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RÉCIT – Une quarantaine de personnes liées à l’organisation criminelle avaient été interpellées en début de semaine lors d’une opération d’ampleur. Le procureur de la République annonce avoir frappé le cœur de la structure marseillaise.
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Le «cœur» et le «sommet de la pyramide» de la DZ Mafia frappés de plein fouet par les autorités françaises. L’organisation criminelle, longtemps hégémonique à Marseille, vient de subir un sérieux revers au terme d’un vaste coup de filet ayant abouti à une quarantaine d’interpellations.
Le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, a indiqué ce samedi que 26 des 42 personnes initialement placées en garde à vue lundi avaient été présentées à un magistrat. 15 d’entre elles, suspectées de collaborer avec l’organisation criminelle, ont été placées en détention provisoire. Parmi ces mis en examen figurent des détenus, un rappeur et même un avocat suspecté de complicité au profit d’un des chefs du gang.
L’enquête judiciaire ouverte en février 2024 et ayant conduit à ces opérations avait été initialement confiée aux services de police judiciaire marseillais. Mais les investigations, hautement sensibles, avaient été retirées des mains des policiers au mois de novembre au profit des gendarmes de la section de recherches (SR) de Marseille. En un an et demi, les militaires se sont attachés à identifier la structure et le fonctionnement de l’organisation, victorieuse face au clan des Yoda qu’elle avait annihilé entre 2023 et 2024.
300.000 euros de bénéfice net mensuel au profit des chefs
«Une fois la guerre contre Yoda gagnée, les préoccupations de l’organisation criminelle étaient de faire fonctionner les différents réseaux (de stupéfiants, NDLR.) et de faire fermer, pour se retrouver dans une position monopolistique, les points de vente et déstabiliser les autres clans», affirme ce samedi Nicolas Bessone, confirmant que la DZ Mafia a œuvré pour diversifier ses activités criminelles et étendre son activité partout en France.
Outre la vente de produits stupéfiants, les sbires de l’organisation criminelle s’étaient rapidement reconvertis en racketteurs, extorquant des commerces et des rappeurs tout en projetant des commandos de tueurs pour «défendre les intérêts de l’organisation» ou «attaquer la concurrence». Dans l’ombre de ces «gâchettes» se tapissaient de puissants commanditaires déjà incarcérés et capables d’user «de tous les moyens qui étaient à leur disposition afin de transmettre leurs instructions concernant la gestion de leur réseau» via des téléphones ou des messages codés entre prisonniers et proches aux parloirs.
Parmi eux, des criminels aguerris en les personnes d’Amine O., alias «Mamine » et de Gabriel O., dit «Gaby». La paire, qui reste présumée innocente, est soupçonnée d’avoir cofondé la DZ Mafia et d’en avoir tiré les ficelles malgré son incarcération et ses mises en examen dans plusieurs procédures judiciaires. «Les cadres dirigeants de cette organisation criminelle dégagent par personne, chaque mois, un bénéfice net de 300.000 euros. Ces sommes considérables sont totalement réinvesties ou blanchies dans le cadre de cette organisation criminelle», révèle Nicolas Bessone.
Neuf femmes mises en examen
L’une de ses figures du crime s’appuyait en outre sur son propre avocat, Me Kamel Aissaoui, pour poursuivre ses activités malgré un transfert dans les deux prisons de haute sécurité ouverte par Gérald Darmanin. Le conseil, qui fait partie de la vague d’interpellation selon des sources concordantes, est soupçonné d’avoir détourné l’usage d’une ligne téléphonique accordée dans le cadre des droits de la défense. L’homme aurait aussi fait passer des instructions à des complices de son client via des courriers couverts par le secret professionnel et même son propre ordinateur portable. Ces subterfuges auraient même permis à l’un des cadres de la DZ Mafia d’organiser à distance une véritable «conférence de presse» fin 2024 après le meurtre d’un chauffeur VTC sur fond de guerre de gangs.
Mis en examen, Kamel Aissaoui a été placé en détention provisoire aux côtés de nombreux membres présumés de la DZ Mafia. Ces derniers, une vingtaine de Marseillais dont neuf femmes, ont été déférés dans le cadre d’une information judiciaire ouverte notamment des chefs de «direction et organisation de groupements ayant pour activité le trafic de stupéfiants», une infraction inédite et punie de la réclusion criminelle à perpétuité.
Enfin, l’enquête des gendarmes de la section de recherches, réalisée sous l’égide de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille, a permis de remonter et d’identifier les flux financiers de la DZ Mafia. L’organisation était longtemps en capacité de faire circuler et blanchir son argent liquide via «de multiples structures» profitant à des centaines de personnes en France et à l’étranger.
Il faut que l’ensemble des autorités de l’État avance de manière coordonnée pour porter des coups durables à ces organisations
Nicolas Bessone, procureur de la République de Marseille
«Il s’agissait de rouages manifestes de blanchiment quotidien. La structure criminelle avait besoin de véhicules pour le fonctionnement de ses activités et assurer le train de vie de ses membres», soutient Nicolas Bessone, dont les services ont identifié plusieurs commerces spécialement créés pour l’occasion, comme des sociétés de location de véhicules ou de formation.
Ces sources de revenu ont été identifiées par les gendarmes, qui ont saisi pour 4 millions d’euros d’objets mal acquis comprenant 12 biens immobiliers, une vingtaine de véhicules ou des centaines de milliers d’euros d’argent liquide. «Ces sommes considérables ne sont pas flambées, mais sont totalement réinvesties ou blanchies dans le cadre de cette organisation criminelle», ajoute Nicolas Bessone aux côtés du colonel Olivier Leblanc, le commandant de la section de recherches de Marseille. Le militaire a annoncé que près de 1000 gendarmes avaient participé à cette opération d’ampleur.
«Il faut que l’ensemble des autorités de l’État avance de manière coordonnée pour porter des coups durables à ces organisations (criminelles, NDLR.). La DZ mafia n’est pas une construction policière ou journalistique, puisque certains de ses membres, entendus dans cette procédure, reconnaissent son existence et y appartiennent», martèle le procureur, annonçant que les investigations de la gendarmerie se poursuivent et s’orientent désormais vers les circuits de blanchiment «plus sophistiqués» et nichés à l’étranger, comme à Dubaï.
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Source : www.lefigaro.fr

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