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26 mars 2026Analyse : Voici un aperçu des faits selon nos journalistes.
Un résumé rapide de « le passé trotskiste longtemps caché de l’ancien Premier ministre » selon notre rédaction.
Ce qu'il faut retenir
C’est un pan longtemps resté caché de sa vie politique. Avant d’incarner la gauche de gouvernement, Lionel Jospin fut « Michel », militant discret de l’Organisation communiste internationaliste (OCI), branche secrète du trotskisme français.
C’est un pan longtemps caché de sa vie politique: avant d’incarner la gauche de gouvernement, Lionel Jospin fut « Michel », militant discret de l’Organisation communiste internationaliste (OCI), la branche la plus secrète du trotskisme français.
Comme lui, d’autres hommes politiques, dont Jean-Luc Mélenchon, ont été formés par cette organisation se présentant alors comme un parti communiste antistalinien, menée par Pierre Boussel, dit Lambert. L’une de ses particularités: sa pratique de l’entrisme, certains de ses militants intégrant secrètement des formations politiques ou syndicales pour y recueillir des renseignements.
Dans le livre-enquête Trotskisme, histoires secrètes, les journalistes Laurent Mauduit et Denis Sieffert, eux-mêmes anciens membres de l’OCI, retracent le parcours du camarade « Michel ».
Dans le milieu étudiant, le marxisme était la théorie dominante
Au début des années 60, alors qu’il prépare l’ENA, Lionel Jospin découvre le marxisme et se rapproche des milieux trotskistes. À cette époque, le marxisme est, dans le monde intellectuel et étudiant, la théorie dominante. « Cela m’attire, et puisque je ne peux pas trouver un engagement pratique (…) socialiste ou communiste, je vais y aller par la théorie », confie l’ancien Premier ministre dans un entretien avec l’INA publié en 2024.
Lionel Jospin s’initie et se forme par l’intermédiaire de Boris Fraenkel, qui voit en ce futur haut fonctionnaire, un clandestin idéal dans l’appareil de l’Etat. Une fois diplômé, il entrera au Quai d’Orsay. Plus tard, c’est sur les instructions de Pierre Lambert que Jospin adhère au Parti socialiste quelques mois après le congrès d’Épinay en 1971, comme plusieurs autres militants trotskistes « envoyés en sous-marin », selon les auteurs du livre-enquête.
Pour Pierre Lambert, « l’homme de l’ombre qui aime tirer les ficelles », Lionel Jospin était « sa plus belle réussite », selon les mots de Boris Fraenkel.
Cette « double casquette », l’ancien premier secrétaire du PS (1981-1988) puis Premier ministre (1997-2002) l’a toujours contestée. Il a d’abord nié tout lien avec l’organisation, après de premières révélations en 1996 des journalistes Florence Muracciole et Gérard Leclerc, Jospin répondant « ils me confondent avec mon frère ». Le responsable socialiste finit par reconnaître sa proximité avec Lambert, après la diffusion de nouveaux articles de presse en 2001, certains évoquant des liens jusqu’en 1987, avant son entrée au gouvernement.
« Purger les erreurs du passé » et notamment celles de son père
« J’adhère librement au PS. C’est ma propre décision. J’ai des liens étroits avec une organisation trotskiste, ça ne s’oppose pas », confie le socialiste dans le livre Lionel raconte Jospin, publié en 2010. « À partir de 1973, où j’ai des responsabilités au PS, je commence à penser comme un socialiste. Je garde des liens d’amitié, comme un antidote, un quant-à-soi que je maintiens. Mais tous mes actes sont ceux d’un socialiste », insiste-t-il.
Selon plusieurs observateurs, François Mitterrand était au courant des liens avec Pierre Lambert, et loin d’être une « taupe », Jospin constituait au contraire un atout à un moment où PS et PCF s’affrontaient violemment. Pour le chroniqueur Claude Askolovitch, qui lui a consacré une biographie en 2001, Lionel Jospin devient trotskiste notamment pour « purger les erreurs » du passé, celle de son père, militant pacifiste, qui se trompe de camp pendant l’occupation.
« Le sérieux de l’organisation et une leçon contre le sectarisme »
Selon Claude Askolovitch, Lionel Jospin va « rester de conviction socialiste révolutionnaire jusqu’à ce qu’il devienne ministre de l’Education en 1988 », parlant sur France Inter ce lundi 23 mars 2026: d’une « absolue sincérité » dans ses « contradictions ». « Il était important pour le militant socialiste révolutionnaire qu’il était que le PS reste ancré à gauche », et « dans le même temps, il évoluait ».
De cette période, Lionel Jospin disait avoir retenu deux choses, « une qualité » et « un antidote »: le sérieux de l’organisation et une leçon contre le sectarisme. Pour Laurent Mauduit et Denis Sieffert, l’histoire du camarade « Michel », n’est pas celle d’un agent du renseignement infiltré au PS, mais plutôt « celle d’un haut fonctionnaire, qui n’ayant pas pu afficher ses convictions trotskistes dans les lieux de pouvoir (…) les a cachées et s’est piégé lui-même ».
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Notre équipe continuera d’examiner les faits et de proposer des analyses.

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