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Dans un message publié sur Telegram mardi, Ilya Remeslo, un avocat et blogueur pro-régime de 42 ans, a fermement critiqué la politique du président russe.
Ilya Remeslo était un fervent soutien de Vladimir Poutine depuis des années… jusqu’à ce mardi 17 mars. Cet homme, présenté tantôt comme un avocat de 42 ans par le Guardian tantôt comme juriste et blogueur pro-Kremlin par l’AFP, s’est brusquement retourné contre le dirigeant russe. Il a marqué son opposition dans un long message publié sur Telegram, intitulé «Cinq raisons pour lesquelles j’ai cessé de soutenir Vladimir Poutine». Dans ce manifeste, il s’en prend violemment au chef du Kremlin, l’accusant de ne pas être «un président légitime» et réclamant sa «démission».
Deux jours après sa sortie tonitruante, le journal russe indépendant Novaya Gazeta a indiqué que Ilya Remeslo avait été interné. L’hôpital psychiatrique numéro 3 de Saint-Pétersbourg a confirmé que «Ilya Borisovitch Remeslo» y avait été hospitalisé jeudi et que sa famille, dont sa femme, avait été «mise au courant». L’établissement s’est refusé à des précisions sur son état de santé.
«Guerre sans issue»
Ilya Remeslo est un ancien membre de la Chambre publique de Russie, un organe consultatif contrôlé par le Kremlin, explique le Guardian. Il est connu pour avoir mis sa formation juridique au service du régime pour cibler et dénoncer les critiques du pouvoir devant les tribunaux et en ligne. Une grande partie de son travail a consisté à mener des campagnes contre le défunt chef de l’opposition, Alexeï Navalny, en témoignant contre lui devant les tribunaux de tout le pays, détaille le quotidien britannique.
En 2014, il avait «soutenu» l’annexion de la Crimée «parce qu’elle était pacifique» et permettait d’«unifier les terres russes», explique-t-il dans son manifeste. Toutefois, il estime aujourd’hui que le conflit mené en Ukraine n’est qu’«une guerre sans issue», «menée uniquement pour satisfaire les insécurités de Poutine». «Nous simples citoyens n’y gagnons rien», lâche-t-il.
Dans son message Telegram, il déplore amèrement les dégâts de la guerre sur l’économie russe : «Cela représente des milliers de milliards de dollars qui auraient pu servir à construire des villes, des écoles, des hôpitaux pour enfants et à restructurer entièrement le logement et les services publics.» Il dénonce par ailleurs un «étouffement d’internet et de la liberté de la presse». L’ex pro-régime devenu opposant estime que la Russie a «besoin d’un nouveau président» car Vladimir Poutine «se désintéresse totalement de la politique intérieure et des préoccupations de ses électeurs», selon lui. Il estime donc que le dirigeant doit «démissionner» et être «traduit en justice pour crimes de guerre et vol».
Onde de choc
Ces propos tranchants ont provoqué une onde de choc dans la sphère numérique pro-Kremlin, poussant certains blogueurs à se questionner sur la sincérité de ce revirement. Certains ont cru que son compte avait été piraté. Mais cette hypothèse a été rapidement écartée après qu’Ilya Remeslo a publié une vidéo réitérant ses affirmations et ajoutant au passage «une sixième raison» de ne pas soutenir Poutine : «Une attirance folle pour le luxe», accusant le président russe d’avoir «une vingtaine de résidences-châteaux».
Le principal intéressé s’est d’ailleurs exprimé dans les pages du Guardian, depuis son appartement de Saint-Pétersbourg : «Vladimir Poutine devrait démissionner et être jugé pour crimes de guerre. Son système personnalisé et corrompu est voué à l’effondrement, comme nous le constatons actuellement avec la guerre en Ukraine et ailleurs.»
«Je suis prêt à affronter n’importe quel procès»
Pourquoi parler maintenant ? Ilya Remeslo a expliqué au journal britannique que sa décision avait «mûri progressivement jusqu’à ce qu’il estime ne plus pouvoir garder le silence». «Poutine n’est plus l’un des nôtres. Ses intérêts sont totalement étrangers à la Russie et à moi-même. J’en suis arrivé à la conclusion qu’il est à la fois possible et nécessaire de le critiquer, car sinon rien ne s’arrêtera et rien de bon n’en sortira», a-t-il déclaré, ajoutant que de nombreux autres membres de la communauté partageaient cet avis.
Sa prise de parole est dangereuse dans ce pays connu pour réprimer la parole des opposants au régime. L’opposant a affirmé ne pas se faire d’illusion sur les risques de poursuites. «Je suis prêt à affronter n’importe quel procès», a-t-il déclaré. Et de poursuivre : «Il est temps de briser ce cercle vicieux et de prendre la parole. J’ai une certaine responsabilité, car j’ai longtemps soutenu ce régime et contribué à sa survie.» Pour l’heure, les informations indiquant qu’il a été interné en hôpital psychiatrique posent une question : présentait-il de véritables troubles mentaux ou est-ce une sanction du Kremlin ?
Source : www.lefigaro.fr

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