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17 mars 2026À Paris, la fusion entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel tourne au cadeau empoisonné
LUDOVIC MARIN / AFP
Pierre-Yves Bournazel, au 20h de France 2 le 16 mars 2026.
La fusion est digne d’une punition. Lors de l’annonce de l’union de leur liste avec celle de Rachida Dati dans l’entre-deux-tours des municipales à Paris, le camp Horizons soignait l’image de son candidat, capable de renoncer à ses ambitions personnelles au profit de l’intéret général et de « l’alternance » dans la capitale. Mais le retrait, à la surprise générale, de Pierre-Yves Bournazel dans ladite liste transforme un mouvement censé être gagnant en potentiellement perdant.
Lundi 16 mars, peu avant 20 heures, Rachida Dati donne une interview au Figaro dans laquelle elle indique avoir proposé à Pierre-Yves Bournazel d’être « deuxième sur sa liste. » Quelques instants plus tard, l’intéressé annonce sur le plateau du 20 heures de France 2 qu’il n’en sera rien. Du tout. « Le collectif qui m’accompagne souhaite ce changement et je l’accompagne, je permets cette fusion dans la clarté des principes contre l’extrémisme politique », déclare Pierre-Yves Bournazel, avant de conclure : « Mon devoir s’arrête là. » L’annonce prend de court Rachida Dati – en témoigne la note de la rédaction du Figaro ajoutée à l’interview après le 20 heures Et la fusion a aussitôt du plomb dans l’aile. Car peut-on vraiment parler de fusion quand l’un des deux protagonistes claque la porte dans la foulée ?
Une fusion imposée mais…
Face à Léa Salamé, c’est à peine si Pierre-Yves Bournazel cherche à dissimuler que la décision lui a été imposée. Rapidement il se justifie au nom de l’attente « d’une majorité de Parisiens » mais aussi « parce que (…) une majorité de colistiers et tous les partis qui me soutiennent souhaitaient cette alternance et donc cette fusion. » Et lui que souhaitait-il ? Être maire de Paris. Rien de plus, mais rien de moins. Puisque ce ne sera pas le cas, Pierre-Yves Bournazel sauve les meubles. En acceptant la fusion, il coupe court au discours de la droite déjà prêt à l’accuser d’avoir « empêché l’alternance » après 30 ans de socialisme. Le mouvement bénéficie aussi à Edouard Philippe, qui garde sa position de rassembleur des électeurs de la droite et du centre en vu de 2027. Mais il n’est plus si positif que cela pour Rachida Dati.
Car en se retirant, Pierre-Yves Bournazel oblige ses électeurs à trancher sur la personne de Rachida Dati et sur elle seule. En dépit de ses démêlés avec la justice, de sa personnalité clivante, de sa campagne controversée, sont-ils prêts à lui donner les clés de l’Hôtel de Ville ? L’absence de Clément Beaune, une des personnalités les plus identifiées de la liste Bournazel et figure de l’aile gauche de la macronie, et qui a refusé d’apparaître dans la liste fusionnée donne une idée de la réponse : l’électorat qui se revendique de centre gauche risque bien de ne pas trouver son compte dans la liste d’une personnalité issue des Républicains.
Le pari risqué du report de voix
L’heure est donc aux calculs. L’écart entre Rachida Dati et Emmanuel Grégoire au premier tour était de 102 000 voix. Pierre-Yves Bournazel a lui obtenu 11,34 % des suffrages, soit 92 448 voix. La fusion de sa liste avec Rachida Dati devait donc permettre à l’ex-ministre de la Culture de réduire son retard important – sans que celui lui donne l’avantage pour autant. Mais un tel accord ne porte véritablement ses fruits que si le report des voix des électeurs Bournazel soit intégral.
Déjà compliqué dans une configuration plus classique avec cohabitation des deux têtes de listes, ce report absolu est quasi inimaginable dans une configuration l’une se retire complètement. Il l’est d’autant plus en l’absence d’un soutien puissant et affirmé de Pierre-Yves Bournazel à Rachida Dati. Certes, le candidat Horizons s’est retiré, mais il n’a sans doute pas oublié les noms d’oiseaux dont l’a affublé Rachida Dati pendant la campagne. Ne lui rendrait-il pas la monnaie de sa pièce en se contentant d’un soutien minimum syndical en retour ?
Certes, Rachida Dati pourra compter sur les voix de Sarah Knafo. La candidate d’extrême droite, numéro 2 du parti Reconquête et qualifié pour le second tour, a fini par se désister ce 17 mars, « pas pour la personne de Rachida Dati » qui a refusé sa « main tendue » mais « pour Paris ». Avec ses 84 809 voix (10,4 %), elle est susceptible de faire pencher la balance en faveur de la candidate LR. Mais uniquement si son électorat d’extrême droite et celui de Pierre-Yves Bournazel votent comme un seul homme pour la candidate LR. Mais cette convergence entre un électorat d’extrême droite et un électorat de centre droit apparaît hautement improbable, l’un étant susceptible de cannibaliser l’autre. On a connu fusion plus prometteuse.
Source : www.huffingtonpost.fr

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