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Voici ce que notre équipe pense de l'article « quelles sont les leçons à tirer des municipales avant l’élection présidentielle? ».
Ce qu’il est utile de savoir
À peine les municipales 2026 achevées, les partis dressent leur bilan et se tournent déjà vers la présidentielle de 2027. Le scrutin confirme une France fragmentée: métropoles socialistes, petites villes à droite, ancrage du RN dans le Nord et le Sud… Le politologue Martial Foucault analyse ces dynamiques et ce qu’elles augurent pour 2027.
À peine les élections municipales 2026 achevées, les partis politiques dressent leur bilan et se projettent déjà vers la présidentielle de 2027. Si le clivage traditionnel entre gauche et droite continue de structurer largement le paysage local, la polarisation croissante de la vie politique nationale s’y fait également sentir.
Le Rassemblement National consolide notamment ses positions dans les villes moyennes, tandis que La France Insoumise revendique plusieurs conquêtes. Le Parti socialiste a de son côté fait face à des alliances avec LFI souvent inefficaces. Le bloc central réfléchit déjà à une stratégie commune pour 2027.
Que révèlent les municipales 2026 pour la présidentielle de 2027? Invité du podcast du Titre à la une, Martial Foucault, politologue et auteur de Le casse-tête démocratique: l’avenir des communes françaises, répond à nos questions. Il dresse notamment le portrait d’une France contrastée entre des métropoles qui sont majoritairement socialistes, des petites villes ancrées à droite, des bastions populaires gagnés par LFI, et des zones de force du RN dans le Nord et le Sud du pays.
Si l’on dresse le bilan de ces élections municipales, êtes-vous d’accord avec l’idée d’une carte de la France fragmentée? Est-ce cette idée qu’il faut retenir?
Je ne pense pas que le terme de fragmentation soit celui qui permette de résumer ce scrutin de 2026. En regardant les précédents scrutins, je suis plutôt frappé par une grande stabilité. La meilleure boussole d’analyse reste la grille de lecture autour du clivage gauche-droite. La vaste majorité des communes françaises est aujourd’hui gouvernée par des maires de gauche ou de droite. Il faut peut-être être plus fin, car on a vu apparaître un bloc des droites et un bloc des gauches, mais cette fragmentation n’est pas aussi prononcée que celle observée au niveau national.
On ne constate pas une tripartition ou une quadripartition de l’espace politique pour les communes. En revanche, vous avez raison de distinguer les très grandes villes et métropoles des villes plus intermédiaires. Dans cette France des sous-préfectures, le Rassemblement National et La France Insoumise, qui se projettent déjà sur 2027, ont réussi des percées historiques. Pour le Rassemblement National, cela se concentre essentiellement dans le Sud-Est et le Nord, en particulier le Pas-de-Calais. Pour La France Insoumise, on l’observe dans des communes de la première couronne parisienne et à Roubaix.
Il est intéressant de noter que les conquêtes de La France Insoumise correspondent à des villes gagnées contre des maires sortants de gauche. Le terme de fragmentation s’applique peut-être davantage au sein des familles politiques. Il y a une fragmentation au sein des gauches et un début de fragmentation entre la droite de gouvernement et le Rassemblement National, car le principe de fusion des droites réclamé par certains responsables, dont Jordan Bardella, n’a pas vu le jour lors de ce second tour.
Est-ce que ce clivage gauche-droite revient en force dans la vie politique au point de s’imposer en 2027, ou est-ce propre aux municipales?
Je crois que le clivage gauche-droite n’a jamais disparu pour les élections locales. C’est vrai pour les municipales, mais également pour les départementales ou régionales. Cela correspond, au niveau local, à la gestion de la survie des partis politiques; la démultiplication des juridictions où les partis peuvent garder la main est indispensable à la vie politique nationale. Ce clivage est décisif: si l’on ne prend pas en compte les oppositions gauche-droite dans un scrutin local, on ne comprend pas la raison des choix des candidats. On a pu observer que certains étaient très autonomes par rapport à la ligne de leur parti. Cette autonomie a pu conduire des candidats de gauche ou de droite à constituer des listes très hétérogènes, pas tout à fait conformes à celles observées lors des élections législatives de 2024.
Est-ce que certaines dynamiques vous permettent de tirer des leçons avant ce scrutin majeur?
Je suis très prudent sur la capacité d’analyse d’un scrutin municipal à prédire l’issue de l’élection présidentielle, même à un an d’intervalle. On l’avait vu en 2001: la gauche avait conquis de grandes métropoles comme Paris et Lyon, mais le candidat Premier ministre de l’époque, Lionel Jospin, avait finalement essuyé un sévère revers en 2002.
Pour 2027, ce n’est pas tant la gouvernance actuelle de ces villes qui donne des indications sur le comportement des partis, car il existe un phénomène nouveau: le mode de désignation des candidats. Le scrutin municipal aurait pu être un moment important pour la présidentielle si les candidats putatifs y avaient participé. Finalement, seul Édouard Philippe jouait son avenir de candidat. La plupart des autres se sont bien gardés de se soumettre au suffrage universel quelques mois avant l’élection présidentielle.
Un élément important pour l’analyse du scrutin présidentiel est cette division au sein des gauches. Elle laisse entendre qu’une candidature unique aura des difficultés à voir le jour, compte tenu des responsabilités que les uns attribuent aux autres dans les défaites, notamment pour les listes d’alliances entre La France Insoumise et le Parti Socialiste.
Certaines villes comme Brest, Clermont-Ferrand ou Besançon, qui étaient des bastions de la gauche ont finalement été gagnées par la droite. Il sera difficile, après cela, de défendre une candidature unique avec Jean-Luc Mélenchon à gauche?
Oui, il y a un élément intéressant par rapport à l’alliance des législatives de 2024, le Nouveau Front Populaire, où les gauches avaient réussi à installer une majorité relative. La différence avec le scrutin municipal est que cette alliance ne s’est faite que dans l’entre-deux-tours. Ce n’est jamais très bon, car les électeurs y voient des tractations.
De plus, dans les villes que vous citiez Toulouse, Brest, Besançon ou Strasbourg, la liste de gauche n’était pas arrivée en tête au premier tour. Or, dans un scrutin municipal, l’avance prise par le candidat arrivé en tête est souvent décisive. Les villes qui ont fait le pari de ne pas faire d’alliances en étant en tête au premier tour, comme Paris, Lyon, Rouen, Lille ou Marseille, ont réussi à l’emporter. La perspective de trouver un terrain d’entente programmatique et personnel, compte tenu des luttes de personnalité en vue de 2027, me laisse penser que beaucoup de formations de gauche préféreront y aller seules plutôt que de tenter une alliance impossible qui provoquerait des remous durant la campagne.
Est-ce que le barycentre du macronisme se droitise après ce scrutin?
Il s’est droitisé depuis l’élection présidentielle de 2022. Outre Annecy et Bordeaux, on trouve des villes intermédiaires comme Nevers, où le maire sortant se réclamant du macronisme a été réélu. Pour le parti présidentiel, qui n’avait pas placé de grandes ambitions dans ce scrutin et n’avait pas mobilisé ses troupes, ces conquêtes sont réussies là où personne ne les attendait. Est-ce le début d’un macronisme municipal? Nous en sommes très loin. Ces villes conquises par Renaissance l’ont été de quelques centaines de voix par deux anciens ministres des Comptes publics qui ont bénéficié d’une légitimité installée par leur élection législative.
On retrouve ici un « ancien monde »: une fois élu député, on descend au niveau local pour conquérir une ville. C’est l’antithèse de ce que souhaitait Emmanuel Macron pour changer la politique. On revient à une manière d’opérer des années 80-90, où un député bien installé avait plus de chances de conquérir une ville. Je ne suis pas certain que cela corresponde à l’idée même du parti présidentiel sur la manière de faire de la politique.
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Source : www.bfmtv.com
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