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Dans ce podcast « Iran, les mots de la guerre », des spécialistes reviennent sur les mots qui permettent aujourd’hui d’éclairer le conflit au Moyen-Orient. Bernard Hourcade, géographe, ancien directeur de l’Institut français de recherche en Iran et membre de la rédaction d’Orient 21, ainsi que Pierre Razoux, directeur académique de l’Institut Fondation méditerranéenne d’études stratégiques (FMES), reviennent ici sur le terme « proxys ».
Des relais armés au service de la stratégie iranienne
Les proxys désignent des groupes armés non étatiques agissant pour le compte d’un État. Comme l’explique Bernard Hourcade, il s’agit de forces « installées dans un pays étranger qu’il va financer, armer, entraîner » pour prolonger l’action de l’Iran sans engagement direct. Ces milices permettent ainsi à Téhéran de peser régionalement tout en conservant une forme de déni politique.
Pendant des décennies, cette stratégie a structuré les tensions au Moyen-Orient. Selon Pierre Razoux, Israël et l’Iran « refusaient l’affrontement direct« , privilégiant sabotages, attentats ou actions clandestines « par milices interposées« . Ces organisations ont ainsi servi d’instruments centraux permettant de frapper « en priorité Israël, mais aussi tous les ennemis de l’Iran« , sans jamais apparaître en première ligne.
Le déclin relatif des proxys face au retour des États
Depuis 2023, ces relais ont été fortement fragilisés, ils « ont perdu de leur intérêt » et sont « devenus un outil de dernier recours« . Aujourd’hui, le Hezbollah, principal proxy, est « extrêmement affaibli« , l’ensemble de ses cadres et dirigeants ayant été assassinés. Du côté des milices chiites en Syrie, elles ont été largement affaiblies. Aujourd’hui, parmi les proxys iraniens, subsistent surtout « les Houthis au Yémen« , directement soutenus par Téhéran mais « de plus en plus autonomes« , estime Bernard Hourcade.
Face à ces limites, l’Iran opère un tournant, et affirme désormais : « je me défends seul« , résume Bernard Hourcade, évoquant l’usage direct de missiles et de drones depuis le territoire iranien. Ce basculement traduit un retour du nationalisme, « un repli sur son territoire » et une moindre dépendance vis-à-vis des proxys, dorénavant relégués à un rôle secondaire. Ils restent toutefois mobilisables « en dernier recours« , voire négociables sur la scène internationale, signe d’une stratégie politique en pleine recomposition.
Source : www.radiofrance.fr

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