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19 mars 2026
Publié
Temps de lecture : 2min – vidéo : 2min
Dans la Manche, des investisseurs néerlandais qui exploitent 12 hectares de serres géantes de tomates veulent plus que doubler leur surface. Les habitants et associations dénoncent une aberration environnementale.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Dans le paysage normand, typique du bocage, il y a aussi un grand rectangle. Une serre de tomates de 12 hectares qui pourrait encore s’agrandir. Odile Marqué habite en face. Avec un voisin, elle ne veut pas entendre parler de ce projet. « Il y a plein de haies qui vont disparaître », explique-t-elle. « Après, la carte postale sera différente », ajoute son voisin. 16 hectares de serres supplémentaires pourraient s’implanter juste sur ces champs dès l’an prochain. « La nature, le bocage, pour moi c’est très important. Je ne ressens aucune envie d’aller vivre en ville, alors c’est vrai que le fait de mettre des serres de 7 mètres de haut ici, on a l’impression d’étouffer un peu », confie l’habitante d’Isigny-le-Buat (Manche).
Derrière ces tomates, des investisseurs néerlandais. Chaque jour, 50 tonnes partent vers des supermarchés français. Pour la première fois, les responsables ouvrent leur serre à des journalistes. Face aux critiques, ils défendent leur modèle de production, l’hydroponie, aucun contact entre la plante et la terre. « Ça, c’est le système d’irrigation, par goutte à goutte, avec des nutriments que l’on trouve dans le sol ; nous, nous les reproduisons sous forme d’engrais liquide », explique Jean-Marc Paimblanc, responsable de site Les Tomates du Mont Saint-Michel.
Sous haute température, tout est contrôlé en temps réel. Cette serre est l’une des plus grandes de France. Un modèle qui répondrait aux consommateurs toujours plus friands de tomates. « L’agriculture française a besoin de se développer. On va de plus en plus vers un climat qui est difficile, avec des crises sanitaires, avec des pluies, des inondations, des sécheresses. Si on veut produire en France et sécuriser une production locale, on est persuadé, nous, que ça passe par les serres modernes », détaille Guilhem Flammen, le directeur de l’entreprise Les Tomates du Mont Saint-Michel.
Une vision contestée lors d’une manifestation le mois dernier. Dans la foule, des membres du syndicat Confédération Paysanne étaient présents, comme Nassima Sabir qui cultive en pleine terre uniquement des légumes de saison. « Quand on bétonne sur l’équivalent de 40 terrains de football des sols riches qui peuvent être cultivés, comme on le fait nous, c’est totalement inconcevable. On ne peut pas parler d’agriculture. Où sont les paysans ? Où est le savoir-faire ? », s’interroge la porte-parole de la Confédération Paysanne de la Manche. Pour agrandir cette serre, il faut encore mener une consultation publique. Le préfet devra ensuite trancher.
Source : www.franceinfo.fr

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