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16 mars 2026« Grégory Doucet devient très clairement le favori » : à Lyon, le maire écologiste sortant en position de force après avoir accepté de s’allier à LFI
L’édile a donné lundi son accord pour une fusion avec la liste de la députée La France insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi, troisième dimanche soir, en vue du second tour des élections municipales 2026 face à Jean-Michel Aulas.
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La porte n’avait jamais été totalement fermée. Les équipes du maire écologiste sortant de Lyon, Gregory Doucet, ont annoncé lundi 16 mars que la liste La France insoumise, menée par Anaïs Belouassa-Cherifi, l’a rejoint en vue du second tour des élections municipales 2026. La veille, au premier tour du scrutin, l’union de la gauche a récolté 37,36%, juste devant la liste de droite menée par Jean-Michel Aulas (36,78%), et loin devant la liste LFI, tout juste qualifiée (10,41%).
Le score de Grégory Doucet est aussi inattendu que prometteur pour le maire sortant, donné largement perdant à quelques semaines du premier tour. « Je suis très inquiet », confiait un élu écologiste début février, un œil sur les mauvais sondages et l’autre sur une campagne jugée poussive.
Un mois et demi plus tard, la donne a totalement changé. L’édile a rattrapé le retard qu’il accusait dans les enquêtes d’opinion et aborde désormais le second tour en position de force. « Ce n’est pas qu’un résultat, c’est une dynamique. Et cette dynamique, on ne l’arrêtera pas. Les résultats de ce [dimanche] soir déjouent tous les pronostics. (…) Nous n’avons jamais renoncé », a lancé le candidat. « S’il y a une fusion entre les deux, Grégory Doucet devient très clairement le favori », analysait lundi matin sur franceinfo Mathieu Gallard, directeur d’études à l’institut Ipsos.
Distancée, la candidate LFI a immédiatement fait savoir qu’elle était prête à discuter d’une « fusion technique » de sa liste avec celle de Grégory Doucet « pour garder [la] ville à gauche ». « On n’en est pas encore dans les discussions, on va regarder les derniers résultats qui tombent et puis après on verra la suite », tempérait pour sa part Grégory Doucet, dimanche soir. Certes prudente, cette déclaration n’était pas en contradiction avec ce qu’il formulait lors du débat organisé par BFMTV le 24 février, se montrant ouvert à travailler avec LFI, « sous certaines conditions », alors que les relations entre Les Ecologistes et La France insoumise se sont envenimées depuis le début de l’année.
Pour reprendre l’ascendant face à un adversaire ragaillardi, Jean-Michel Aulas a fustigé dès dimanche soir un « accord de la honte » entre son adversaire écologiste et le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Bis repetita lundi après-midi, avec la publication par l’ancien patron de l’Olympique lyonnais d’une tribune sur le site d’Actu Lyon pour interpeller le maire sortant. « Comment osez-vous pactiser avec La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon pour conserver votre fauteuil ? Allez-vous sacrifier l’avenir de Lyon à votre ambition personnelle ? », interroge l’ex-homme d’affaires, promettant de ne pas débattre avec son adversaire si l’alliance était scellée.
« Les Lyonnaises et les Lyonnais ont le droit de savoir si vous comptez, monsieur Doucet, intégrer l’extrême gauche dans vos équipes et placer notre ville sous son influence. »
Jean-Michel Aulas, candidat du centre et de la droite aux municipales à Lyonà Actu Lyon
Malgré l’offensive de « JMA », le rapprochement entre les deux listes de gauche s’est rapidement concrétisé. Les équipes des deux candidats étaient injoignables lundi en milieu de journée. Mais selon les informations de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, des discussions étaient en cours dans un lieu secret.
Le dénouement de ces échanges est intervenu en milieu d’après-midi, alors que les listes pour le second tour doivent être définitivement déposées en préfecture au plus tard mardi à 18 heures. « Je pense que la dynamique à gauche va continuer et qu’elle va s’amplifier. Les électeurs écologistes ou de gauche ne veulent pas de Jean-Michel Aulas », assure Cyrielle Chatelain, patronne des députés écologistes et ancienne conseillère de Bruno Bernard à la métropole de Lyon.
« C’est LFI qui se rallie derrière la liste de Grégory Doucet. Nous aurons donc le même programme qu’au 1er tour et sur lequel nous avons été élus, il n’y aura aucune concession sur les propositions », a précisé un proche de l’équipe Doucet à France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. « Il s’agit d’un accord technique, LFI ne sera pas présent dans l’exécutif et nous ne bougerons pas de nos positions sur nos points de désaccords avec eux, comme sur le thème de la sécurité ».
Cette fusion technique, à la la différence d’une fusion programmatique plus large, constitue le premier temps fort de cette courte campagne d’entre-deux-tours, et l’ancien président de l’OL pourrait s’en saisir pour tenter de retrouver l’élan qui lui a manqué avant le premier tour.
Dans ce contexte, un mois après l’agression mortelle du militant nationaliste Quentin Deranque, qui a « kidnappé » la campagne locale, l’attitude des soutiens d’Alexandre Dupalais va être observée avec attention. Le candidat de l’extrême droite a récolté 7,07% des voix. Ces électeurs vont-ils massivement se rendre aux urnes pour empêcher la réélection de Grégory Doucet ? « Il y a effectivement un risque de report de l’électorat du RN vers Jean-Michel Aulas, c’est pour cela qu’il faut continuer à se mobiliser pour le second tour », met en garde Cyrielle Chatelain. Un élu écologiste se montrait plus confiant lundi après-midi, notamment concernant les électeurs de centre gauche de Grégory Doucet : « Ça va le faire. Je ne crois pas que les électeurs du premier tour se reportent [vers Jean-Michel Aulas], ils comprennent pourquoi » la fusion a été négociée, estime-t-il.
Sur les bords du Rhône et de la Saône, la bataille ne se joue d’ailleurs pas que pour la municipalité de Lyon, mais aussi au niveau de la Métropole, lors d’un scrutin complexe. Cette collectivité territoriale dispose de nombreux pouvoirs, du développement économique à la gestion des collèges, en passant par les politiques de solidarité. Pour ces élections métropolitaines, LFI a appelé lundi la majorité sortante écologiste et de gauche de Bruno Bernard à fusionner leurs listes pour faire barrage à la droite et au centre au second tour. Les listes de la LR Véronique Sarselli, candidate à la présidence du Grand Lyon alliée à Jean-Michel Aulas, ont remporté dimanche dès le premier tour 37 des 107 sièges au conseil de la Métropole.
Bruno Bernard, le président sortant de la Métropole, s’était aussi montré ouvert à une alliance avec LFI, mais cette option risque de poser problème pour les élus de Place publique qui sont présents sur sa liste. A Lyon comme ailleurs, le mouvement de Raphaël Glucksmann a répété son opposition à une quelconque participation municipale à des alliances avec LFI, un an avant l’élection présidentielle sur laquelle tous les partis ont les yeux rivés.
Source : www.franceinfo.fr

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