
Pourquoi Vincent Bolloré est auditionné par la commission sur l’audiovisuel public à l’Assemblée
24 mars 2026
Attention à l’arnaque à la carte grise, cette nouvelle escroquerie qui vise à la fois les acheteurs et les vendeurs de voitures d’occasion
24 mars 2026Municipales à Nîmes : autopsie d’une lente, évidente et très collective défaite de la droite
Analyse : Notre rédaction met en lumière les points essentiels à retenir.
Nos rédacteurs considèrent que « Municipales à Nîmes : autopsie d’une lente, évidente et très collective défaite de la droite » est un article à suivre.
Résumé des éléments principaux
La droite, qui dirigeait Nîmes depuis 25 ans, sort grande perdante de ces municipales à Nîmes. Sur fond de tensions des mois durant, retour sur les raisons d’une défaite.
28 juin 2020. Au soir de son élection pour un quatrième mandat, le maire de Nîmes Jean-Paul Fournier l’assure : « J’aurai à cœur de former une nouvelle génération d’élus. » Moins de six ans plus tard, la plus grande ville encore tenue par Les Républicains a filé à gauche et sa majorité municipale se retrouve éparpillée façon puzzle. Comment en est-on arrivé là ? Petit retour en arrière.
Jeudi 23 janvier 2025. L’annonce couvait depuis plusieurs semaines et il n’avait jamais caché ses ambitions. Après avoir prévenu le maire de Nîmes, Julien Plantier, alors premier adjoint, annonce dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux sa candidature aux municipales. Une décision qui ne va pas être sans conséquences. Le choix du successeur désigné, entre Franck Proust et Julien Plantier, a tardé à venir. Jean-Paul Fournier ne se positionnant que tardivement. Et les tensions sont ensuite allées crescendo au sein de la majorité entre les « pro-Plantier » et les « pro-Proust ».
Une lente mais sûre division
Le vendredi 28 février 2025, la scission est clairement consommée, avec la création, au sein du conseil, d’un nouveau groupe politique, Nîmes avenir, mené par le premier adjoint, suivi par quinze adjoints et conseillers municipaux en place. Si, dans un premier temps, Jean-Paul Fournier semble en prendre acte, en coulisses, dans son proche entourage, on le pousse très fortement à réagir et à prendre cela comme offense. Certains élus dissidents reviendront ainsi dans le giron de Fournier, non sans des entretiens parfois vécus comme très violents. Une mésaventure qui n’est pas sans rappeler celle vécue par le groupe d’Yvan Lachaud en 2017.
Le 10 mars 2025, la nouvelle tombe officiellement : Julien Plantier est mis à pied par le maire, ses délégations lui sont retirées et avec lui, celles des dix adjoints et conseillers municipaux qui l’ont suivi sans renoncer.
Dans la foulée, Franck Proust est nommé premier adjoint. La voie apparaît alors comme libre pour le président de Nîmes Métropole : il annonce à son tour sa candidature aux municipales, le 18 mars, jour choisi en hommage à Jean-Paul Fournier qui, 24 ans plus tôt avait battu Alain Clary. Les voyants semblent au vert. Mais derrière l’apparence d’union, les doutes commencent à pointer : « On lui a dit que c’était trop tôt pour partir. La présentation devait se faire aux jardins de la Fontaine, on se retrouve finalement derrière le musée du Vieux-Nîmes, avec déjà des moqueries sur l’image vieillissante qu’on présente », se rappelle un collaborateur. Autour de Franck Proust, deux clans finissent par apparaître : celui de la mairie, avec Valentine Wolber, bientôt Teddy Maurel et Olivier Jalaguier ou encore Christophe Pio et François Courdil et celui de l’Agglo, avec Bernard Baumelou, Arnaud Julien, Tom Roussel, Zacharie Charmin ou Priscillia Salleles.
Les choix de Franck Proust
D’un côté, ceux qui assurent à Franck Proust qu’il n’a besoin de personne pour gagner. De l’autre, ceux qui ne démordent pas qu’il faut s’entendre avec Julien Plantier. Mois après mois, le premier adjoint écarte ses fidèles de Nîmes Métropole, tout comme Frédéric Escojido, éphémère directeur de campagne, au profit de sa nouvelle équipe ville. Jusqu’en décembre 2025, où Bernard Baumelou, directeur de cabinet du président de Nîmes Métropole et dernier des Mohicans du Colisée a encore être entendu par Franck Proust, jette lui aussi l’éponge. Et avec lui, tout espoir d’une entente avec Julien Plantier disparaît.
Ce n’est donc pas, au sein de la droite, une surprise quand le 14 décembre 2025, Julien Plantier dit officiellement non à une alliance avec Franck Proust. Et, progressivement privé de soutien de partis politique par ses anciens alliés (par des jeux politiques menés par notamment par le sénateur Laurent Burgoa, Franck Proust rafle le soutien du parti Horizons, au nez et à la barbe de son représentant local Yvan Lachaud) , se tourne vers Valérie Rouverand, candidate Renaissance, pour fusionner programme et équipe. Une entente officialisée le 22 décembre 2025, et qui ira sans doute au-delà des attentes initiales des deux intéressés, qui se sont finalement trouvé plus de points communs qu’espérés dans leur vision et leurs idées.
La claque du premier tour
C’est donc farouchement divisée que la droite s’avance vers le scrutin. Une faille que va exploiter le Rassemblement national, qui aurait cependant proposé de ne pas se présenter sur Nîmes si Franck Proust acceptait le soutien de l’UDR. Le refus conduira à la désignation comme candidat de Julien Sanchez, député européen et ancien maire de Beaucaire, le 17 janvier 2026. Qui, profitant des attaques et contre-attaques entre Franck Proust et Julien Plantier, traçait tranquillement sa route auprès des électeurs. « Franck Proust n’a pas fait campagne pour lui au final, il a fait campagne contre les autres, note un observateur. Contre Julien Plantier avant tout et contre Vincent Bouget, en se basant sur le stéréotype d’une gauche communiste qui allait envahir Nîmes avec des chars soviétiques. On lui a fait croire que tout le monde était contre lui, alors que pas du tout. »
le aspect clé d’orgue d’une fin de campagne mal dirigée du côté du président de Nîmes Métropole : la sortie d’une mesure de gratuité des cantines scolaires de Nîmes, le 27 février 2026, alors que l’ensemble de son programme avait déjà été présenté. Jugée comme allant à l’encontre des valeurs de Franck Proust, qui a toujours seriné que la gratuité n’existe pas, et mal préparée budgétairement pour être défendable vis-à-vis de ses opposants. « C’est quand même un peu la fin de la fin de sortir son programme puis une mesure phare qui va à l’encontre, idéologiquement, de tout ce que tu as appris depuis le début de ta carrière politique… », déplore cet autre collaborateur.
Un travail collectif de sabotage de la droite entre un Jean-Paul Fournier – dont on peut regretter une certaine passivité –, et ses successeurs, – qui n’ont jamais su trouver le chemin du dialogue – que va sanctionner durement le premier tour des municipales, le 15 mars 2026 : Franck Proust accuse violemment le coup de sa troisième place derrière le Rassemblement national et la gauche. Julien Plantier doit se contenter d’une quatrième position. Valentine Wolber, jusque-là directrice de campagne de Franck Proust et Teddy Maurel, sont écartés au profit du sénateur Laurent Burgoa et de Thierry Procida pour mener une négociation d’entre-deux tours.
Une fusion de façade
Le 16 mars 2026, Franck Proust, Julien Plantier et Valérie Rouverand fusionnent, assurant avoir réglé leurs différends. Las, les derniers mois ont laissé trop de traces pour que cette union de façade apparaisse comme crédible. En interne, certains membres de l’équipe de Franck Proust auraient bien plus négocié avec le Rassemblement national. Et du côté d’une partie des équipes de Rouverand et Plantier, la pilule est très très dure à avaler. Quant aux électeurs, parmi les grands oubliés de toutes ces chicayas politiques, là encore, ils trancheront dans le vif le 22 mars 2026, en n’accordant qu’une troisième place à la liste de fusion, loin derrière la gauche (40,97 %) et le RN (37,52 %), à 21,51 %.
De premier adjoint et président de Nîmes Métropole, Franck Proust devient ainsi simple conseiller municipal d’opposition, entouré d’un groupe de cinq autres élus plus subi que choisi. Julien Plantier, lui, devra composer avec cette image de dissident de la majorité et préparer l’après. Au final, droite et gauche se trouvent un critère commun dans cette épopée municipale : c’est collectivement que la droite s’est fissurée jusqu’à s’effondrer et c’est par le collectif que la gauche l’a emporté.
Source : www.midilibre.fr
Conclusion : L’équipe éditoriale restera vigilante et partagera ses observations.

9999999
