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18 mars 2026Démantèlement, bateau-musée, revente… Quel avenir pour le porte-avions Charles de Gaulle après son retrait du service actif ?
Mis en service en 2001, le Charles de Gaulle doit être remplacé en 2038 par le porte-avions de nouvelle génération, baptisé «France Libre» par Emmanuel Macron.
Que deviendra le Charles de Gaulle avec l’arrivée de la «France Libre» ? Alors qu’Emmanuel Macron vient d’annoncer le nom du futur porte-avions français, dont la mise en service est prévue pour 2038, les questions se posent sur le devenir du bâtiment actuel.
En service depuis 2001, seul porte-avions à propulsion nucléaire d’Europe occidentale pour l’heure, le Charles de Gaulle, qui a participé à de nombreux théâtres d’opérations au fil des années, n’a certes pas encore pris sa retraite. La maintenance d’une quinzaine de mois dont il doit faire l’objet dès 2027 en dira davantage sur l’échéance prochaine de sa mise hors-service.
Prolongation
Premier scénario : celui d’une potentielle prolongation en service du bâtiment français, en parallèle de la mise à flot de la «France libre», qui permettrait à la France de disposer, du moins pendant quelques années, de deux porte-avions en service. «Compte tenu de la situation internationale, il y a besoin d’être présent partout dans le monde pour défendre nos intérêts. (…) Posséder deux porte-avions est probablement un choix qu’il faudra faire, d’ici à quelques années», indiquait en décembre 2025 le député du Var Yannick Chenevard, rapporteur du budget de la Marine à l’Assemblée nationale, auprès de 20 minutes .
Mais la question du maintien en service du porte-avions actuel reste pour l’heure impossible à trancher. «Cela dépendra de la résistance des cuves [du Charles de Gaulle], en fonction de ce que révélera le troisième arrêt technique majeur prévu en 2027-2028. Cette prolongation ne pourrait toutefois vraisemblablement être que de courte durée. Utiliser le Charles de Gaulle au-delà de 2038 nécessiterait une quatrième opération de régénération du combustible nucléaire et d’adaptation aux évolutions technologiques», soulève le rapport de la chambre haute. Des propos corroborés par l’historien et consultant en risques internationaux Stéphane Audrand. «La question du vieillissement de la machine nucléaire du Charles de Gaulle est centrale. Dès sa mise en œuvre, la chaufferie nucléaire a une date de péremption. On pourrait gagner quelques années», mais le prolongement ne serait qu’éphémère, pointe encore l’officier de réserve. Cette usure de la machine nucléaire ferme également la porte à la possibilité d’un transfert du navire vers des pays partenaires.
Navire musée
C’est la fin de carrière qu’a notamment connue un homologue américain du Charles de Gaulle, l’USS Intrepid. Porte-avions mis en service le 16 août 1943, il a participé à la Seconde guerre mondiale dans le théâtre du Pacifique, ainsi qu’à la guerre du Vietnam, et fut également navire récupérateur pour les missions spatiales des programmes Mercury et Gemini de la Nasa. Le bâtiment est finalement désarmé le 15 mars 1974. Le musée Intrepid-Sea-Air-Space Museum est fondé en 1982, pour préserver le porte-avions qui devait être démantelé. Le musée, qui accueille un million de visiteurs par an, a servi de centre d’opérations du FBI après les attentats terroristes du 11 septembre 2001.
Cette hypothèse serait-elle plausible concernant le Charles de Gaulle ? ««Les Américains ont certes l’habitude de réemployer en ce sens leurs bâtiments, mais ces derniers sont particulièrement onéreux à entretenir. Les bateaux musées n’ont jamais vraiment été une réussite en France», balaye Stéphane Audrand, qui cite pour exemple le cas du croiseur Colbert, amarré à Bordeaux en juin 1993 pour accueillir des visiteurs. Les difficultés d’entretien du navire ont finalement conduit à la fermeture du musée au public en 2005.
Démantèlement
Le démantèlement est l’hypothèse la plus probable. «La France se chargera sans doute du démantèlement nucléaire, puisqu’elle le fait déjà pour ses sous-marins», pointe Stéphane Audrand. Restera ensuite à savoir si le Charles de Gaulle sera ensuite désossé en France, comme c’est déjà le cas pour certains bâtiments, ou bien à l’étranger. Il est en tout cas certain que «le démantèlement physique de la coque ne sera pas achevé avant les dernières décennies du XXIe siècle», informe le spécialiste.
Les deux porte-avions jumeaux Foch et Clemenceau, construits à la fin des années 1950 ont connu cette fin de carrière plus ou moins heureuse. En mauvais état après 37 ans de service, le premier est vendu en novembre 2000 pour 12 millions de dollars américains au Brésil, qui le renomme le São Paulo. Le Foch attend sa rénovation mais cette dernière s’avère coûteuse pour le pays, en raison de sa vétusté et d’une série de problèmes notamment liés à un incendie datant de 2005. Après seulement 206 jours d’opérations en mer, la marine brésilienne retire finalement le navire du service en novembre 2018 et le désarme.
THOMAS COEX / AFP
Le porte-avions est racheté par un chantier de démolition en Turquie, mais renvoyé ensuite vers le Brésil, officiellement en raison de présence d’amiante dans sa coque. Au terme d’une longue errance sur les flots de l’Atlantique, le bâtiment est finalement coulé le 3 février 2023, à 350 kilomètres des côtes brésiliennes. Les risques de pollution de l’environnement marin que fait peser cette démolition valent à l’opération d’être qualifiée de «crime environnemental» par les associations qui pointent la présence d’amiante et de peinture toxique.
Son frère jumeau le Clemenceau est de son côté désarmé en octobre 1997, et promis à la démolition. L’année suivante, une entreprise espagnole parvient à décrocher le premier contrat de désamiantage. Celle-ci tente de sous-traiter la manœuvre de façon irrégulière à la Turquie, mais la Marine française contrecarre le projet et le bâtiment erre alors en Méditerranée à la recherche d’un port d’accueil.
MARCEL MOCHET / AFP
Après la rupture du contrat, le Clemenceau est récupéré par la marine nationale et fait son retour à Toulon pour un désamiantage partiel. En décembre 2005, le navire quitte la France pour être désamianté et démantelé en Inde. Deux mois après, le Clemenceau est finalement rapatrié en France, conséquences d’une décision du Conseil d’État français et du refus indien d’accueillir l’ancien porte-avions. L’épave revient à Brest en mai 2006, le port où le bâtiment avait été construit. En février 2009, la coque du Clemenceau quitte enfin Brest pour être déconstruite en Angleterre. Sa déconstruction s’achève fin 2010. Au total, son désamiantage et son démantèlement auront duré plus de 10 ans.
Source : www.lefigaro.fr

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