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25 mars 2026Analyse : Cette actualité a retenu notre attention et mérite quelques remarques.
L'équipe propose un aperçu synthétique de « En Afrique, les artistes espèrent enfin vivre de leur musique ».
Ce qu’il est utile de savoir
En Ouganda, une réforme du droit d’auteur très attendue a été adoptée, mercredi 18 mars, pour mieux rémunérer les artistes. Elle prévoit notamment d’obliger radios et télévisions à payer pour la diffusion de musique, et prend aussi en compte les usages numériques comme le streaming et les sonneries téléphoniques. Une avancée majeure, réclamée depuis près de 20 ans. Mais faute d’application, beaucoup continuent de vivre sans revenus issus de leurs œuvres. Un défi partagé dans de nombreux pays africains, où les créateurs tentent de s’organiser eux-mêmes.
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« Je travaille dans l’industrie musicale depuis 35 ans… et je ne pense pas avoir gagné ne serait-ce que 1 000 dollars. » Le témoignage de Rachael Magoola est sans appel. Députée ougandaise, elle est aussi l’autrice du tube culte Obangaina, sorti dans les années 1990. Une chanson incontournable dans son pays, qui lui a apporté notoriété et reconnaissance… mais presque aucun revenu.
Comme beaucoup d’artistes africains, elle dépend encore largement des concerts pour vivre, avec des revenus incertains et irréguliers. C’est dans ce contexte que le Parlement ougandais a adopté, le 18 mars, une réforme du droit d’auteur très attendue. Le texte vise à mieux encadrer le secteur et à garantir une rémunération plus juste des créateurs.
L’artiste Eddy Kenzo, qui est également président de la Fédération nationale des musiciens ougandais, a salué cette avancée comme une victoire pour l’ensemble du secteur créatif. « Aujourd’hui, le travail est accompli, et c’est ce qui nous a poussés à devenir des leaders », se félicite le producteur ougandais. Il a toutefois rappelé que le travail n’était pas encore terminé.
Une réforme très attendue, aux multiples obstacles
Le texte prévoit notamment d’obliger radios et télévisions à payer pour la diffusion de musique, et prend également en compte les usages numériques, comme le streaming ou les sonneries téléphoniques. Pour Rachael Magoola, cette réforme constitue une avancée importante. Mais elle reste prudente : « C’est une victoire… mais le travail ne fait que commencer. »
Car sur le terrain, les obstacles restent nombreux. Aujourd’hui, très peu d’acteurs paient effectivement des droits d’auteur en Ouganda. Radios, bars, hôtels : la musique est largement diffusée sans que les artistes soient rémunérés.
« Le vrai problème, c’est l’application. Presque personne ne paie », résume la députée. Par conséquent, la société chargée de collecter les droits d’auteur manque de moyens. Et les artistes continuent de vivre sans revenus stables issus de leurs créations. Le texte adopté doit encore être promulgué par le président. Et surtout, sa mise en œuvre concrète reste incertaine.
Un problème partagé sur le continent
Au-delà de l’Ouganda, ce constat est largement partagé en Afrique. Dans de nombreux pays, des lois sur le droit d’auteur existent, mais sont peu appliquées. En Mauritanie, par exemple, un texte adopté en 2012 n’a jamais réellement été mis en œuvre. Face à cette situation, certains artistes choisissent de ne plus attendre une action des pouvoirs publics.
C’est le cas de Kane Limam Monza, artiste et producteur mauritanien, fondateur du festival Salam alikum. « Aujourd’hui, les artistes évoluent dans un milieu désorganisé… c’est une jungle », explique-t-il. Selon lui, le problème ne se limite pas à l’absence de lois, mais à un manque de structuration du secteur. Pour y remédier, il appelle les artistes à s’organiser eux-mêmes, en créant des structures capables de gérer leurs droits et de défendre leurs intérêts.
Des modèles existent ailleurs, comme en France avec la Sacem, et pourraient être adaptés aux réalités locales. Mais au-delà des aspects économiques, l’enjeu est aussi profondément humain.
« C’est d’abord une question de dignité humaine. Reconnaître le travail des artistes et lui donner la valeur qu’il mérite », insiste Kane Lima Monza.
Source : www.rfi.fr
Conclusion : Un suivi régulier permettra de mieux comprendre cette information.

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