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17 mars 2026Un mariage de raison Bournazel-Dati, pas de fusion Grégoire-Chikirou… Le récit d’une longue journée de tractations à Paris
Pierre-Yves Bournazel avait-il véritablement le choix ? Invité du journal de 20 heures de France 2, lundi 16 mars, il a annoncé la fusion de sa liste avec celle de Rachida Dati pour le second tour des élections municipales à Paris. Mais le candidat Horizons, soutenu par Renaissance, a pris tout le monde de cours en précisant qu’il ne serait pas sur cette nouvelle liste. « Pour moi, le chemin s’arrête puisque les Parisiens n’ont pas souhaité que je sois le prochain maire de Paris », a-t-il lancé. A la grande surprise de ses proches : « Je n’ai pas les mots. J’avais un candidat qui partait au 20 heures en étant sur la liste », témoigne un de ses soutiens, sonné, auprès de franceinfo.
Fort d’un score de 11,34%, il était en mesure de se maintenir au second tour, lui qui rêvait depuis 2014 d’être candidat à la mairie de Paris, sans jamais y parvenir. « Il a beaucoup réfléchi, beaucoup consulté, ce n’est pas une décision prise à la légère. Il l’a prise pour les Parisiens et pour faire gagner Paris », commente son entourage auprès du service politique de France Télevisions. « Il faut savoir tourner une page, une autre vie va commencer pour moi », a ajouté Pierre-Yves Bournazel, dont le poste de conseiller de Paris était le seul mandat politique. « Je le pressentais. Il ne pouvait pas moralement faire autre chose de son point de vue », explique une membre de sa liste auprès de franceinfo.
Car pendant toute la campagne, Pierre-Yves Bournazel a martelé qu’il se maintiendrait au second tour, voulant incarner une troisième voie. « Je ne rejoindrai ni Rachida Dati ni Emmanuel Grégoire », déclarait-il sur France Inter le 25 février. Mais la pression était trop forte, à commencer par celle issue de son propre camp.
Dès dimanche soir, Pierre-Yves Bournazel s’entretient avec Edouard Philippe. Le président du mouvement Horizons avait désavoué son candidat pendant la campagne, expliquant qu’il ferait tout pour permettre l’alternance à Paris. Il répète ce message lors du bureau politique de son parti. « On était tous à l’unisson derrière Edouard », raconte un participant. « La condition, c’était que ce soit Rachida Dati qui fasse le premier pas et l’appelle. Si elle propose une alliance, il faudra alors y travailler », poursuit-il. Selon un cadre macroniste, cité par l’AFP, le président de la République a également appelé Rachida Dati et Edouard Philippe. L’entourage du chef de l’Etat ne confirme pas ce coup de fil, mais rappelle auprès du service politique de France Télévisions « que ce n’est un secret pour personne qu’il a toujours été favorable à l’unité de son camp ».
Dimanche soir, Rachida Dati discute aussi avec Pierre-Yves Bournazel par téléphone. Elle le félicite pour son résultat du 1er tour et lui propose une alliance. Le candidat centriste commence par fixer ses conditions, à savoir l’assurance que la maire du 7e arrondissement de la capitale ne conclura pas d’accord avec la candidate d’extrême droite Sarah Knafo. Dans un tweet publié lundi matin, il ajoute d’autres critères, comme la reprise d’éléments de son programme sur la réforme du périscolaire, le train de vie de l’hôtel de ville ou encore l’écologie. Enfin, il demande un changement de ton dans la campagne « pour changer demain la gouvernance de Paris en mettant les Parisiens au cœur de la gestion municipale ».
Invité de la matinale d’Ici Paris Ile-de-France lundi, le député Renaissance de la capitale Sylvain Maillard, n°2 de la liste de Rachida Dati, ferme définitivement la porte à double tour à une alliance avec la candidate de Reconquête. « Les électeurs de Sarah Knafo, nous leur disons : si vous voulez l’alternance, il faut voter Rachida Dati », déclare-t-il sur les ondes. Dans la foulée du tweet du candidat Horizons, à 10h30, Rachida Dati annonce sur X « travailler avec Pierre-Yves Bournazel à un projet d’alternance ».
Il reste ensuite à négocier la plateforme commune et la répartition des candidats de Pierre-Yves Bournazel sur la liste panachée avec celle de Rachida Dati pour le second tour. Le conseiller de Paris doit aussi gérer les réactions de ses partisans. « Ça se tend sur les boucles militantes. Entre ceux qui saluent cette grande réconciliation et ceux qui ont défendu une ligne de probité pendant toute la campagne », dévoile une responsable d’Horizons. C’était le cas de Clément Beaune, numéro 3 sur la liste du candidat et ancien ministre qui se définit comme un macroniste de gauche. « Il doit se tordre un peu le nez », commente un député du parti d’Edouard Philippe.
Dans la soirée, le haut-commissaire au Plan confirme qu’il ne sera pas sur la nouvelle liste commune. En revanche, l’autre macroniste historique de la liste Bournazel, Marlène Schiappa, rejoint la campagne de l’ancienne ministre de la Culture.
Pierre-Yves Bournazel et Rachida Dati se sont rencontrés lundi en début d’après-midi. Mais aucun accord n’est alors en vue. À 16h30, le candidat soutenu par Horizons et Renaissance prend la parole devant les journalistes présents à son QG. Il réitère ses conditions pour une alliance. « Ces trois préalables sont connus et il appartient à celles et ceux qui veulent l’alternance de répondre favorablement ou défavorablement », appuie-t-il, dans une courte déclaration qui laisse planer le suspense.
Qu’est-ce qui coince ? « Juste l’entêtement de Pierre-Yves Bournazel à se croire plus beau qu’il n’est », répond un élu LR non partie prenante dans l’élection parisienne, mais qui offre ses bons services de négociateurs. « Je crains qu’il fasse semblant de discuter pour ne pas froisser Edouard Philippe, mais qu’au fond de lui, il n’ait pas envie d’aboutir », ajoute une élue qui connaît le candidat depuis plus de quinze ans.
Mais en fin de journée, les signaux passent au vert. Avant le passage de Pierre-Yves Bournazel sur France 2, Rachida Dati donne une interview au Figaro pour annoncer la fusion de leurs listes. « Nous nous sommes mis d’accord sur quelques mesures clés », déclare la maire du 7e. Tout rentre dans l’ordre, jusqu’à ce que le candidat Horizons annonce donc son retrait.
Car, selon plusieurs sources concordantes à franceinfo, Pierre-Yves Bournazel n’a pas informé Edouard Philippe de sa décision de jeter l’éponge. « Normalement, en cas de naufrage, le capitaine quitte le navire en dernier. Lui, non seulement il provoque le sabordage, mais il se barre en premier et laisse son équipe », ironise un cadre du mouvement. « Bravo l’artiste ! Ce n’est décidément pas un combattant. »
Chez Rachida Dati, il n’est pas certain que l’on apprécie également l’abandon du candidat Horizons. Son absence de la liste n’est pas le meilleur moyen d’obtenir un bon report de voix de la part de ses électeurs du premier tour. Surtout que celui-ci ne va pas de soi. « Jamais je ne voterai pour Rachida Dati », confie par exemple une électrice du centriste au micro de franceinfo.
Cette alliance est une mauvaise nouvelle pour le camp d’Emmanuel Grégoire qui, avec le maintien de Pierre-Yves Bournazel, voyait sa tâche facilitée pour le second tour. « C’est un reniement immense », commente l’entourage du candidat de la gauche à franceinfo. « Et en politique, on se souvient des reniements. Et je pense que les électeurs de Pierre-Yves Bournazel s’en souviendront », poursuit ce membre de l’équipe Grégoire.
Dès dimanche soir, le député socialiste et ex-premier adjoint à la mairie de Paris a lancé un appel au centre en pointant les dangers d’une union des droites à Paris. Et il se présente en contre-exemple du candidat macroniste en refusant la possibilité d’une alliance avec la candidate LFI, Sophia Chikirou, qui lui donnait jusqu’à lundi soir pour l’appeler. « Il n’y a pas de discussion avec Sophia Chikirou. Emmanuel n’a qu’une parole », déclare son entourage. « J’ai dit maintes et maintes fois que je ne souhaitais pas faire alliance avec LFI. Je ne demande rien à Sophia Chikirou, elle fera ce qu’elle veut », répond-il aux journalistes qui le suivent pour son premier déplacement de campagne de l’entre-deux-tours.
« À Paris, Sophia Chikirou a rendu l’accord impossible. Elle a passé toute la campagne à fracasser la gauche et à épargner droite et extrême droite », renchérit un des alliés du candidat PS. « Ailleurs, les réalités locales peuvent être différentes », ajoute-t-il pour répondre aux critiques de ceux qui jugent sévèrement la position d’Emmanuel Grégoire. Cette position est partagée par le leader écologiste à Paris, David Belliard, qui a frôlé l’élection dès le premier tour dans le 11e arrondissement. « Je suis un pragmatique et, pour moi, le meilleur chemin pour parvenir à la victoire, c’est d’arriver avec une proposition politique cohérente et transparente par rapport à la situation locale à Paris. Et ce n’est pas l’union avec Sophia Chikirou », explique-t-il à franceinfo, ajoutant qu’il faudra considérer les aspirations des électeurs qui ont voté pour la candidate LFI. Emmanuel Grégoire a déposé sa liste pour le second tour lundi soir.
Reste une inconnue de taille : le choix de Sarah Knafo. Du côté de la candidate Reconquête, on regrette l’alliance entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel. Elle avait adressé un ultime message à l’ex-ministre dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. « Ensemble, nous avons le pouvoir de battre la gauche (…) Je vous le demande solennellement : acceptez notre main tendue », déclarait-elle tôt lundi matin, une fois officiellement qualifiée pour le second tour. Le ralliement de la liste Bournazel l’expose. Si elle se maintient, elle peut être rendue responsable d’une défaite éventuelle de Rachida Dati. Doit-elle alors se retirer ? « Sarah continue de réfléchir », confiait son entourage à franceinfo mardi matin.
Source : www.franceinfo.fr

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