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17 mars 2026
JULIEN DE ROSA / AFP
Panneaux d’affichages des élections municipales au premier tour à Paris.
Ce sera finalement une triangulaire. À la clôture du dépôt des listes pour le second tour des municipales à Paris ce mardi 17 mars, trois listes ont été déposées à Paris. Celle de Rachida Dati, fusionnée avec celle de Pierre-Yves Bournazel ; celle d’Emmanuel Grégoire, candidat de l’union socialiste communiste et écologiste. Et enfin, celle de l’insoumise Sophia Chikirou, qui se maintiendra (sauf surprise) après vingt-quatre heures de tractations, dans son camp, mais pas uniquement.
Rappel des faits. Les résultats sont tombés un peu avant 22 heures dimanche : Emmanuel Grégoire est en tête, devançant de plus de 10 points sa rivale de droite. Sophia Chikirou et Pierre-Yves Bournazel sont dans un mouchoir de poche. L’incertitude porte sur la qualification de Sarah Knafo pour le second tour. Depuis son QG dans le XIIe arrondissement, Rachida Dati reconnaît que « le désir de changement » de majorité municipale « s’est également porté sur les candidatures de Pierre-Yves Bournazel et de Sarah Knafo. » Pour battre la « gauche sectaire », la candidate LR appelle « à se rassembler, effectivement, le plus largement possible. »
À peine une heure plus tard, c’est Sophia Chikirou qui prend la parole. « La responsabilité aujourd’hui, c’est d’empêcher la droite de gagner Paris », pointe-t-elle d’emblée, évoquant des concomitances avec « l’agenda politique de l’extrême droite ». Elle poursuit : « Emmanuel Grégoire ne peut pas jouer avec l’avenir de Paris. Je vais attendre son appel. Et s’il ne veut pas d’une telle convergence (…) je déposerai la liste du nouveau Paris populaire » dès lundi soir, soit 24 heures avant l’expiration du délai. Un coup de pression comme un coup de dés, la partie est lancée.
Bournazel sous pression cède, Dati seule dans son rang
Elle commence par un patinage à droite. Sur les coups de 23 heures, Pierre-Yves Bournazel se fend d’un tweet difficilement interprétable. « À partir de ce soir, c’est une autre campagne qui commence. Je vais me battre pour vous. Rien n’est joué », écrit-il. Est-ce le début d’une porte ouverte à Rachida Dati ? Ou la confirmation que, comme il l’a martelé tout au long de sa campagne, il ne fusionnera pas avec elle ? La pression s’accentue sur le candidat Horizons dans la nuit. Il est pressé de conclure une alliance, au sein de son parti et jusqu’à l’Élysée où, selon des informations de Politico, Emmanuel Macron fait savoir à son ancien Premier ministre qu’il faut faire liste commune.
La réponse du candidat Horizons se fait attendre. Et pendant ce temps, une autre candidate sort du bois. Sarah Knafo, officiellement qualifiée, propose un accord « de femmes à femmes » à Rachida Dati. La candidate LR ne pipe mot. Accepter les voix de l’extrême droite, c’est renoncer définitivement à une alliance avec le candidat philippiste. L’apport de voix des deux scores est plus ou moins équivalent mais se lier avec l’extrême droite, c’est se priver du bloc central et surtout, précipiter la construction d’un « front républicain » à gauche. Or, Rachida Dati mise sur l’éparpillement des voix entre Sophia Chikirou et Emmanuel Grégoire pour gagner.
La zemmouriste attendra. Rachida Dati concentre ses efforts sur la Macronie. Avec succès. Au 20 heures de France 2 lundi, Pierre-Yves Bournazel officialise la fusion de sa liste, même s’il annonce qu’il n’en fera plus partie. Rachida Dati tente de ne pas s’en formaliser. Sa priorité, la fusion avec la Macronie, étant officialisée, la candidate LR répond enfin à Sarah Knafo : « Je respecte les électeurs qui ont porté leur voix sur Sarah Knafo. J’entends leurs préoccupations. (…) Mais il ne peut pas y avoir d’alliance avec Reconquête », tranche-t-elle dans Le Figaro.
À gauche, des discussions mortes nées
Pendant ce temps à gauche, rien ne bouge. Dans son discours dimanche soir, Emmanuel Grégoire n’a pas prononcé une seule fois le nom de Sophia Chikirou. Il ne le fera que lundi, à la mi-journée. Pour mieux verrouiller la porte : « J’ai dit maintes et maintes fois que je ne souhaitais pas faire alliance avec LFI. Je ne demande rien à Sophia Chikirou, elle fera ce qu’elle veut », tranche-t-il en marge d’un déplacement. Les discussions auraient pu s’arrêter là. Sur BFMTV lundi soir, la candidate insoumise indique ne pas avoir reçu d’appel d’Emmanuel Grégoire et annonce avoir déposé sa liste en préfecture. Mais mardi, Sarah Knafo annonce finalement son retrait de la course. « Pas pour la personne de Rachida Dati », prend-elle soin de préciser au Parisien, mais pour « chasser la gauche de la mairie ». Et, accessoirement, ne pas être accusée de faire perdre la droite.
Auprès du HuffPost, un familier de l’Élysée savoure : « ceux qui voudront faire barrage à Rachida Dati auront deux bulletins, ceux qui voudront faire barrage à la gauche n’en auront qu’un. Le scrutin passe d’une quinquangulaire à une triangulaire très ouverte ». Branle-bas de combat à gauche. Ce soutien non officiel de l’extrême droite est effectivement susceptible de rebattre les cartes en défaveur d’Emmanuel Grégoire.
Les insoumis repassent à l’offensive pour tenter de convaincre le socialiste. À la mi-journée à Marseille, Sébastien Delogu s’est retiré pour faire barrage au Rassemblement national, arrivé juste derrière le socialiste Benoît Payan. Les insoumis font valoir leur « responsabilité » face à l’extrême droite et à la « faute politique majeure et inédite » du maire socialiste sortant qui a déposé sa liste dès lundi matin, sans même entamer de tractations.
À Paris, Sophia Chikirou tente de faire entendre le même discours, même sans alliance officielle Dati-Knafo. « Barrer la route de l’Hôtel de ville de Paris à Rachida Dati passe par la fusion technique : Emmanuel Grégoire, nous avons encore quelques heures pour parler et fusionner. Il faut être responsable. Paris vaut bien un coup de fil ! », plaide-t-elle sur X à la mi-journée. Les Écologistes tentent aussi de faire le pont. Des proches de David Belliard, allié à Emmanuel Grégoire, rencontrent les Verts qui ont rejoint Sophia Chikirou.
La rencontre est rendue publique, comme pour mieux mettre la pression sur le socialiste. « Nous avons demandé aux Écologistes de convaincre Grégoire de faire une fusion », indique à l’AFP Émile Meunier, élu écologiste rallié à la liste LFI. Mais les demandes se heurtent à un mur. En retour, l’insoumise, aussi, subit la pression, et plusieurs personnalités l’appellent à imiter Sébastien Delogu, qui s’est retiré faute d’accord. « L’union Knafo-Dati fait peser une terrible menace sur la protection de l’enfance. Une seule liste à gauche doit rester. La responsabilité appelle les insoumis à se retirer », alerte auprès de La Tribune le militant des droits de l’enfant, Lyes Louffok, tandis qu’un site appelant à l’abandon de l’insoumise est mis en ligne.
Sophia Chikirou, peu connue pour battre en retraite, ne bouge pas. Mieux, elle publie une vidéo laissant entendre que sa décision est prise, et qu’elle sera au deuxième tour quoi qu’il arrive. En fin d’après midi ce mardi, Emmanuel Grégoire a finalement décroché son téléphone pour la joindre : c’était pour lui redire non. Il est 18 heures, les listes sont déposées sans possibilité (hors raison judiciaire) d’être modifiées. Les dés sont jetés. Rachida Dati peut souffler.
Source : www.huffingtonpost.fr

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