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17 mars 2026Disparu le 28 février dernier à Bamako, le musicien malien Boncana Maïga fut l’un des artisans d’une aventure unique : Africando, un orchestre panafricain de salsa imaginé avec le producteur sénégalais Ibrahima Sylla. En juin 2001, ce rêve musical prend la forme d’une grande fête au Zénith de Paris. Retour sur ce concert devenu l’un des moments marquants de l’aventure Africando.
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Aux origines d’un dialogue musical entre l’Afrique et Cuba
On le surnommait « El Maestro ». Le musicien malien Boncana Maïga s’est éteint le 28 février dernier, chez lui, à Bamako. Il avait 77 ans.
Flûtiste, arrangeur et chef d’orchestre, Boncana Maïga fut l’un des grands passeurs de la musique africaine contemporaine. Par son sens de l’orchestration et son goût pour les dialogues transatlantiques, il a marqué plusieurs générations d’artistes.
Pour comprendre cette trajectoire singulière, il faut remonter au début des années 1960. En 1963, le Mali nouvellement indépendant envoie plusieurs jeunes musiciens étudier à La Havane. Parmi eux, Boncana Maïga. Sur place, il fonde avec d’autres étudiants le groupe Las Maravillas de Mali, un combo qui mêle rythmes afro-cubains et plusieurs langues — du bambara à l’espagnol.
Mais en 1968, après le coup d’État militaire qui renverse le régime socialiste du président Modibo Keïta, les étudiants sont rappelés au pays. L’aventure cubaine s’interrompt brutalement et le groupe disparaît.
Boncana Maïga poursuit alors sa carrière en Afrique de l’Ouest, notamment en Côte d’Ivoire, où il dirigera bientôt l’orchestre de la Radiotélévision ivoirienne et deviendra un arrangeur très demandé.
Africando, la rencontre de la salsa et des grandes voix africaines
Plus de vingt ans plus tard, Boncana Maïga reprend ce fil musical en cofondant Africando avec le producteur sénégalais feu Ibrahima Sylla, fondateur du label Syllart.
Le principe est simple : faire résonner la salsa de Cuba – déjà très populaire en Afrique de l’Ouest depuis les années 1960 – avec les grandes voix du continent.
À partir de 1993, albums et tournées s’enchaînent pour cet African all-stars qui voit défiler au fil des ans des figures majeures comme le Béninois Gnonnas Pedro, le Burkinabè Amadou Balaké, le Sénégalais Medoune Diallo ou le Guinéen Sékouba Bambino.
Le 16 juin 2001, cette aventure musicale prend une dimension spectaculaire lors d’un concert au Zénith de Paris, présenté par Claudy Siar.
Sur scène, Africando ressemble à une véritable réunion de famille de la salsa africaine. Autour des chanteurs du groupe se succèdent plusieurs invités prestigieux : les Congolais Koffi Olomidé et Lokua Kanza, l’Ivoirien Bailly Spinto ou encore le chanteur haïtien Eugène Shoubou, membre du groupe Tabou Combo.
« Apollo », symbole d’une époque
Parmi les titres interprétés ce soir-là figure « Apollo », chanté par Sékouba Bambino.
La chanson évoque l’Afrique urbaine des années post-indépendance, époque où les missions spatiales américaines vers la lune fascinent la jeunesse du continent et deviennent un symbole de modernité.
Le nom « Apollo » se retrouve alors partout : dans les bars, les orchestres… mais aussi dans la mode, avec les célèbres pantalons « Apollo », aux larges pattes d’éléphant.
Une image qui résume bien l’esprit d’Africando : une musique festive, élégante et profondément métissée.
Avec Africando, Boncana Maïga aura finalement refermé le cercle ouvert à La Havane dans les années 1960, passant sa vie à faire danser les deux rives de l’Atlantique.
Africando Live (Syllart) 2001
L’histoire d’un live est à retrouver dans BPM – Bonnes Pulsations du Monde le vendredi à 15h10 TU et le dimanche à 14h10 TU sur RFI.
Source : www.rfi.fr

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