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20 mars 2026« Téhéran est pratiquement une ville morte' » : un sociologue franco-iranien raconte son exil motivé par la menace qui pèse sur les intellectuels
D’après le Haut-Commissariat aux Nations unies, plus de trois millions de personnes ont fui Téhéran tout en restant en Iran, dans d’autres régions. D’autres Iraniens – on ne connaît pas leur nombre – quittent le pays. C’est le cas d’Amir Nikpey, sociologue franco-iranien qui a une partie de sa famille en Iran mais aussi en France. Il a préféré fuir son pays d’origine, en ce mois de mars. Il a dû quitter son pays en bus, puisqu’aucun avion ne peut transiter par l’Iran. « J’ai pris le bus jusqu’à Istanbul, ça a duré pratiquement 45h, avec près de six heures et demie à la frontière parce que, le système internet ne fonctionnant pas, on a arrêté un par un pour contrôler nos passeports en appelant Téhéran par téléphone. »
De là, il a pu prendre un avion à Paris. Aujourd’hui, il témoigne d’un quotidien dont nous n’avons que très peu de récits : celui des habitants de Téhéran. Il raconte comment il a quitté une ville qu’il a vue progressivement être défigurée par les bombardements : « Je voyais vraiment les avions israéliens qui venaient bombarder Téhéran. Et, contrairement à ce qu’on dit, ce n’étaient pas seulement des sites militaires, c’étaient parfois même des maisons normales. Avec toutes les vitres qui se cassaient… D’ailleurs le frère d’un de mes proches a été tué par un éclat. Donc les gens vivent dans la peur. »
Fuite des classes moyennes supérieures
Le régime iranien indique, jeudi 19 mars, avoir exécuté trois hommes , accusés d’avoir tué des policiers lors des manifestations de janvier. Ce sont les premières pendaisons liées au mouvement de contestation qui avait secoué le pays , deux mois avant la guerre. Le pouvoir aux abois durcit sa répression contre ses ennemis de l’intérieur.Sur les neuf millions d’habitants de Téhéran, un tiers a quitté la capitale. Amir Nikpey l’a ressenti tout particulièrement lors de ses derniers jours, en arpentant les rues de la ville. « Téhéran est pratiquement une ville morte, reprend Amir.
« Une grande partie des classes moyennes supérieures ou des classes moyennes qui ont les moyens sont allées dans le nord de l’Iran ou dans d’autres villes. Ceux qui sont restés restent à la maison, dans la peur d’un bombardement. »
Dans les rues où il tentait de faire son travail de sociologue, il y avait très peu de voitures et il attendait longtemps avant de voir un passant pour lui poser des questions. Cette situation lui a néanmoins valu d’être arrêté à deux reprises en l’espace d’une semaine, avant d’être relâché une heure après.
Arrêté deux fois pour avoir interrogé des passants dans la rue
Il a d’abord eu affaire à des policiers puis à cette force paramilitaire des gardiens de la Révolution, les fameux Bassidj, créés au lendemain de la révolution islamique de 1979. « Ils sont soit dans les mosquées, soit dans certains centres, raconte Amir Nikpey. Ils demandent : ‘Pourquoi vous êtes là, pourquoi vous marchez ? On vous a surveillé.’ Je leur montrais ma carte d’identité et professionnelle, disant que j’étais sociologue et que je pouvais poser quelques questions ». Même s’il n’a pas eu plus d’ennuis, l’unique raison qui l’a poussé à quitter son pays est cette menace qui pèse de plus en plus sur les intellectuels critiques à l’égard du régime. « À vrai dire, je me sens plus en sécurité ici [en France]… Mais mentalement, encore, je ne vais pas bien. »
Amir pose son béret et s’essuie les mains sur son pantalon en velours.« Je ne dors pas tellement. Je pense tout le temps à tous ceux qui sont restés là-bas », reprend-il. Entre soulagement et sentiment d’abandonner votre pays, le sociologue se sent « très, très mal » d’être « personnellement en sécurité » quand tous ses compatriotes sur place sont encore sous les bombardements.
Le sociologue entend revenir chez lui quand la guerre aura cessé. « Mais je ne crois pas que cela arrivera avant quelques mois », glisse-t-il en haussant les épaules.
Source : www.radiofrance.fr

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