franceinfo monde du jeudi 26 mars 2026
26 mars 2026Reuters.com
26 mars 2026Analyse : L'équipe a relevé certains éléments clés de cette actualité.
Un résumé concis de « Bad Bunny, bon pour le climat » selon notre équipe.
Éléments à garder en tête
De magistrale façon, Bad Bunny fait la leçon aux politiques. Tandis que les enjeux du climat ont été escamotés des élections municipales en France, le chanteur et rappeur portoricain réussit à faire du réchauffement de la planète un sujet majeur. Sa performance à la mi-temps du Super Bowl aux États-Unis, en février dernier, a été suivie en direct par 100 millions de spectateurs (plus 128 millions de vues sur YouTube).
L’artiste a convoqué la réalité de la crise avec ces poteaux électriques déglingués, emblématiques de “la fragilité du réseau électrique de Porto Rico, ravagé par des ouragans à répétition”, souligne Inside Climate News. Montrer “l’expérience vécue et les effets du changement climatique sur la population” est bien plus percutant que le meilleur des “cours magistraux sur la science du climat”, poursuit le média spécialisé. “Cette mise en scène démontre à quel point la culture pop peut transmettre efficacement des messages sur le climat à un large public”, selon un directeur d’agence marketing. Selon lui, le show a “probablement incité les spectateurs à chercher à en savoir plus sur les problèmes d’électricité liés au climat” dans la petite île des Caraïbes.
Les décideurs politiques pourraient-ils s’en inspirer ? À Paris, Emmanuel Grégoire a paradé sur son Vélib’ au soir du second tour des municipales. L’image, partout reprise, illustre la transformation des mobilités. Mise en place sous Anne Hidalgo, cette politique très critiquée à droite a finalement été validée par le vote, comme la presse internationale le remarquait au lendemain de l’élection. “À Paris, le vélo a triomphé de la voiture : en termes quelque peu simplifiés, les résultats des élections de dimanche peuvent être résumés ainsi”, écrit le quotidien suédois Dagens Nyheter. Paris possède “plus de 1 500 kilomètres de pistes cyclables” – plus qu’Amsterdam, la capitale de la petite reine, souligne The Economist. La “circulation automobile [y] a diminué de plus de moitié entre 2002 et 2023”, note le Financial Times.
La presse internationale loue le vélo à Paris, tout en soulignant l’âpreté de cette campagne. Un peu partout dans le monde, les polémiques qui tentent de discréditer les mesures d’adaptation ont pour effet d’en brouiller l’enjeu. Un “narratif de droite” nourrit ainsi l’“idée fausse” selon laquelle une majorité de Britanniques serait opposée à la neutralité carbone, constatait The Guardian à propos d’une étude de l’Institute for Public Policy Research selon laquelle la couverture médiatique de l’objectif zéro émission au Royaume-Uni est “deux fois plus négative” que l’opinion publique. Un biais médiatique qui participe à diffuser l’idée que les politiques de neutralité carbone “seraient impopulaires auprès des électeurs” et conduit les élus à “sous-estimer le soutien du public aux politiques climatiques”.
Or les enquêtes d’opinion, au Royaume-Uni comme ailleurs, montrent une large adhésion à la cause climatique. Selon un sondage Ipsos-Cesi d’avril 2025, 75 % des Français se disent préoccupés par les effets de la crise climatique. Aux États-Unis, à l’automne 2025, 64 % des Américains se disaient “assez inquiets” vis-à-vis du réchauffement. Le climatonégationnisme du président américain n’y est sans doute pas étranger, pas plus que la couverture médiatique du sujet, elle aussi gagnée par le “faux retour de bâton contre la lutte pour le climat” évoquée par le Guardian.
À défaut de pouvoir transformer la leçon de Bad Bunny en méthode universelle, on pourrait déjà suivre l’enseignement qu’en tire Inside Climate News : parler climat sans diviser. En parler tant et plus pour pousser les élus, en France comme ailleurs, à faire de la transition une réalité politique. Qu’on s’empoigne sur de vraies mesures plutôt que sur un faux débat – faire ou ne rien faire pour le climat.
En bref
La Terre est en déséquilibre
L’an dernier, le déséquilibre énergétique de la Terre a atteint un nouveau record. C’est l’un des principaux enseignements du rapport sur l’état du climat mondial en 2025, publié le 23 mars. Dans un système à l’équilibre, la quantité d’énergie qui arrive du Soleil est globalement équivalente à celle qui est renvoyée vers l’espace. Mais les gaz à effet de serre en surplus, liés aux activités humaines, piègent la chaleur et bouleversent le système. Conséquence : une planète toujours plus chaude. “Ces onze dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées”, constate The New York Times. Pour en savoir plus, c’est ici.
En Australie, on renonce bien
L’Australie vient d’approuver un important projet d’expansion de l’exploitation de gaz de houille. “Cela pourrait impliquer la construction d’au moins 1 695 nouveaux puits gaziers, 1 545 kilomètres de gazoducs et d’aqueducs”, détaille The Guardian. Pour la directrice de l’organisation australienne Climate Council, “approuver de nouveaux projets d’exploitation du gaz et du charbon, c’est comme allumer une cigarette alors qu’on essaie d’arrêter de fumer”. Pour en savoir plus, c’est ici.
Pour les insectes tropicaux, trop c’est trop
Les insectes des tropiques, soit 70 % des insectes sur Terre, seraient capables d’encaisser de fortes chaleurs et de faire face sans problème au réchauffement de la planète, dit-on. Une idée reçue balayée par une étude parue dans Nature. Ses auteurs ont étudié près de 2 300 espèces au Pérou et au Kenya. D’après leurs résultats, il y a de quoi s’inquiéter : “la moitié des insectes de plaine étudiés risquent de mourir à cause des températures prévues à l’avenir”. Pour en savoir plus, c’est ici.
À relire
Vous venez de lire l’édition no 135 de Climatiques.
Source : www.courrierinternational.com
Conclusion : Notre équipe continuera d’examiner les faits et de proposer des analyses.

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