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20 mars 2026Guerre au Moyen-Orient: l’insécurité alimentaire dans le monde pourrait atteindre un nouveau record, avertit l’ONU
Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU a annoncé, mardi 17 mars, que 45 millions de personnes supplémentaires pourraient sombrer dans la famine aiguë en 2026 si le conflit au Moyen-Orient persiste. En cause : la hausse des prix des carburants, des engrais et la perturbation des chaînes d’approvisionnement. Parmi les deux régions les plus touchées, l’Asie, suivie de l’Afrique de l’Est et australe.
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Avec la guerre au Moyen-Orient, « le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire dans le monde pourrait atteindre des niveaux comparables à ceux observés au début de la guerre en Ukraine », analyse le PAM dans son rapport. Avec près de 45 millions de personnes supplémentaires, ces personnes viendraient s’ajouter aux 318 millions de personnes déjà en situation d’insécurité alimentaire dans le monde. C’est 14 millions de plus que lorsque la guerre a éclaté en 2022.
Avec le quasi-blocage du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et les risques croissants pesant sur la navigation en mer Rouge entraînent déjà une hausse des coûts de l’énergie, des carburants et des engrais.
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Dépendance aux importations
Les pays d’Afrique subsaharienne et d’Asie sont les plus vulnérables en raison de leur dépendance aux importations de denrées alimentaires et de carburant. « Les projections indiquent une augmentation de 21 % du nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, et de 17,7 % en Afrique de l’Est et en Afrique australe. Une hausse de 24 % est prévue pour l’Asie », note le rapport.
Ce nouveau conflit contraint à réorganiser les chaînes d’approvisionnement. La Somalie, par exemple, frappée par une grave sécheresse, subit une hausse de prix de 20 % de ses produits de première nécessité. De son côté, le Soudan, plongé dans une crise économique qui ne cesse de s’aggraver, importe environ 80 % de son blé.
« La moitié des engrais utilisés au Soudan viennent du Golfe, tout comme une bonne partie du carburant. La même chose se vérifie pour le cas de la Somalie, du Kenya et de la Tanzanie », estime Jean-Martin Bauer, directeur de l’analyse de la sécurité alimentaire du PAM au micro de Charlotte Cosset, journaliste du service économie de RFI.
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Transferts bloqués et perte de revenus
À cela s’ajoute « qu’un grand nombre de personnes travaillent au niveau des pays du Golfe et envoient vers leurs pays des sommes d’argent importantes ». « Ce sont ces transferts de la migration qui pourraient être menacés par la situation actuelle », indique le directeur de l’analyse.
Cette crise bouleverse directement le commerce entre les pays du Golfe et l’Afrique de l’Est, entrainant des pertes de revenus. « L’Afrique de l’Est est une zone d’élevage qui exporte ses moutons vers la péninsule arabique, notamment au moment de l’Aïd, et cette commercialisation, très importante pour la Corne de l’Afrique, a été mise à mal par la situation actuelle dans le Golfe ».
L’Afrique de l’Ouest n’est pas épargnée par ces perturbations. Les pays du Sahel, par exemple, démarrent leurs campagnes agricoles à partir du mois de juin. Le Programme alimentaire mondial redoute un nouveau tournant dans l’histoire des chaînes d’approvisionnement avec des répercussions sur l’économie, la sécurité alimentaire et l’aide humanitaire. Dès aujourd’hui il alerte sur la nécessité d’avoir les engrais à disposition.
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Source : www.rfi.fr

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