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24 mars 2026REPORTAGE. « Quand vous perdez le bistrot, vous perdez l’âme du village » : inscrire les cafés au patrimoine immatériel de l’Unesco pour éviter leur disparition
Analyse : L'équipe examine cette actualité et partage son avis global.
Notre rédaction partage quelques remarques sur « REPORTAGE. « Quand vous perdez le bistrot, vous perdez l’âme du village » : inscrire les cafés au patrimoine immatériel de l’Unesco pour éviter leur disparition ».
À retenir
En un siècle, plus de 90% des bistrots et autres cafés ont fermé leurs portes. Ces lieux de vie, pourtant emblématiques du paysage français, sont désormais moins de 40 000 sur tout le territoire. Pour préserver leurs petits commerces, des professionnels du secteur, partenaires avec le PMU, souhaitent voir leurs « pratiques sociales et culturelles » inscrites au patrimoine mondial immatériel de l’Unesco. Parmi eux, on compte le Café de la Place, à Saint-Mars-la-Brière, commune de 2 700 âmes située dans la Sarthe.
Dans ce café calme, pas un seul portable à l’horizon. « Nous, quand on est ici, le téléphone, sauf urgence, on ne s’en sert pas« , déclare un habitué des lieux. Une plénitude partagée par deux autres clients qui discutent au comptoir : « Quand on arrive ici, on se met les pieds en éventail, on boit un petit verre, on discute avec les copains. On se détend, on est bien« .
Attablées devant un chocolat viennois et des jeux de grattage plein les mains, Lana, 9 ans, ainsi que sa maman, Christelle, viennent une à deux fois par semaine, pour leur « petit moment de grattage », confie cette dernière. « Toutes les deux, mère-fille », abonde la petite-fille avant de préciser, « et puis franchement, j’aime beaucoup ce bar et j’aime bien Stéphanie« .
Stéphanie Rameau est la patronne de ce café, depuis six ans déjà, et une militante pour l’inscription des bistrots et des cafés français à l’Unesco. « On est pas mal ici, tout le monde se côtoie« , dit-elle le sourire aux lèvres. « On a même des dirigeants de belles sociétés qui viennent là, qui vont parler à des gens qui ne travaillent pas« , décrit la patronne du Café de la Place.
Alors que les commerces mettent la clé sous la porte, ces bistrots des petites villes restent parfois le dernier endroit où il est possible de se retrouver et de partager. Le café de Saint-Mars-la-Brière, ouvert sept jours sur sept, représente pour Jean-Marc, un dernier rempart.
Une ville sans café « ça devient une cité-dortoir, et il n’y a plus rien. »
Jean-Marc, un client du Café de la Placeà franceinfo
Alors que tout ferme aux alentours, la gérante du café, Stéphanie Rameau, tient bon. « La petite supérette du village a fermé au mois de décembre. Dans le centre, il n’y a pas de commerces de proximité pour tout ce qui est alimentaire, donc on essaye de dépanner, on prend des commandes et on s’arrange avec le boulanger pour pouvoir livrer les gens qui sont dans le centre-bourg. » Un café où l’entraide règne car « si un client cherche un médecin, les autres cherchent avec lui », fait remarquer la gérante qui organise également des concerts, des projections et des animations. « L’été, les clients nous aident à ranger notre terrasse pour rester un peu plus ! J’ai vu aussi des soirs où l’on n’avait pas assez de tables, et les gens sont venus avec leurs propres tables de jardin. », se rappelle-t-elle.
Un dévouement pour garder ce lieu de vie ouvert qui a toutefois un coût. « C’est 60-70 heures de travail en fonction des semaines. Après, il faut rajouter les courses, l’administratif, les aléas, les contraintes et les commandes, parce que ça ne se fait pas tout seul« , relate Stéphanie. « J’arrive à me verser un salaire, mais il y a des mois où c’est plus compliqué« , ajoute-t-elle. Si elle accueille environ 600 clients par jour – une centaine de moins qu’il y a deux ans – dans son café, la majorité d’entre eux viennent uniquement acheter des cigarettes.
Face à la désertification des campagnes, mais aussi à l’inflation et au pouvoir d’achat en baisse, les bistrots et cafés jouent la carte de la diversification de leurs activités. Toujours en Pays de la Loire, dans la commune de Meurcé, Géraldine Thudawe, gérante du seul commerce du village qui propose un bar-restaurant, « fait également dépôt de pain, mais aussi la Française des jeux et tout ce qui est relais-colis« . « On voit de plus en plus de petits commerces qui ferment parce que c’est compliqué », observe-t-elle. « Nous, on a la chance d’avoir mon mari en cuisine et moi en salle. Embaucher une autre personne est inenvisageable« , regrette Géraldine.
Toute l’équation est là : multiplier les services et garder des petits prix. À la carte de son restaurant, c’est une entrée, un plat, un dessert, une boisson et un café pour seulement 15,90 euros. L’inscription à l’Unesco ne ferait pas de mal, au contraire. « Je trouve que c’est très bien de mettre en avant les petits commerces, parce qu’effectivement, on est là pour assurer la restauration et le bar, mais on est également là pour le social. Et on le voit, c’est très important. Les gens ne sortent plus, ne se parlent plus, ne se voient plus. »
« Nous, on voit que, quand ils sont là au bar, les langues se délient, et c’est vraiment un plaisir. »
Géraldine Thudawe, gérante d’un commerceà franceinfo
Géraldine et son mari aimeraient bien vendre et se consacrer uniquement à leur activité d’hôteliers dans le village d’à côté. « On cherche à faire primer l’hôtel, parce qu’il n’y en a plus du tout dans le coin, mais on n’abandonnera pas ici tant qu’il n’y a pas un repreneur », assure la gérante.
Parfois, la meilleure volonté ne suffit pas, comme à Ligron, où le café est fermé depuis près de 5 ans. Philippe Biaud, qui vient de quitter la mairie, a, quant à lui, connu 5 gérants en 10 ans. « Malheureusement, commerçant en milieu rural, ce n’est pas si simple que ça. Il faut avoir plusieurs casquettes. C’est les montagnes russes, parce qu’à un moment donné on est très optimiste, ça fonctionne six mois, puis après on voit que ça commence à décliner« , témoigne l’ancien maire. « Il ne suffit pas de l’ouvrir et de mettre de la lumière ! Pourtant, on avait fait un sondage auprès de notre population. Mais vous avez des gens qui vous disent qu’il faut absolument un commerce dans notre village, mais ils n’y vont pas. Ça interroge. Mais il faut se battre. Si on se bat, on y arrive. Normalement », conclut-t-il.
Pour Alain Fontaine, patron du Mesturet, à Paris, et président de l’association Bistrots et Cafés de France, à l’origine de la candidature pour inscrire les « pratiques sociales et culturelles » des professionnels du secteur au patrimoine mondial immatériel de l’Unesco, il y a urgence. « Quand vous perdez le bistrot, vous perdez l’âme du village. », se désole-t-il. Pour y remédier, Alain Fontaine imagine déjà des mesures, notamment, une fondation pour soutenir les relances de bistrots, avec des aides administratives et financières, mais aussi une formation pour les repreneurs et une fête des bistrots, cafés et terrasses, le premier jeudi du mois de juin.
Un enthousiasme tempéré par Philippe Biaud. « La difficulté, c’est de trouver les personnes qui, au quotidien, vont le faire vivre. Vous pouvez avoir un support avec des aides, mais si en face, au quotidien, vous n’avez pas la bonne personne pour faire tenir ce commerce, ça a vite des limites« , certifie l’ancien maire de Ligron.
C’est désormais au ministère de la Culture de décider si, oui ou non, la France choisit de soumettre ce dossier à l’Unesco. Alain Fontaine vise, de son côté, déjà un objectif : celui d’ouvrir, d’ici 15 ans, des bistrots dans les 22 000 communes qui n’en ont plus…Comme à Ligron.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : La rédaction continuera à observer cette actualité pour informer ses lecteurs.

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