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17 mars 2026Liban : « La nouvelle stratégie d’Israël est d’interdire aux civils de rentrer chez eux », selon un ministre libanais
« La nouvelle stratégie d’Israël est d’interdire aux civils de rentrer chez eux », s’inquiète mardi 17 mars 2026, sur franceinfo, Ghassan Salamé, le ministre libanais de la Culture, alors qu’on compte plus d’un million de déplacés au Liban et qu’Israël a annoncé lundi des « opérations terrestres limitées » dans le sud du pays contre le Hezbollah. Depuis le début de la guerre, près d’un Libanais sur six a dû fuir.
« Nous avons eu un flux incessant de personnes déplacées depuis le Sud vers les villes du Nord. Beyrouth est pratiquement saturée en dépit du fait que nous avons ouvert plus de 130 abris à l’intérieur de la ville », constate Ghassan Salamé. « Nous essayons de convaincre les nouveaux arrivés de partir plus au Nord pour trouver un abri, parce que ceux de Beyrouth sont déjà saturés ».
« On risque de voir de nouveaux villages détruits et donc de nouvelles vagues de déplacements »
Le Liban a déjà connu une crise humanitaire similaire, lors de la guerre de deux mois qui avait opposé, à l’automne 2024, le Hezbollah et Israël. « Ce qui est nouveau, cette fois-ci, c’est que les villages d’où viennent ces personnes déplacées sont en train d’être entièrement rasés par l’armée israélienne, il y en a déjà 35 qui ont été entièrement détruits », constate Ghassan Salamé. « Ce qui fait que, contrairement à 2024, ces personnes déplacées ne peuvent plus espérer revenir très vite dans leurs villages pour les reconstruire. Cette fois-ci, on voit bien que la nouvelle stratégie d’Israël est de les empêcher de revenir, pas seulement d’empêcher les combattants dans cette zone tampon entre le Liban et Israël, mais d’interdire aux civils de rentrer chez eux ».
Pour le moment, le ministre libanais de la Culture constate « beaucoup de phénomènes de compassion, d’entraide » au sein des centres d’hébergement et dans tout le pays. « Je ne crains pas la guerre civile. Ce que je crains particulièrement, c’est que cette pression continue de monter », estime Ghassan Salamé. Avec l’opération terrestre annoncée par Israël, « on risque de voir de nouveaux villages détruits et donc de nouvelles vagues de déplacements vers le Nord, qui vont peser encore plus à la fois sur les finances de l’État et sur l’engorgement des villes ».
Le désarmement du Hezbollah ne se fera pas en « un tour de main »
L’armée israélienne poursuit mardi matin ses bombardements contre le Hezbollah, sur la banlieue sud de Beyrouth. « Il y a des quartiers où le Hezbollah est prédominant, et qui sont frappés très fréquemment. Et il y a parfois des frappes qui touchent des membres du Hezbollah qui se sont déplacés en dehors de ces quartiers », analyse Ghassan Salamé. « Nous craignons que la surface géographique des frappes ne soit en train de s’étendre », ajoute-t-il.
Israël continue de réclamer au gouvernement libanais le désarmement du Hezbollah, un désarmement que « nous avons fait partiellement, au cours des derniers mois », reconnaît Ghassan Salamé, qui évoque des dépôts détruits et des armes saisies. « Aujourd’hui, les Israéliens nous demandent des choses qu’on ne peut pas réaliser en un jour, en une semaine ou même en un mois. Le Hezbollah s’est installé dans le pays depuis bientôt 44 ans, il s’est armé pendant toute cette période. Ce n’est pas en un tour de main qu’on peut mettre fin à cette situation ».
Ghassan Salamé explique que les responsables libanais sont « en train de discuter des idées » proposées par la France pour négocier avec Israël « pour tenter d’arrêter le pire ». « La France a été le premier pays à reprendre au vol la proposition du président libanais de commencer des discussions avec Israël », ajoute-t-il.
Source : www.radiofrance.fr

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