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Ce mardi 17 mars, « L’Œil du « 20 Heures » vous révèle comment Shein ou Temu contournent encore les règles françaises. Alors que la taxe sur les petits colis est entrée en vigueur le 1er mars dernier pour freiner l’afflux de produits chinois sur le marché, les plateformes chinoises ont trouvé la parade : elles changent de route et passent désormais par la Belgique, où la taxe n’existe pas.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Lorsque vous commandez sur Temu ou Shein, en théorie, une taxe de deux euros s’applique désormais. C’était la solution du gouvernement contre l’invasion des petits colis chinois. « C’est deux euros par article, c’est très important qu’on l’applique nous-mêmes le plus rapidement possible », avait assuré en novembre dernier Amélie de Montchalin, à l’époque ministre des Comptes publics. Nous avons donc commandé sur Temu, mais pas de taxe en vue, selon le service client : « Vous n’aurez aucuns frais supplémentaires à payer, vous pouvez effectuer vos achats en toute confiance », nous répond-on.
Mais comment échappent-ils à cette fiscalité ? Les géants chinois ont trouvé la parade. Sur notre commande Temu, effectuée une semaine après l’entrée en vigueur de la taxe, un détail a attiré notre attention. Sur le suivi, notre petit colis pour Paris a atterri à LGG, c’est-à-dire à l’aéroport de Liège en Belgique. Pour mieux comprendre, direction Liège, où les arrivées de petits colis chinois ont en effet explosé dans cet aéroport : « C’est un tsunami de marchandises. Ça signifie, par jour, 3,4 millions de déclarations. C’est énorme. Et là, pour la douane, c’est quasiment impossible de contrôler, ça », nous explique Kristian Vanderwaeren, administrateur général des douanes de l’aéroport de Liège.
Car à Liège, pas de taxes contrairement à la France. Venu de Chine, si le petit colis arrive à Roissy-Charles de Gaulle en France, alors il doit être taxé deux euros par article. Mais si le même petit colis est envoyé ailleurs en Europe, comme à Liège, il ira en camion jusqu’à Paris. Ainsi, la taxe disparaît au nom de la libre circulation des marchandises.
Conséquence de ce tour de passe-passe, à Roissy-Charles de Gaulle, la zone fret fonctionne au ralenti. En trois jours, les déclarations douanières en e-commerce ont chuté de 92 % et certains des entrepôts ont été vidés, du jamais-vu depuis des années : « Dès le 1er mars, on a vu un déménagement, littéralement, un déménagement des activités, des colis traités. Les entrepôts sont littéralement vides. Il n’y a plus personne, plus aucun salarié de ces sociétés-là qui travaille ici », témoigne Fabien Milin, secrétaire général du syndicat Solidaires Douanes.
Une taxe censée rapporter 500 millions d’euros. Ce qui paraît très compromis, mais le ministère des Petites et Moyennes Entreprises se félicite malgré tout de la mise en place de cette mesure : « Nous faisons face à des plateformes de e-commerce qui ont fait reposer tout leur business sur le piétinement des règles. (…) Nous avons pris la tête d’un mouvement de pays européens qui disent stop. »
Car au plus tard, en novembre prochain, une taxe sera appliquée dans tous les pays européens. Mais là encore, pour ne pas payer, Shein, par exemple, aurait misé sur un autre pays, la Pologne, selon la fédération du prêt-à-porter, qui a filmé un nouvel entrepôt de 740 000 mètres carrés. Les produits arriveraient depuis la Chine en gros volume jusqu’à la Pologne. Et pour échapper à la taxe, c’est une fois en Europe qu’ils seraient conditionnés en petits colis et transportés par la route. C’est le scénario que redoute le président de la fédération du prêt-à-porter, Yann Rivoallan.
« Grosso modo, c’est 100 fois un terrain de foot. Et avec cet entrepôt géant, ils vont là aussi éviter de payer ces taxes. Au lieu de recevoir des petits colis, désormais, ils vont tout recevoir en masse. Et ce sont ces produits en masse qu’ils vont dispatcher un par un vers chacun des consommateurs français et européens », explique-t-il.
Shein affirme payer toutes les taxes et respecter la loi. Selon eux, l’entrepôt va servir pour les produits Made in Europe et les retours. Temu, lui, n’a pas répondu à nos sollicitations.
Source : www.franceinfo.fr

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