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18 mars 2026Reuters.com
18 mars 2026« C’est du pur réalisme politique » : pourquoi socialistes et insoumis s’allient au second tour des municipales (malgré leurs différends)
Analyse : Quelques éléments à retenir de cette information pour nos lecteurs.
L'équipe éditoriale a étudié « « C’est du pur réalisme politique » : pourquoi socialistes et insoumis s’allient au second tour des municipales (malgré leurs différends) » et partage son avis.
Ce qu'il faut connaître
En dépit des tensions récurrentes entre les deux partis, de nombreux accords ont été conclus localement pour l’emporter face à la droite ou l’extrême droite. « Il y a des alliances là où il y a des possibilités de victoire », remarque un observateur interrogé par franceinfo.
Brest, Avignon, Toulouse, Lyon, Nantes, Limoges, Clermont-Ferrand… La liste des villes où le Parti socialiste et La France insoumise ont conclu une alliance pour le second tour est conséquente. Elle semble contradictoire avec l’engagement du PS avant le premier tour de ne pas nouer d’alliance avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon au niveau national, un engagement encore répété par le premier secrétaire Olivier Faure au soir du premier tour.
Interrogé le lendemain dans le « 20 Heures » de France 2, le leader socialiste a justifié ces alliances nouées au cas par cas. « Les programmes des listes avec lesquelles nous avons parfois fusionné ne comportent ni discrimination ni racisme ni antisémitisme », a-t-il défendu. C’est en effet après les propos de Jean-Luc Mélenchon sur la prononciation du nom de Jeffrey Epstein qu’Olivier Faure avait édicté sa consigne.
S’agit-il d’un reniement ? Le premier secrétaire du PS s’applique à distinguer la personnalité du leader de La France insoumise de celles des candidats sur le terrain.
« Je ne suis pas d’accord avec l’idée que tous les insoumis sont devenus les clones de Jean-Luc Mélenchon. »
Olivier Faure, premier secrétaire du PSsur France 2
Une subtilité qui ne convainc pas ses adversaires. « Hypocrite », pour Marine Le Pen. « Ce ne sont pas des accords locaux, c’est un accord national », ironise Gabriel Attal. De son côté, Manuel Bompard, le coordinateur de La France insoumise, a évoqué un front antifasciste pour justifier ces alliances, malgré les tensions récurrentes entre les deux formations de gauche.
« C’est la première fois qu’on parle de front antifasciste plutôt que de front républicain. C’est une manière pour LFI de se positionner dans le débat présidentiel et d’enjamber l’élection municipale », estime Ariane Ahmadi, experte en communication politique. Mais cela ne correspond pourtant pas aux accords conclus contre des maires de droite ou de centre droit, comme à Toulouse, Limoges ou Avignon. « Ces alliances ne sont pas mues simplement par un front républicain mais par le observation de conserver une certaine hégémonie dans des villes », poursuit-elle.
Formellement, la consigne d’Olivier Faure est respectée. A Paris, Lille et Marseille, par exemple, aucune alliance n’a été conclu entre les deux partis. Il est donc difficile de s’y retrouver, ce qui rend la stratégie du PS illisible. D’autant qu’à Strasbourg, la socialiste Catherine Trautmann s’est alliée avec le candidat d’Horizons, le parti d’Edouard Philippe, obligeant Olivier Faure à la désavouer. Une telle diversité de stratégie n’est pas inhabituelle dans un entre-deux-tours des municipales.
« C’est un classique. Les états-majors édictent des consignes nationales. Et au niveau local, on s’adapte en fonction des résultats par rapport aux objectifs de victoire. »
Bruno Cautrès, politologueà franceinfo
« Entre le Parti socialiste et le Parti communiste, même quand ça frottait au niveau national dans les moments de crise, l’union au niveau local tentait d’être préservée », rappelle-t-il. « C’est du pur réalisme politique version municipales 2026. Il y a des alliances, là où il y a des possibilités de victoire », renchérit Eddy Vautrin-Dumaine, sondeur pour le groupe Verian.
Ces alliances prennent deux formes. Certaines listes s’engagent ainsi à diriger une ville ensemble. C’est le cas à Toulouse, où François Piquemal (LFI) et François Briançon (PS) ont noué un accord de gouvernance. Le député insoumis deviendra maire de la ville en cas de victoire et le socialiste prendra la tête de la métropole toulousaine. Ce type d’accord correspond aux scénarios où le compte-rendu de force est sensiblement égal. François Piquemal a obtenu 27,5% des voix et François Briançon 25%.
L’autre type d’accord est appelé « fusion technique ». C’est le cas par exemple à Nantes entre la maire socialiste Johanna Rolland et le candidat insoumis William Aucant. Les deux listes se présentent unies au second tour mais ne gouverneront pas ensemble. Cela correspond au scénario où il y a un écart important entre deux candidats : 35,4% pour l’élue sortante et 11,2% pour son rival, qui devient une force d’appoint.
Cet engagement minimum permet aussi d’être en paix avec sa conscience et le respect de ses valeurs. « Je trouve que le terme de fusion technique est très défavorable en terme démocratique parce que c’est une fusion qui ne dit pas son nom. On rajoute technique pour faire croire que ce n’en est pas vraiment une. C’est incompréhensible pour l’opinion publique », commente l’experte en communication Ariane Ahmadi.
Malgré tout, la multiplication de ces alliances à gauche provoque des réactions critiques. Sur franceinfo, Raphaël Glucksmann a pris ses distances avec Olivier Faure. « Nous retirons nos candidats sur toutes les listes qui font la fusion. Nous avons une ligne claire partout en France », explique le leader du mouvement Place publique.
« La politique, c’est aussi une affaire de clarté et tout cela manque singulièrement de clarté »
Raphaël Glucksmann, leader de Place publiquesur franceinfo
Guillaume Lacroix, président du Parti radical de gauche, proche de l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, a également annoncé que son mouvement avait retiré tous ses candidats des listes concernées par une fusion avec LFI. « On ne change pas la vie des gens avec des accords techniques mais avec des projets politiques cohérents, démocratiquement élus et mis en acte », écrit-il sur X.
Sur France Inter, c’est François Hollande qui a posé ses lignes rouges. « Là où nous ne sommes pas en capacité de l’emporter, c’est soit le retrait, soit le maintien », a estimé l’ex-président. Pourtant, à Tulle, dans son fief électoral de Corrèze, le maire socialiste Bernard Combes va accueillir deux insoumis sur sa liste. Et selon les confidences de France 3 Nouvelle-Aquitaine, François Hollande ne l’a pas découragé. « Il m’a dit : ‘union, union, union’. Alors peut-être que pour Tulle, c’est plus important qu’ailleurs, et je crois que c’est vrai », témoigne Bernard Combes.
Ces positions recoupent les clivages habituels du PS par rapport à Jean-Luc Mélenchon. Et derrière les résultats des municipales, l’ombre de l’élection présidentielle est très présente. « Selon que les insoumis gagnent ou non Limoges, Toulouse, Roubaix et que le PS gagne ou non Paris et Marseille sans LFI, ça dira beaucoup de la suite », lâche un député écologiste auprès du service politique de France Télévisions. « S’ils perdent Paris et Marseille, ça va être compliqué de continuer à penser qu’ils sont les plus forts », poursuit-il, visant l’aile droite du PS, très hostile à LFI.
Ce sont donc les électeurs de gauche qui vont trancher le débat dimanche prochain. Les reports de voix vont-ils fonctionner entre les deux partis ? « Il y a un décalage effectivement entre ce que disent les électeurs en souhait d’alliance et leur comportement électoral », explique le sondeur Guillaume Caline, directeur adjoint du groupe Verian. « Face à une possible bascule de leur ville, ils voteront pour la liste avec des socialistes même s’il y a une alliance technique avec les insoumis », conclut-il.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Les développements à venir permettront de compléter notre point de vue.

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