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22 mars 2026Analyse : Notre équipe partage son regard général sur cette actualité.
Quelques observations clés de notre rédaction sur « Second tour des élections municipales : les enjeux d’une recomposition politique en cours ».
Résumé pour le lecteur
À un an de l’élection présidentielle, les résultats du second tour des élections municipales viendront donner aux appareils politiques un premier élément d’appréciation de leurs dynamiques politiques. Après un premier tour qui a vu l’élection de plus de 33 300 maires – 68 % des communes n’avaient qu’une seule liste le 15 mars et un certain nombre n’en avait que deux –, le scrutin du dimanche 22 mars attirera de fait le regard sur les grandes villes.
Forte dans ses bastions, plus décevante ailleurs, l’extrême droite réussira-t-elle à remporter de nouvelles communes de plus de 100 000 habitant·es ? Après avoir juré qu’on ne l’y reprendrait plus jamais, le Parti socialiste (PS) pourra-t-il conserver ses mairies emblématiques grâce à ses alliances avec La France insoumise (LFI) ? Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui a remporté dès le premier tour la deuxième ville d’Île-de-France, va-t-il confirmer sa progression dans les métropoles ?
La main tendue du Rassemblement national (RN) aux électorats de droite fera-t-elle basculer des communes, ou l’autoproclamé « premier parti d’élus locaux de France » résistera-t-il ? Le dynamisme de listes conduites par des candidats racisés issus des quartiers populaires en Seine-Saint-Denis se transformera-t-il en victoire électorale ?
Les six plus grandes métropoles françaises peuvent toutes voir leur mairie changer de couleur politique : Rachida Dati est désormais seule en lice à droite pour une alternance à Paris ; le RN peut rêver de faire basculer Marseille (Bouches-du-Rhône).
À Toulouse (Haute-Garonne), l’alliance de la gauche espère l’emporter face au maire sortant de droite Jean-Luc Moudenc, tandis qu’à Lyon (Rhône), Jean-Michel Aulas souhaite ravir aux écologistes leur plus grande mairie. À Nantes (Loire-Atlantique), dirigée par le PS depuis trente-sept ans, Johanna Rolland voit son siège menacé par la droite tandis qu’à Nice (Alpes-Maritimes), Éric Ciotti peut offrir à l’extrême droite la cinquième ville de France, jusqu’ici dirigée par son meilleur ennemi Christian Estrosi.
Entre le PS et LFI, un scrutin bras de fer
Au jeu à somme nulle du nombre de mairies remportées, le PS, deuxième parti de France en termes d’élu·es locaux, l’emporte largement face à ses concurrents de gauche. Mais LFI, dimanche 15 mars, s’est révélée incontournable dans le compte-rendu de force interne à gauche.
Le leader insoumis, Jean-Luc Mélenchon, qui a surinvesti ces municipales pour en faire une pré-campagne présidentielle, finit gagnant sur tous les tableaux. Non seulement son mouvement, qui partait quasiment de zéro, a gagné des mairies, mais il a surtout réussi à se rendre indispensable dans l’entre-deux-tours.
Dans vingt-six villes – qui comptent près de trois millions et demi d’habitant·es –, LFI a ainsi contraint les autres forces de gauche à s’allier, le plus souvent dans des « fusions techniques » qui ne l’obligent à aucun vote ni solidarité de groupe au sein des futurs conseils municipaux. Des accords qui lui permettront en outre de gagner des grands électeurs et électrices pour les prochaines élections sénatoriales.
Le RN va-t-il continuer de siphonner la droite ?
Jordan Bardella n’en finit plus de tendre la main. Après avoir vainement tenté de convaincre, dans l’entre-deux-tours, des candidat·es Les Républicains (LR) de faire l’union avec le RN, le président du parti lepéniste s’adresse désormais directement aux électeurs et électrices. Dans les grandes villes où le RN est arrivé en tête – Toulon (Var), Menton (Alpes-Maritimes) et Nîmes (Gard) –, les deux candidats de droite qualifiés au second tour ont fusionné leurs listes pour empêcher la victoire du parti d’extrême droite.
Le RN en est réduit à saluer les quelques rares dissidences à droite, comme à Reims (Marne) où le candidat de droite Stéphane Lang, adhérent LR mais non soutenu par le parti de Bruno Retailleau, a fait alliance avec la candidate d’extrême droite Anne-Sophie Frigout – il a été sanctionné pour cela. Même scénario à Draguignan (Var), où le député RN Philippe Schreck, arrivé en tête au premier tour, peut compter sur le soutien d’une liste de droite qui a réalisé 7 % des suffrages exprimés le 15 mars.
Ailleurs, le parti de Jordan Bardella espère remporter quelques villes supplémentaires, comme Amilly (Loiret), La Flèche (Sarthe) ou Carcassonne (Aude), et renforcer ainsi sa présence dans ses bastions du Nord et du Sud-Est. Son alliance avec Éric Ciotti lui permet d’envisager une victoire à Nice (Alpes-Maritimes), qui deviendrait la plus grande ville française dirigée par l’extrême droite.
À Marseille, le retrait de Sébastien Delogu vient compliquer le rêve de Franck Allisio de conquérir la mairie de la deuxième commune française, mais celui-ci, fort de son absorption des cadres et des voix de la droite locale, sait déjà qu’il entrera en force au conseil municipal.
Le front républicain vit-il encore ?
Les élections législatives de 2024 avaient donné à voir la résurgence d’un front républicain massif contre l’extrême droite. Deux ans plus tard, et à quatorze mois de la présidentielle, la retour de l’électorat face à la menace du RN est une des données les plus imprévisibles de l’équation du 22 mars. Le comportement des formations politiques a déjà montré que le « réflexe de barrage » s’érode à mesure que les forces de droite reprennent les mots et les propositions de l’extrême droite.
À Nice, la gauche n’a pas fait le même choix qu’à Marseille. La liste de l’écologiste Juliette Chesnel-Le Roux, arrivée troisième avec 11,9 % des suffrages exprimés, a choisi de se maintenir au second tour, arguant de la porosité idéologique entre le sortant Horizons Christian Estrosi et Éric Ciotti, candidat de l’alliance du RN et de son parti l’Union des démocrates pour la République (UDR).
Même situation, entre autres, à Carcassonne, où le maire sortant de droite Gérard Larrat a refusé de laisser les listes RN et Horizons s’affronter en duel ; et à Vierzon (Cher), où le candidat MoDem Ahmed Taoussi a bravé la consigne de son parti et choisi de se maintenir coûte que coûte. Moins allants qu’il y a deux ans pour barrer la route de l’extrême droite, les partis politiques vont désormais observer de près le comportement de l’électorat. Comme une dernière occasion de jauger les antidotes du pays et d’ajuster en fonction les stratégies présidentielles de 2027.
La droite peut-elle gagner à Paris ?
Le résultat du scrutin parisien – qui revêt comme toujours une portée nationale – sera l’un des plus commentés dimanche 22 mars. Après le retrait de la zemmouriste Sarah Knafo et la fusion de sa liste LR avec celle de Horizons-Renaissance, la voie semble dégagée pour Rachida Dati. Désormais seule sur le créneau de la droite et de l’extrême droite, l’ancienne ministre pourrait aussi bénéficier de la division de la gauche.
Mais la victoire est loin d’être acquise pour Rachida Dati, qui a réalisé un score médiocre (moins de 26 %) au premier tour. Sa prestation lors du débat d’entre-deux-tours n’a sans doute pas rassuré les hésitant·es. Par ailleurs, l’union avec la liste de Pierre-Yves Bournazel a du plomb dans l’aile depuis que le philippiste a annoncé qu’il refusait de poursuivre l’aventure. « Confier les clés de Paris à Rachida Dati, ce serait fou, irresponsable », estimait-il quelques jours plus tard dans Libération.
Énième symptôme de ce mariage raté : dans la plupart des arrondissements, les candidat·es Horizons-Renaissance et LR partent concurrent·es au second tour. Certains cadres macronistes parisiens, à l’instar du cofondateur d’En marche, Philippe Grangeon, ont d’ores et déjà annoncé qu’ils voteraient pour la liste d’Emmanuel Grégoire dimanche.
De quoi imaginer un report suffisant de l’électorat du centre sur la liste de gauche ? C’est tout l’enjeu pour le PS parisien, qui a parié qu’une alliance avec le parti mélenchoniste lui ferait perdre davantage de voix qu’il en gagnerait. Après avoir refusé l’alliance avec l’insoumise Sophia Chikirou, qui s’est donc maintenue en triangulaire, Emmanuel Grégoire verra si sa dynamique de premier tour (près de 38 % des suffrages exprimés) s’amplifie, condition sine qua none pour que la gauche puisse espérer conserver la capitale.
Le grand test de l’écologie municipale
L’été dernier, ils étaient sereins. À l’automne, ils ont commencé à déchanter et ont misé sur des alliances. En hiver, ils se sont déchirés sur cette stratégie. Et alors que le printemps approche, ils admettent que la récolte ne sera pas aussi abondante qu’en 2020. Les Écologistes, qui se savent surveillés lors de ce scrutin, ne verront pas la vague verte devenir un tsunami, c’est certain. Mais les partisans de l’« écolo-bashing » qui prévoyaient un ressac massif en seront aussi pour leurs frais.
À Lyon, le parti de Marine Tondelier pourrait déjouer les pronostics sur leur défaite à la mairie – à la métropole en revanche, cela s’annonce plus compliqué, même si un désistement de dernière minute de la liste insoumise change la donne. À Grenoble (Isère), la gauche devrait faire barrage à la droite représentée dans cette élection par l’ancien maire Alain Carignon, condamné pour des faits de corruption.
Mais à Bordeaux (Gironde), un fief de droite passé à gauche en 2020, ou à Besançon (Doubs), à gauche depuis soixante-dix ans, le scrutin se joue sur un fil. Quant à Annecy (Haute-Savoie) et Strasbourg (Bas-Rhin), personne, au sein des Écologistes, ne les compte plus dans l’équation.
Si la gestion des édiles sortant·es est directement pointée du doigt à Strasbourg et à Grenoble, ailleurs les écologistes font surtout les frais, comme l’ensemble de la gauche, du rapprochement qui s’accélère entre la droite et l’extrême droite, durcissant la concurrence.
Dans les quartiers populaires, l’heure des maires racisé·es ?
Dans les banlieues des grandes métropoles, il y a quelque chose d’une passation générationnelle à l’œuvre. Et le dimanche 22 mars pourrait être le jour de l’arrivée en masse de maires racisé·es à la tête de villes populaires. En Seine-Saint-Denis, dans le Val-d’Oise ou dans le Rhône, les résultats du premier tour ont donné à voir un double mouvement : d’une part, un renforcement de la gauche radicale au détriment de la gauche traditionnelle et, d’autre part, la percée électorale de figures racisées issues du monde associatif et militant. Deux facteurs qui se combinent d’ailleurs là où LFI, notamment, a misé sur ce genre de profils.
Concrètement, une semaine après la victoire de Bally Bagayoko à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), il faudra surveiller les résultats à Sarcelles (Val-d’Oise), où le militant Bassi Konaté est en ballottage favorable dans ce bastion socialiste ; à Mantes-la-Jolie (Yvelines), où Adama Gaye peut déloger le maire Horizons sortant Raphaël Cognet ; ou encore à Vaulx-en-Velin (Rhône), où le député LFI Abdelkader Lahmar veut profiter de son implantation locale pour battre la socialiste Hélène Geoffroy, qui aspire à un troisième mandat.
En Seine-Saint-Denis, le mouvement mélenchoniste espère aussi remporter le bastion communiste de La Courneuve grâce à Aly Diouara, et ravir Bondy à la droite avec Mehmet Ozguner. D’autres alternances à gauche sont possibles à Aubervilliers avec Sofienne Karroumi, et à Villepinte où l’écologiste Melissa Youssouf conduit une liste d’union.
La droite et le macronisme peuvent-ils sauver les meubles ?
LR montre les muscles à chaque élection locale en se proclamant « premier parti de France ». Petit à petit pourtant, ses positions s’érodent : des maires se débarrassent de leur étiquette, d’autres sont battus et l’assise électorale du parti post-gaulliste s’amenuise de scrutin en scrutin. Dimanche, l’état-major de LR aura les yeux rivés sur Nîmes, la dernière grande ville qu’il dirige, où une triangulaire le menace. D’autres victoires sont aussi espérées à Toulon, Besançon ou Aurillac (Cantal).
Sans être encartés LR, Jean-Luc Moudenc et Jean-Michel Aulas sauveraient l’honneur de la droite en l’emportant à Toulouse et à Lyon. Le même effet trompe-l’œil est espéré chez Renaissance. Mais ni Annecy, où l’ancien ministre Antoine Armand est en bonne posture, ni Bordeaux, que brigue Thomas Cazenave, ne suffiront à masquer la décrépitude du parti présidentiel.
À l’inverse, Horizons, qui se maintient plutôt bien à travers le territoire, observera de près le scrutin du Havre (Seine-Martime) où son président, Édouard Philippe, est candidat à sa réélection. Le mouvement risque en revanche de perdre son numéro deux, Christian Estrosi, à Nice.
Source : www.mediapart.fr
Conclusion : Notre équipe restera attentive aux prochains développements.

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