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21 mars 2026La guerre au Moyen-Orient menace l’approvisionnement en pétrole et gaz des pays asiatiques
Analyse : L'équipe éditoriale a examiné cette actualité et partage son point de vue.
Un résumé concis de « La guerre au Moyen-Orient menace l’approvisionnement en pétrole et gaz des pays asiatiques » selon notre équipe.
Points clés à connaître
Les autorités du Sri Lanka ont prévenu : les réserves de carburant et de gaz du pays ne permettront de tenir que six semaines environ. Chaque mercredi est déclaré férié à partir d’aujourd’hui dans la fonction publique, annonce le quotidien sri-lankais Daily Mirror . Et ce, jusqu’à nouvel ordre. Les autorités appellent à privilégier le télétravail le reste de la semaine, si possible. Semaine à quatre jours, aussi, dans les musées, les écoles, les universités, ajoutent le journal sri-lankais Daily News ; report des voyages scolaires sine die. « Nous demandons aussi au secteur privé de déclarer chaque mercredi jour férié à partir de maintenant », implore le commissaire général des services essentiels, cité par le Guardian et ABC News , mais les hôpitaux, les services d’urgence et les ports doivent continuer à fonctionner normalement.
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Rationnement du carburant, conditionné à un QR code :« Dans des scènes rappelant la crise économique qui a frappé le Sri Lanka il y a quatre ans, le rationnement du carburant a débuté dimanche », rapporte le Guardian . De longues files d’attente se sont formées devant les stations-service, montre Reuters : les automobilistes sont limités à 15 litres d’essence ou de diesel par semaine, 5 litres pour les conducteurs de deux-roues, tandis que les transports en commun se voient allouer jusqu’à 200 litres. Le plein ne peut se faire, précise le quotidien sri-lankais Daily Mirror , qu’après avoir obtenu un QR code valide, associé à l’immatriculation d’un véhicule.
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Pakistan, Bangladesh, Vietnam, Birmanie, Thaïlande multiplient les mesures pour répondre à la crise actuelle d’approvisionnement. Le Pakistan a basculé cette semaine l’enseignement vers des cours en ligne, indique le quotidien national Dawn . Le télétravail est également encouragé pour les salariés, comme pendant la pandémie de Covid-19, note Dawn . Les autorités pakistanaises ont également procédé à une hausse des prix du carburant, ajoute le Guardian , pour limiter la tentation de stockage des particuliers. Le Bangladesh, craignant une pénurie de carburant pour alimenter ses usines textile essentielles à son économie, impose des coupures de courant planifiées à l’échelle nationale afin d’économiser l’énergie, précisent la BBC et le Guardian . Le Vietnam appelle la population à privilégier le vélo, le covoiturage et les transports en commun. « En Birmanie, les véhicules privés ne peuvent circuler qu’un jour sur deux. En Thaïlande, on recommande aux gens de porter des T-shirts plutôt que des costumes afin de réduire les dépenses liées à la climatisation, dont la température ne peut descendre en dessous de 26 degrés dans les bâtiments administratifs. Aux Philippines, de nombreux fonctionnaires travaillent désormais quatre jours par semaine. C’est la nouvelle norme pour s’adapter à la crise énergétique, même si certains pays, comme l’Inde et la Chine, ont entamé des discussions avec l’Iran pour tenter de faire passer certains de leurs navires », analyse la BBC .
Entretien avec Francis Perrin, directeur de recherche à l’Iris, spécialiste des questions énergétiques
À quel point l’Asie dépend-t-elle du pétrole et du gaz du Golfe qui transite habituellement par le détroit d’Ormuz, détroit bloqué, on le sait aujourd’hui par l’Iran en représailles aux frappes américaines et israéliennes ?
Nous parlons de proportions importantes : environ 50 % du pétrole brut en Asie provient du Moyen-Orient et transite en grande partie par le détroit d’Ormuz, actuellement presque totalement bloqué. Pour les importations de gaz naturel liquéfié, à l’échelle globale, la proportion se situe plutôt autour de 30 %.
Qui dit pétrole, dit carburant, transport routier, aérien, maritime, pétrochimie, plastique et tous les produits synthétiques. Le gaz naturel est également l’une des bases de la pétrochimie. Le gaz est très utilisé pour la production d’électricité et, dans une moindre mesure, pour le chauffage.
Face à ces réserves stratégiques qui s’amenuisent, quelles mesures les différents pays d’Asie prennent-ils ?
Alors, il ne faut pas effacer trop rapidement les réserves stratégiques parce qu’on est au début de leur utilisation. C’est tout à fait récent et elles ne sont pas encore en voie d’épuisement. Cela dit, c’est une solution à court terme. On ne peut pas durer longtemps avec des stocks stratégiques.
Le Sri Lanka, par exemple, a dit qu’il n’avait que six semaines de stock.
Ce n’est pas si mal, d’autant plus que le Sri Lanka n’est pas un des pays les plus riches en Asie. Si nous pensons à la Chine, au Japon, à la Corée du Sud et à Taïwan, nous sommes sur des volumes importants de stocks stratégiques. Certains de ces pays font partie de l’AIE, l’Agence internationale de l’énergie, qui a décrété une mobilisation générale de 412 millions de barils de stocks stratégiques de pétrole et de produits raffinés, dont à peu près le quart en Asie. Il y a donc les stocks stratégiques. Mais ça ne suffit pas, bien sûr.
Il existe aussi des stocks commerciaux détenus par les compagnies pétrolières, ainsi que des économies d’énergie demandées à la population, aux industriels. Dans certains cas, des mesures plus autoritaires sont prises comme en Birmanien avec la circulation alternée de véhicules. Les pays asiatiques comptent aussi sur le changement du télétravail pour limiter les déplacements et donc, évidemment, les importations de carburant. Dans certains cas, on observe de fortes augmentations des prix des carburants pour faire baisser la consommation. A l’inverse, dans d’autres pays, des subventions sur les prix des carburants et des produits raffinés sont mises en place afin de limiter l’impact de cette guerre et de cette crise énergétique sur les populations.
On a l’impression également de voir ressurgir certaines mesures qui avaient été prises pendant la pandémie de Covid-19, tels que les cours à distance au Pakistan ou au Sri Lanka. Le Sri Lanka a également adopté la semaine à quatre jours de travail dans la fonction publique. Même chose aux Philippines. S’agit-il de nouvelles normes pour s’adapter à la crise énergétique ? Je pense également à la Thaïlande qui recommande à sa population de porter des T-shirts plutôt que des costumes pour aller travailler, afin de réduire les dépenses liées à la climatisation.
Oui, je dirais que ce sont des mesures, en tout cas celles qui sont liées au télétravail ou aux cours en visioconférence, permises par les technologies dont nous disposons depuis plusieurs années et qui ont été adoptées pendant la pandémie. Isolément, ces mesures n’ont pas forcément d’impact considérable, mais il faut faire feu de tout bois. Ensuite, cela dépendra aussi, bien sûr, de l’adhésion de la population.
Est-ce que cette crise de l’approvisionnement énergétique va pousser les pays asiatiques, et d’autres d’ailleurs, à se tourner davantage vers les énergies renouvelables?
On ne peut pas se passer dans notre monde actuel des énergies fossiles. Les trois énergies pétrole, charbon, gaz naturel représentent à elles seules 80 % de toute l’énergie consommée dans le monde donc les différents pays, y compris les pays asiatiques, se retrouvent pris à la gorge, aujourd’hui.
La question des énergies renouvelables, évidemment, demande des développements de long terme et des investissements se chiffrant en milliards de dollars. Est-ce que, lorsque cette guerre sera terminée, l’on verra des modifications des politiques énergétiques à moyen et long terme ? Certains pays le font déjà. La Chine, notamment, est le leader mondial pour des énergies renouvelables. Y aura-t-il une inflexion plus large, une rupture, lorsque la poussière sera retombée? Il faudra un peu de temps pour le voir, après la fin de cette guerre et de cette crise.
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Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : L’équipe éditoriale continuera à analyser les faits.

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