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« Un besoin de libération, pour elle, et pour toutes les autres. » C’est avec ces mots que l’avocate de Daniela Elstner, directrice générale d’Unifrance, organisme chargé de la promotion du cinéma français et de l’audiovisuel à l’international, a expliqué, mercredi 18 mars, pourquoi sa cliente avait décidé de porter plainte contre le chanteur Patrick Bruel, près de 30 ans après les faits qu’elle dénonce. Cette femme quinquagénaire accuse l’artiste français d’agression sexuelle et de tentative de viol en marge du festival français d’Acapulco (Mexique), alors qu’elle avait 26 ans. En parallèle, le parquet de Saint-Malo a ouvert une enquête préliminaire à la suite de la plainte pour viol déposée par une autre femme contre Patrick Bruel, cette fois pour des faits qui remontent à 2012.
En plus de ces deux plaintes, six femmes accusent Patrick Bruel de violences sexuelles entre 1992 et 2019, selon les révélations de Mediapart publiées mercredi. Le chanteur, par la voix de son avocat, nie les faits et affirme n’avoir « jamais cherché à contraindre quiconque à un acte sexuel ». Toutefois, ces révélations ont poussé l’artiste Andréa Bescond à réagir sur les réseaux sociaux. Elle raconte le comportement de Patrick Bruel après son refus de le rejoindre à une soirée, soutenue dans les commentaires par la comédienne Alexandra Lamy, sa fille Chloé Jouannet, ainsi que l’animatrice Enora Malagré. Franceinfo résume ce que l’on sait de cette affaire.
Deux plaintes déposées, une enquête en cours
Différentes accusations visent Patrick Bruel, mais une seule enquête préliminaire est en cours. Elle a été ouverte à la suite d’une plainte pour viol déposée pour des faits commis en 2012, comme l’a confirmé le parquet de Saint-Malo à franceinfo, mercredi soir. Contactée par Mediapart, la plaignante « n’a pas souhaité s’exprimer publiquement à ce stade ». Mais le site d’investigation précise que « les faits dénoncés auraient eu lieu en octobre 2012, en marge du festival du film britannique de Dinard, dont Patrick Bruel présidait le jury« . L’artiste, qui pour l’instant n’a pas été entendu dans cette enquête, « réfute toute accusation de viol » dans Mediapart.
Une autre plainte a été enregistrée le 12 mars par le parquet de Paris, selon les informations de France Télévisions. Daniela Elstner, directrice générale d’Unifrance, y dénonce une « tentative de viol » et une « agression sexuelle », en marge du festival français d’Acapulco (Mexique), en 1997, alors qu’elle était une jeune assistante de 26 ans. « Elle décrit deux épisodes distincts. Un premier épisode dans un taxi où elle a subi une agression sexuelle, et puis un autre épisode dans un bungalow où elle a subi une tentative de viol. Un passage à l’acte évité par le courage dont elle a fait preuve ce jour-là, en criant et en parvenant à s’enfuir », a précisé son avocate Jade Dousselin à France 2, jeudi matin.
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« Elle est venue me voir une première fois en 2019. Mais elle a décidé aujourd’hui de prendre la parole, au terme d’un chemin difficile – et qui promet de l’être encore – et de déposer plainte ». L’avocate affirme que sa cliente « a conscience que les faits qu’elle dénonce sont anciens », mais que « sa démarche est aujourd’hui moins une volonté de condamnation judiciaire qu’un besoin de libération, pour elle, et pour toutes les autres ».
La tentative de viol dénoncée par Daniela Elstner est prescrite depuis 2017, soit vingt ans après le « jour où l’infraction a été commise », selon le Code de procédure pénale. Les délais de prescription pour une agression sexuelle sont encore plus courts : ils sont de six ans révolus, « à compter du jour où l’infraction a été commise », d’après la loi. « Pour l’instant, on a saisi le parquet, on ne sait pas ce qu’il va se passer. J’espère qu’il y aura des auditions parce qu’il est important qu’on puisse l’entendre, même si le bout du chemin sera probablement une prescription. Et le dossier ne sera peut-être pas restreint à Daniela », commente Jade Dousselin, interrogée sur ce point par France 2.
Après des témoignages de masseuses, deux enquêtes classées sans suite
Ce n’est pas la première fois que Patrick Bruel est dans la tourmente judiciaire. En juillet 2019, une enquête préliminaire a été ouverte à la suite du témoignage d’une masseuse d’une trentaine d’années, qui avait accusé le chanteur d’agression sexuelle lors d’une séance de massage dans un hôtel-spa de Perpignan. Dans son témoignage sur Mediapart, cette masseuse relate que Patrick Bruel, en concert au festival Les Déferlantes, au Barcarès (Pyrénées-Orientales), est venu réserver un massage en « exig[eant] que ce soit [elle] qui exécute les soins ». Elle affirme que le chanteur l’a agressée sexuellement lors du massage effectué le lendemain matin. Il aurait tout fait pour qu’elle touche « ses parties » intimes, avant qu’elle ne mette fin au massage.
Un mois plus tard, comme le relatait Le Parisien à l’époque, le parquet d’Ajaccio avait ouvert une enquête préliminaire pour exhibition sexuelle et harcèlement sexuel, après le signalement d’une esthéticienne, qui travaillait à l’hôtel Radisson de Porticcio (Corse-du-Sud). Une fois encore, le chanteur aurait expressément demandé cette masseuse croisée à l’hôtel, rapporte aujourd’hui une source proche du dossier à France Télévisions. D’après cette source, dans le bungalow, porte fermée, il serait resté nu, refusant de revêtir la tenue de massage, faisant des avances et prenant des poses suggestives. Dans cette enquête, Patrick Bruel a été entendu en audition libre, le 8 septembre 2019, après un concert à Châlons-en-Champagne. Il a admis s’être trouvé nu à cause de la chaleur, mais a contesté les autres faits, s’appuyant sur une photo de l’esthéticienne venue à son concert, postérieur au massage. « Je n’ai pas eu la moindre intention, ni le moindre geste déplacé envers cette femme », a-t-il affirmé au Parisien.
Ces deux enquêtes préliminaires ont ensuite été regroupées au parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine), en raison du lieu de domiciliation de l’artiste, qui habite à Neuilly-sur-Seine. Elles ont finalement été classées sans suite, en décembre 2020. D’après l’Agence France-Presse, lors de ces investigations, les enquêteurs avaient entendu d’autres femmes l’accusant d’agression sexuelle, d’exhibition sexuelle ou de harcèlement sexuel, et Patrick Bruel avait également fait l’objet d’un signalement des autorités suisses, classé également.
Une femme dénonce une agression sexuelle quand elle était mineure
Parmi les témoignages recueillis par Mediapart figure aussi celui d’une femme que le média d’investigation prénomme Maja. Elle dit avoir croisé la route de Patrick Bruel en septembre 1992, à l’US Open, à New York, alors qu’elle avait 15 ans et était bénévole au tournoi de tennis. L’artiste, lui, avait 33 ans. Maja raconte à Mediapart qu’après un match, le chanteur est venu lui parler et lui aurait demandé son âge, avant d’aller se promener avec elle dans les allées. D’après son récit, c’est là qu’il s’est « jeté » sur elle, avant de tenter de l’embrasser à deux reprises, dont une fois dans des gradins, puis dans un ascenseur, en glissant « sa main sur [sa] poitrine, au-dessus du soutien-gorge ». Maja assure avoir vu Patrick Bruel une troisième et dernière fois dans sa chambre d’hôtel avec le champion de tennis Yannick Noah. Ce dernier dit à Mediapart « ne pas se souvenir de cet épisode précis ». Maja rapporte que le chanteur a cessé ses agissements envers elle lorsqu’il a appris que son père était journaliste à L’Equipe. Les témoignages de deux amies de Maja, recueillis par Mediapart, corroborent sa version.
De son côté, Patrick Bruel, interrogé par le site d’investigation, réfute la scène « dans un ascenseur puis sur les gradins » et toute « intention sexuelle ». Il assure « n’avoir jamais imposé de geste sexuel à cette jeune fille » et évoque de simples « échanges » durant ce tournoi, « sur un mode amical ». Il affirme encore « n’avoir jamais eu de relation intime avec une personne mineure de 15 ans » et lui avoir « demandé son âge » pour cette raison, dans un « refus de principe ».
« Un personnage et un système qui n’ont jamais existé », selon l’avocat de Patrick Bruel
Pour l’avocat du chanteur, l’article de Mediapart « fabrique un personnage et un système qui n’ont jamais existé ». Christophe Ingrain a répondu aux accusations du média en ligne concernant son client point par point, le 13 mars. « Patrick Bruel réfute absolument les allégations de violence, de brutalité, ou de contrainte que vous décrivez », a déclaré l’avocat à Mediapart.
« Sur une large partie des faits dont il serait question, la justice s’est déjà prononcée. On essaye, en utilisant des allégations de faits datant d’il y a parfois trente ans, de refaire un débat judiciaire tranché depuis des années », a complété Christophe Ingrain, mercredi, auprès de France Télévisions. « Patrick Bruel est profondément attristé par les souffrances que l’on perçoit à la lecture des témoignages des femmes relatés dans cet article, mais jamais il n’a cherché à contraindre quiconque à un acte sexuel. Il affirme n’avoir jamais outrepassé un refus, jamais forcé à un geste ou un rapport sexuel. A nouveau, la justice le tranchera si elle en est saisie », a-t-il ajouté.
Source : www.franceinfo.fr

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