’on se rapprochera de ces six Français sur dix qui votent. C’est ainsi que l’on verra si le mandat de maire échappe encore à la désaffection politique qui touche d’autres scrutins.
Le ras-le-bol des Français vis-à-vis de la politique nationale peut-il se ressentir à l’échelle locale ?
Il faut distinguer deux choses. D’abord, la confiance envers les maires reste élevée : environ sept Français sur dix leur font confiance, davantage que pour tous les autres mandats. Le maire conserve une image positive.
En revanche, depuis quelques années, on commence parfois à douter de son efficacité. Cela s’explique notamment par l’enchevêtrement des compétences entre intercommunalités, départements et régions. Le maire, vers qui les habitants se tournaient naturellement pour résoudre les problèmes, apparaît parfois entravé. S’ajoutent les difficultés des finances publiques : beaucoup de maires expliquent qu’ils ne se représentent pas faute de moyens pour leur commune.
L’actualité internationale, notamment la guerre en Iran, peut-elle peser sur la participation ?
Oui, c’est possible. Les médias nationaux ont beaucoup couvert ce conflit, ce qui est évidemment normal au regard de son importance et de sa gravité.
En revanche, les médias régionaux – la presse quotidienne régionale, les radios et télévisions locales – ont largement traité les élections municipales. Malgré tout, on voit bien depuis une quinzaine de jours que la guerre tend à éclipser le reste de l’actualité dans l’esprit des Français. Il existe donc un risque que ce contexte détourne une partie des électeurs du scrutin municipal.
Mais il ne faut pas oublier l’ampleur de ce scrutin : 34 875 communes et près de 800 000 candidats. L’engagement local reste très important.
Dans les petites communes, beaucoup n’ont qu’une seule liste. Est-ce un signe de désintérêt ?
Vous avez raison de le souligner. Cette année, une réforme importante entre en vigueur : la fin du panachage. Dans les communes de moins de 1 000 habitants, il était auparavant possible de barrer certains noms sur une liste. Ce n’est plus le cas.
Cette évolution vise notamment à généraliser la parité. Désormais, les listes seront totalement paritaires et non panachables. Demain, il y aura donc autant de femmes que d’hommes élus, ce qui constitue une avancée.
Les sondages sont interdits en période électorale. Comment travaillez-vous le jour du vote pour produire les premières estimations ?
Depuis vendredi minuit, nous n’avons plus le droit de publier de nouveaux sondages. Mais les estimations diffusées à partir de 20 heures ne sont pas des sondages.
Un sondage consiste à demander aux électeurs pour qui ils ont l’intention de voter. Les estimations, elles, reposent sur de vrais bulletins dépouillés. Demain, environ 300 enquêteurs seront mobilisés dans plusieurs villes pour nos partenaires médias. Ils relèveront les résultats des premiers bulletins dépouillés dans les bureaux de vote, puis les résultats complets de ces bureaux.
À partir de ces données, des logiciels et des algorithmes analysent les évolutions par rapport aux scrutins précédents. Cela nous permet de fournir, à partir de 20 heures puis de 21 heures, des estimations fondées sur de véritables bulletins dépouillés.
Notre analyse Actus-Eco.fr : Cette actualité illustre les évolutions récentes des marchés et leur impact potentiel en France. Retrouvez nos analyses complémentaires dans nos articles sur l’économie et sur les marchés financiers.
Source : rmc.bfmtv.com

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