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21 mars 2026Au troisième procès de Nicolas Zepeda, le cri de désespoir d’une sœur face à un accusé impénétrable
Analyse : Notre équipe offre une vue générale sur cette actualité récente.
Quelques points clés à retenir concernant « Au troisième procès de Nicolas Zepeda, le cri de désespoir d’une sœur face à un accusé impénétrable ».
Ce qu'il faut connaître
OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP
Taeko Kurosaki, la mère de Narumi Kurosaki (au centre), entourée de ses deux filles au tribunal de justice de Lyon le 17 mars 2016.
À quoi pense Nicolas Zepeda lorsqu’une psychologue souligne, au quatrième jour de son procès devant la cour d’assises du Rhône, sa personnalité « narcissique » avec une « très forte possessivité » ? À quoi pense-t-il lorsqu’un expert décrit cliniquement une strangulation « bien faite », qu’il est soupçonné d’avoir pu pratiquer pour tuer son ex-petite amie Narumi Kurosaki à Besançon en décembre 2016, et explique ce qu’il faut faire pour « plier » un cadavre dans une valise ? À quoi pense-t-il encore lorsque l’une des sœurs de la jeune femme le supplie, en larmes, de révéler « où il a abandonné le corps » ?
Parfois, on pense déceler un mouvement chez lui. Une gorge qui se noue, peut-être. Des yeux qui se ferment quelques secondes, peut-être, pour retenir une émotion. Puis, le mur se reforme. Nicolas Zepeda est encore resté impassible, ce vendredi 20 mars à Lyon, face au sombre portrait dépeint par les témoins entendus à son troisième procès pour assassinat.
Nicolas Zepeda nie encore
Interrogé la veille, il a de nouveau nié avoir tué la jeune femme dans sa chambre d’étudiante de 9 m² après avoir voyagé depuis le Chili pour la voir, malgré les nombreux éléments à charge ayant conduit à sa condamnation à deux reprises à 28 ans de réclusion criminelle. La Cour de cassation avait annulé en février 2025 le deuxième verdict pour vice de procédure, ouvrant la voie à ce nouveau procès.
En chemise bleu clair, le Chilien de 35 ans — qui parle désormais couramment le français — a écouté, depuis son box vitré, le témoignage des deux jeunes sœurs de Narumi Kurosaki. Épuisées par près de dix ans d’instruction et deux premiers procès, elles se sont attachées à faire vivre « l’âme » de l’étudiante, faute de pouvoir « la ramener au Japon ».
« Cet homme ne parlera jamais et nous ne pouvons plus compter sur les efforts de la police. Il ne reste que nous pour continuer de rechercher son corps », a lancé Honami Kurosaki, 28 ans. Essuyant régulièrement ses larmes avec un mouchoir, la jeune femme a raconté l’explosion de sa famille depuis la mort de l’aînée, et notamment les multiples tentatives de suicide de sa mère. « Narumi est seule, toute seule quelque part », a-t-elle pleuré. À sa gauche à la barre, son traducteur japonais bégaye lui aussi, gagné par l’émotion.
« Dans leur croyance japonaise, c’est très important qu’un défunt puisse être libéré de toutes ses souffrances terrestres pour l’accompagner vers l’au-delà, analyse l’avocate de la famille, Me Sylvie Galley. Elles n’ont jamais réussi à faire ça, c’est ce qui rend le deuil très difficile psychologiquement. »
« Qu’il nous dise où elle se trouve ! »
Dans une robe blanche empruntée à sa sœur Narumi pour lui rendre hommage, Kurumi Kurosaki, 26 ans, a de son côté raconté s’être mise elle-même « dans une valise pour savoir si c’était possible ». « Au fond de moi-même, je n’y crois pas encore. » L’une des pistes avancées par l’accusation est que Nicolas Zepeda, ulcéré d’avoir été éconduit par son ex-petite amie, lui aurait donné la mort par asphyxie ou strangulation dans sa chambre avant de se débarrasser de son corps avec l’aide d’une valise.
Si Honami a pris soin d’éviter de croiser le regard de celui qu’elle appelle « cet homme », la cadette, elle, a tenté une dernière fois de lui arracher sinon un aveu, au moins une concession. « S’il a un reste de conscience, qu’il nous dise où elle se trouve ! », a-t-elle imploré, se tournant vers Nicolas Zepeda pour lui faire face pendant trente interminables secondes. Soutenant son regard, le Chilien n’a pas bougé.
Toute la journée, plusieurs experts se sont succédé derrière les vingt-quatre colonnes du palais de justice historique de Lyon pour exposer, parfois de manière très technique, une partie du dossier. Malgré les nombreux éléments à charge contre Nicolas Zepeda, l’absence de cadavre, de preuve matérielle et d’aveu laisse plusieurs zones d’ombre. Et offre à la défense la possibilité d’instiller le doute auprès de la cour et des jurés. Après avoir obtenu une observation complémentaire d’ADN dès l’ouverture du procès — qui n’a finalement rien donné —, les deux avocats du Chilien ont formulé une nouvelle demande du même type ce vendredi. Refusée par le président de la cour Éric Chalbos.
« Les enjeux sont considérables. Dix ans après les faits, on se questionne encore, on ne sait pas réellement ce qui s’est passé dans cette chambre », a insisté à la sortie de l’audience Me Robin Binsard, qui défend Nicolas Zepeda aux côtés de Me Sylvain Cormier.
Après le témoignage des deux sœurs, la partie civile a tenu à projeter des photos de Narumi Kurosaki sur les écrans de la majestueuse salle des assises. On la voit bébé, allongée sur un lit, ou à sa majorité, souriante dans un beau kimono bleu. À la barre, Honami et Kurumi soutiennent leur mère, effondrée, à bout de bras. Comme toujours depuis ce mois de décembre 2016, cette dernière tient contre sa poitrine une enveloppe avec une photo de Narumi.
Dans le box, Nicolas Zepeda regarde les photos défiler. Sans bouger.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Nous continuerons de surveiller cette situation pour vous informer.

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