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20 mars 2026À quoi tient le bonheur, et qui sont ceux qui, sur cette planète, sont les plus heureux ? Comme chaque année, à l’occasion de la Journée internationale du bonheur (qui coïncide avec le premier jour du printemps), le Centre de recherche sur le bien-être de l’université d’Oxford publie, vendredi 20 mars, son rapport annuel mondial sur l’évaluation de la vie, en partenariat avec Gallup et sous l’égide de l’ONU.
Heureux les Finlandais qui se maintiennent pour la neuvième année consécutive au sommet du classement, suivis par les Islandais, les Danois, les Costaricains – meilleur classement jamais atteint par un pays d’Amérique latine –, les Suédois et les Norvégiens. Les Afghans ferment la marche.
Passée du 33e rang en 2025 au 35e en 2026, la France réalise sa plus mauvaise performance dans ce classement qui compte 147 pays.
Les Français ont attribué une note moyenne de 6,586 (sur 10) à l’évaluation de leur satisfaction de vie, contre 7,764 pour les Finlandais.
Ce rapport est devenu une ressource incontournable pour répondre à l’intérêt mondial croissant porté à la prise en compte du bonheur – ou du bien-être – dans les politiques publiques.
Au total, six pays européens figurent dans le top 10 (Finlande, Danemark, Suède, Norvège, Pays-Bas, Luxembourg). Cependant, un avertissement s’impose : les réseaux sociaux font plonger le bien-être des jeunes dans le monde, notamment en Europe occidentale.
Échelle de Cantril
Pour établir ce classement, le sondage mondial demande à environ 100 000 personnes dans 147 pays d’évaluer leur vie à l’aide de l’image d’une échelle, la meilleure vie possible étant notée 10 et la pire possible 0. Chaque personne interrogée fournit une réponse numérique sur cette échelle, appelée échelle de Cantril.
Pour chaque pays évalué, le score de bonheur se décompose en plusieurs indicateurs mesurés : le PIB par habitant, le soutien social (le fait de pouvoir compter sur quelqu’un), l’espérance de vie en bonne santé, la liberté de faire des choix de vie, la générosité et la perception de la corruption.
« Ces six variables ont été initialement choisies comme étant les meilleures mesures disponibles de facteurs dont les données expérimentales et d’enquêtes ont démontré les liens significatifs avec le bien-être subjectif, et plus particulièrement avec l’évaluation de la vie », précise le rapport, signé chaque année par les économistes John F. Helliwell (Canada), Richard Layard (Royaume-Uni) et Jeffrey D. Sachs (États-Unis).
Le classement est établi sur la base d’une moyenne triennale – les données ont été recensées durant la période 2023-2025 –, ce qui lisse les fluctuations dues à des événements majeurs tels que les guerres ou les crises financières.
Certaines tendances ne sont ni nouvelles, ni surprenantes. En bas du classement se trouvent généralement des pays en proie à d’importants conflits politiques et géopolitiques. On y trouve l’Afghanistan à la dernière place (147), précédé par la Sierra Leone (146), le Malawi (145), le Zimbabwe (144), le Botswana (143), le Yémen (142), le Liban (141), ou encore la République démocratique du Congo (140).
Mais d’une année sur l’autre, les classements ne sont pas si faciles à comparer. En 2013, 156 pays étaient classés, et le Togo, pays le moins heureux cette année-là, a depuis gagné plus de vingt places (131), avec une note de satisfaction de vie moyenne supérieure de près de 1,4 point à celle de l’époque.
L’Afghanistan, où les Taliban ont repris le pouvoir en 2021, a suivi la tendance inverse, avec une baisse de près de 2,7 points entre 2013 et 2026. La vie y est particulièrement difficile pour les femmes, dont la satisfaction moyenne n’est que de 1,26 point.
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La plupart des pays industrialisés occidentaux, eux, sont aujourd’hui moins heureux qu’ils ne l’étaient entre 2005 et 2010, affirme le rapport : « Quinze d’entre eux ont connu des baisses significatives, contre quatre qui ont enregistré des hausses significatives. »
Alors que les données du rapport montrent une chute drastique des évaluations de la vie chez les moins de 25 ans au cours de la dernière décennie, notamment dans les pays anglophones et en Europe occidentale, les chercheurs estiment que l’utilisation intensive des réseaux sociaux semble contribuer à la baisse de leur bien-être dans ces pays, particulièrement chez les filles.
« Crise du bonheur » chez les jeunes
Mentionné pour la première fois dans le classement de 2024, ce que les auteurs du rapport considèrent comme une « crise du bonheur des jeunes » fait de nouveau l’objet d’une attention particulière.
Fort de la participation de l’économiste belge Jan-Emmanuel De Neve, directeur du Centre de recherche sur le bien-être de l’université d’Oxford, mais aussi de Lara B. Aknin, enseignante canadienne en psychologie sociale, et de l’économiste Shun Wang, le rapport 2026 met de nouveau en évidence le lien entre l’utilisation des réseaux sociaux et le bien-être, au moment où de nombreux pays envisagent d’imposer des restrictions à l’utilisation des réseaux sociaux par les adolescents.
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« En Amérique du Nord et en Europe occidentale, les jeunes sont bien moins heureux qu’il y a 15 ans », selon le rapport, qui note une corrélation avec une utilisation croissante des réseaux sociaux au cours de la même période.
Dans d’autres pays, le bonheur des jeunes n’a pourtant pas diminué par rapport à celui des adultes, alors que les réseaux sociaux y sont tout aussi répandus. Mais le rapport pointe une hypothèse : celle du nombre d’heures passées en ligne.
« L’étude Pisa menée auprès de jeunes de 15 ans dans 47 pays montre que ceux qui utilisent les réseaux sociaux plus de sept heures par jour ont un bien-être nettement inférieur à ceux qui les utilisent moins d’une heure. »
De manière générale, des enquêtes internes menées par des entreprises de réseaux sociaux montrent, selon le rapport de l’ONU, que la génération Z – ou « Gen Z« , qui concerne les personnes nées entre 1997 et 2012 – perçoit « un niveau élevé de préjudice ».
Les réseaux sociaux causent en effet, selon le rapport, des dommages aux adolescents à une échelle suffisamment importante pour entraîner des changements au niveau de la population.
« Nous démontrons qu’il existe désormais des preuves accablantes de préjudices directs graves et généralisés (tels que le cyberharcèlement et la sextorsion), ainsi que des preuves convaincantes de préjudices indirects préoccupants (tels que la dépression). De plus, nous montrons que les préjudices et les risques pour les utilisateurs individuels sont si divers et d’une telle ampleur qu’ils justifient l’idée selon laquelle les réseaux sociaux causent des préjudices à l’échelle de la population. »
– World Happiness Report 2026
Interrogés, des enseignants, parents et chefs d’établissement constatent, eux aussi, des effets néfastes sur l’éducation et la santé mentale des jeunes.
« La conviction selon laquelle les réseaux sociaux et les smartphones nuisent à l’éducation et à la santé mentale des élèves n’est ni isolée ni marginale. Il s’agit de la perception dominante parmi les éducateurs de nombreux pays occidentaux. Ils se tiennent à la barre des témoins, pointent du doigt les plateformes de réseaux sociaux et déclarent : ‘Ce sont eux les responsables.' »
Dans un communiqué accompagnant la publication du rapport, Jan-Emmanuel De Neve nuance cependant : « Une utilisation intensive est associée à un bien-être nettement inférieur, mais ceux qui s’en déconnectent volontairement semblent également passer à côté de certains effets positifs. »
Source : www.france24.com

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