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Dans ce podcast « Iran, les mots de la guerre », des spécialistes reviennent sur les mots qui permettent aujourd’hui d’éclairer le conflit au Moyen-Orient. Bernard Hourcade, géographe, ancien directeur de l’Institut français de recherche en Iran et membre de la rédaction d’Orient 21, revient ici sur le terme « Bassidj ».
Une milice populaire au service du contrôle quotidien
Les Bassidjis sont avant tout des « militants islamiques« , issus des quartiers, des universités ou des entreprises, « volontaires » pour être de « petits agents de renseignement » chargés de surveiller et de signaler les comportements considérés comme déviants. Présents partout, ils sont encadrés par les Gardiens de la Révolution, formant un maillage serré entre société civile et pouvoir. Les Bassidjis présentent des profils idéologiques « très divers« , « certains sont gentils« , d’autres « très radicaux« , précise Bernard Hourcade.
Au-delà de leur rôle sécuritaire, ces miliciens trouvent dans leur engagement « un moyen de promotion sociale« , souligne le géographe : reconnaissance, influence et opportunités professionnelles. Plus que l’argent — les Bassidjis « ne sont pas forcément rémunérés » —, « c’est le pouvoir qui compte« , notamment à travers un statut valorisé ou l’accès à un emploi. Cette fonction « donne un visa de moralité« , et elle constitue aussi pour le pouvoir un moyen « d’avoir des gens à la marge du système, à cheval entre la société et le système répressif« , poursuit Bernard Hourcade.
Une force répressive révélatrice des tensions du régime
En période de crise, les Bassidjis deviennent les principaux instruments de la répression : ce sont « eux qui vont au front » et qui sont chargés de mener les opérations les plus violentes, rappelle Bernard Hourcade, évoquant leur implication dans des violences extrêmes en janvier 2026. Chargés des basses œuvres du régime, ils restent néanmoins, toujours selon le géographe, « la piétaille » du système, exposés en première ligne tandis que les élites se protègent. Cette position inférieure nourrit leur violence, qu’augmentent encore la peur et l’incertitude quant à leur avenir.
Malgré leur rôle, les Bassidjis sont eux-mêmes traversés de contradictions. Certains cherchent à faire fonctionner le système, d’autres aspirent à « un Iran prospère et libre« . Les récents mouvements de contestation du régime, notamment portés par les femmes iraniennes, ont affaibli ceux à qui on a dit « Vous n’avez plus le droit d’embêter les femmes, c’est contre-productif« . « Dos au mur« , ils redoutent désormais les conséquences d’un éventuel changement de régime, révélant leur statut d’acteurs à la fois impliqués et piégés par un système qu’ils ne maîtrisent pas, estime Bernard Hourcade.
Source : www.radiofrance.fr

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