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Dans ce podcast « Iran, les mots de la guerre », des spécialistes reviennent sur les mots qui permettent aujourd’hui d’éclairer le conflit au Moyen-Orient. Bernard Hourcade, géographe, ancien directeur de l’Institut français de recherche en Iran et membre de la rédaction d’Orient 21, ainsi que Pierre Razoux, directeur académique de l’Institut Fondation méditerranéenne d’études stratégiques (FMES), reviennent ici sur le terme « drone ».
Des armes simples au cœur d’une stratégie de masse
Les drones iraniens reposent sur une logique de simplicité et de coût réduit. Comme l’explique Pierre Razoux, ils sont souvent issus de technologies civiles « que vous pouvez acheter, améliorer, détourner« , qui répondent « à une logique de masse et à une logique de coût« . Certains, comme le Shahed-136, fonctionnent comme des « drones suicides« , comparables à des missiles low cost, produits en grande quantité, « par centaines, voire par milliers« , pour saturer les défenses adverses.
Malgré leur diffusion massive, leur efficacité reste relative. Trop lents, ils sont souvent interceptés, notamment face à des systèmes de défense avancés. Pierre Razoux souligne que « très peu de drones ont atteint leur cible » lors des frappes contre Israël en 2024 et 2025. En revanche, ils restent efficaces sur des cibles proches ou mal protégées, notamment contre des bases ou infrastructures régionales, où leur discrétion et leur faible altitude compliquent la détection.
Le symbole d’une guerre asymétrique et populaire
Pour Bernard Hourcade, les drones incarnent une logique de guerre asymétrique avec « des armes populaires, simples et que tout le monde peut utiliser« . Incapable de rivaliser avec les grandes puissances sur le plan conventionnel, l’Iran mise sur des moyens simples et diffus, accessibles à tous, dans une stratégie de résistance nationale.
Cette montée en puissance des drones ne repose pas sur une technologie de pointe, mais sur l’adaptation. Les drones illustrent « l’inventivité » des acteurs qui les utilisent, dans une économie de la guerre désormais mondialisée. Faciles à produire et à modifier, ils traduisent une transformation profonde des conflits : une guerre où la quantité, la flexibilité et le faible coût peuvent compenser l’infériorité militaire classique.
Source : www.radiofrance.fr

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