
13 blessés, dont 10 policiers, après un refus d’obtempérer
15 mars 2026
La Serbie retient son souffle avant une manifestation sous haute tension
15 mars 2026
Nommé aux Oscars pour la musique de « Frankenstein », le compositeur français Alexandre Desplat confie à BFMTV sa joie, intacte, face à cette douzième nomination.
Multi-nommé aux Oscars, le compositeur Alexandre Desplat concourt de nouveau cette année pour une statuette. Il a composé la musique du Frankenstein de Guillermo del Toro, qui pourrait lui valoir un troisième Oscar dimanche. Le musicien a déjà remporté un Oscar pour la musique de The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson en 2015 – il était aussi nommé pour Imitation Game cette année-là – et un autre pour La Forme de l’eau de Guillermo Del Toro en 2018.
Le compositeur qui a travaillé avec les plus grands réalisateurs des deux côtés de l’Atlantique, s’est confié à BFMTV fin janvier 2026, quelques jours après avoir appris sa douzième nomination.
Est-ce qu’au bout de la douzième nomination, on s’habitue?
C’est toujours une première fois. Peut-être pas comme la première fois – c’était pour The Queen de Stephen Frears – disons comme la deuxième. Bien sûr, c’est un événement incroyable. Chaque année, une poignée de compositeurs sont choisis sur des centaines de compositions et de films. C’est génial. Je suis très heureux et très honoré à chaque fois. C’est assez dingue. C’est un moment magique.
Comment apprend-on qu’on est nommé?
Avec le décalage horaire, c’est soit les copains, soit mon agent, soit un producteur. Là, c’est Guillermo qui m’a écrit un texto pour me dire que j’étais nommé et pour me féliciter. Lui n’est pas nommé, c’est incroyable. Il y a toujours un sentiment d’imposture, quand le metteur en scène qui a réussi à réunir tous ces collaborateurs, qui ont créé sous sa gouverne une œuvre exceptionnelle, n’est pas reconnu.
Est-ce que recevoir un Oscar ça vous porte?
Vous reprenez vite votre place au pupitre ou à la table pour écrire. C’est un enthousiasme d’un moment et puis la vie reprend son cours très vite, le travail reprend son cours.
Qu’avez-vous fait de vos Oscars? Sont-ils exposés?
Tout est plutôt caché. Je n’aime pas trop les montrer, je ne sais pas trop à quoi ça sert. C’est un petit peu ostentatoire. La seule chose que je garde c’est le premier trophée que j’ai eu, c’était à la Berlinale pour De battre mon cœur s’est arrêté. J’ai un très joli petit nounours, lui je le garde près de ma table.
Comment se prépare-t-on pour la soirée des Oscars, au-delà du costume?
Très important le smoking! On ne se prépare pas. C’est un moment de joie partagée. On retrouve des copains, des metteurs en scène avec qui on a travaillé par le passé, des acteurs, des actrices. C’est une très longue soirée. En général il fait très froid dans la salle avec la clim’. Autant les Golden Globes, c’est convivial, ce sont des tables, on peut boire du champagne, se promener, autant les Oscars, c’est plutôt formel, on est assis dans une salle et on attend que la sentence tombe.
On prépare un discours à chaque fois?
Oui. Mais là je ne crois pas que je vais en préparer. Je ne pense pas être favori. ceci dit je n’avais rien préparé la fois où j’ai eu mon premier Oscar. On réfléchit un peu à l’avance à qui il faudra faire un remerciement. C’est toujours difficile ces discours, parce qu’on veut partager avec tous les copains qui nous aidés, les gens qu’on a aimés, les gens qu’on aime, ce moment-là, parce que c’est un moment assez rare. Et en même temps c’est très ennuyeux de faire une liste de noms que le public ne connait et donc il se fout complètement. C’est difficile de faire des discours.
Est-ce qu’il faut se faire violence pour être exposé de la sorte, quand on est discret comme vous?
Non, je ne me fais pas violence. C’est une lumière qui est quand même assez agréable! Je trouve ça bien de pouvoir parler aux médias. Et encore une fois on est fêté, c’est merveilleux.
Comment se déroule la collaboration avec un réalisateur? Composez-vous en amont ou une fois le film tourné?
J’ai tendance à préférer voir les images. Un film, ce n’est pas quelque chose qui est sur le papier, ce sont des moments de caméra. Le jeu des acteurs, le montage, le rythme du montage sont très importants. Donc j’aime quand même avoir les images. Il n’empêche que je peux parfois divaguer en amont, comme je l’ai fait pour Jacques Audiard, pour Wes Anderson, pour Guillermo Del Toro avec Frankenstein… Trouver des thèmes, des motifs mélodiques, des ambiances harmoniques aussi. Réfléchir à l’orchestration, ce que j’aime beaucoup faire aussi en amont. Mais c’est quand même, pour moi, plus confortable si je peux plonger dans les images. Plus j’avance dans mon métier, plus j’ai envie d’être un acteur supplémentaire, être là, dans l’écran.
Vous composez en moyenne jusqu’à cinq musiques de film par an, c’est énorme! Comment choisissez-vous vos projets?
C’est au coup de cœur. Et puis le compositeur de musique de film est dressé pour travailler très vite parce qu’il y a une deadline, il faut enregistrer à telle date parce que le film sortira quelques semaines plus tard. Donc il n’y a pas le choix. Chaque heure qui passe est précieuse. Donc c’est 18 heures par jour, le plus souvent. Mais c’est un choix, je m’en plains absolument pas. Je vis comme un samouraï enfermé entre sport, thé japonais ou thé taïwanais et travail.
C’est un vrai sacerdoce!
Tout à fait, oui, c’est un sacerdoce. Être compositeur, bien sûr c’est difficile, mais être musicien, être interprète, c’est encore plus un sacerdoce parce qu’on est mis en danger tous les soirs au concert. J’admire beaucoup tous mes copains musiciens avec qui je travaille en studio régulièrement et qui sont à un niveau de perfection technique incroyable, de virtuosité. Et dès qu’on arrête de travailler quelques jours, cette virtuosité s’estompe.
Est-ce que vous avez peur que l’intelligence artificielle vous vole votre métier dans 10, 15, 20 ans?
Dans un an, vous voulez dire! Je pense que ça va aller beaucoup plus vite que dans 10, 20 ans. Je pense que ce sera bientôt fini, oui. Enfin, je le crains. J’ai la chance d’avoir composé beaucoup de musique depuis quand même deux décennies, mais c’est, je pense, un peu la fin d’un monde. Parce que effectivement, on pourra copier n’importe quel compositeur – enfin, copier, ça existe déjà, mais on pourra remplacer, pour faire à la manière de, facilement. Comme on le fait déjà, que ce soit pour une voix, pour un instrument, pour une composition.
Notre analyse Actus-Eco.fr : Ce contenu met en lumière les mouvements récents du marché et les décisions économiques importantes. Pour approfondir, parcourez nos articles sur les marchés financiers et sur les prix du carburant.
Source : www.bfmtv.com

9999999
