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25 mars 2026« Désastre », « catastrophe », « crève-cœur » ou « plan social » : comment les acteurs de la viticulture audoise perçoivent le plan d’arrachage et la disparition de 4 400 hectares en 2026
Analyse : Les rédacteurs ont examiné cette actualité pour en tirer quelques conclusions.
Quelques observations clés de notre rédaction sur « « Désastre », « catastrophe », « crève-cœur » ou « plan social » : comment les acteurs de la viticulture audoise perçoivent le plan d’arrachage et la disparition de 4 400 hectares en 2026 ».
Récap des faits principaux
Damien Onorre, président du syndicat des vignerons ; Ludovic Roux, président de la chambre d’agriculture ; Jean-Marie Fabre, président des Vignerons indépendants ; Sandrine Puech, membre du comité départemental de la Confédération paysanne. Quatre responsables de la filière viticole audoise, quatre viticulteurs et une viticultrice qui reviennent sur la situation qui « commande » ces nouveaux arrachages massifs.
« Catastrophique, désastreux, c’est difficile de trouver les mots. » Ce 24 mars 2026, Damien Onorre, président du syndicat des vignerons de l’Aude, s’autorise une brève pause dans la taille. Une parenthèse pour évoquer les chiffres de l’appel à manifestation d’intérêt ouvert le 6 février dernier par FranceAgriMer pour recenser les demandes d’aides à l’arrachage.
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Dans l’Aude, 947 dossiers ont été déposés, pour 4 436 ha à arracher, dont 1 529 en arrachage total, synonyme de fin d’activité. « C’est une catastrophe pour les paysages, pour l’économie locale, pour le tourisme, puisque c’est inévitablement lié, sans oublier la lutte contre les incendies. » Un désastre qui ne surprend pas le viticulteur de Paraza : « Ces choix d’un arrachage total, ça signifie un ras-le-bol. Il ne leur tarde qu’une chose, c’est arracher, pour ne pas faire une nouvelle campagne. Ces viticulteurs-là, ils ne trouvent pas de repreneurs, et ils découragent même leurs enfants de reprendre. Bien sûr que le contexte économique explique ces choix, mais il y a aussi un ras-le-bol administratif lié aux contraintes environnementales. Tout ça, ça participe au découragement. »
La crise dure depuis six ans, et pour beaucoup, l’élastique a cassé
Mercredi 25 mars, Ludovic Roux, le président de la chambre d’agriculture de l’Aude, ne dit pas autre chose à l’heure de commenter ce « crève-cœur. Mais la crise dure depuis six ans, et pour beaucoup, l’élastique a cassé ». Et ces demandes d’arrachage ne sont pour l’élu que le signal d’un impossible équilibre économique à trouver pour beaucoup : « On ne prend pas des vignes pour perdre de l’argent. Cet arrachage, et la prime de 4 000 € l’hectare, c’est un montant qu’ont décidé de saisir ceux qui avaient des vignes en complément d’activité, ou qui étaient à la retraite. Ça aura permis à quelques personnes de partir à peu près dignement. » Un « à peu près » qui a toute son importance : « Une vigne, avant la crise, c’était a minima 10 000 € l’hectare. » Aujourd’hui, l’Aude ne peut donc que constater les ravages de la crise économique et de marché qui frappe la viticulture. À laquelle s’ajoute « la problématique climatique, avec la sécheresse » qui frappe le département, violemment : un manque d’eau et son corollaire de « très petits rendements ». Trop petits pour espérer la rentabilité : « Sur ma coopérative, qui fonctionne pourtant très bien, avec des ventes à des prix corrects par rapport à la moyenne, 100 ha seront tout de même arrachés. Ça fait trois ans qu’on fait du 20 hectolitres par ha », résume Ludovic Roux.
– 40 % de rendement en 2023, – 60 % en 2024. En deux ans, on a donc perdu une récolte
Président national des Vignerons Indépendants, Jean-Marie Fabre vit lui aussi, dans ses vignes de Fitou, au triste privilège d’être en 1re ligne du réchauffement climatique : « Dans l’Aude, bien évidemment que les demandes d’arrachage se font d’abord là où les rendements ont décroché. Les équilibres économiques sont percutés par le dérèglement climatique et ne sont plus tenables. À Fitou, en 2023, on était à – 40 % de rendement ; à – 60 % en 2024. En deux ans, on a donc perdu une récolte alors que les coûts de production augmentaient. » Un signal, un de plus, que l’heure est à la remise en cause. Un changement de cap que Sandrine Puech, membre du comité départemental de la Confédération paysanne et élue à la chambre, appelle de ses vœux, sans nier « qu’il fallait faire quelque chose, bien sûr. Mais pas seulement ce qui est véritablement un plan social, sans vision à long terme ».
On prend des mesures ponctuelles pour une crise structurelle
Alors Sandrine Puech refuse d’abord qu’une croix soit faite sur le reliquat des 130 M€ du plan d’arrachage. Car avec les 27 500 ha candidats aux aides, 18 M€ de l’enveloppe ne seront pas utilisés : « Il faut les flécher pour aider à la diversification. On prend des mesures ponctuelles pour une crise structurelle. Mais il n’y a pas d’appui technique, les exploitants ne peuvent aujourd’hui pas se projeter à plus de deux ou trois ans, et encore. Mais planter des arbres, ça veut dire attendre six ans pour la production. » Alors la viticultrice de Lagrasse plaide pour regarder ailleurs. Comme en Allemagne, où des aides de 2 500 € sont allouées à des terres en jachère, en misant la carte des plantes mellifères, pour « prendre le temps de construire une stratégie sur des terres incultes, dans une démarche d’agroécologie ». Une piste doublée d’un plan d’aide construit autour d’un bien vieil outil, l’indemnité viagère de départ. Une IVD qui, considère Sandrine Puech, pourrait fournir un « complément de début de retraite pour favoriser les installations et reprises ». Un appel d’air qui aiderait peut-être la viticulture audoise à réfléchir, enfin, sans crainte des sombres lendemains.
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : L’analyse sera enrichie dès que de nouvelles données seront disponibles.

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