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26 mars 2026en Russie, l’abattage massif de bétail et le silence des autorités inquiètent les éleveurs et les habitants – franceinfo
Analyse : Notre équipe propose une synthèse des points importants.
Quelques points clés à retenir concernant « en Russie, l’abattage massif de bétail et le silence des autorités inquiètent les éleveurs et les habitants – franceinfo ».
Points essentiels
Depuis le début du mois de mars, des milliers d’animaux d’élevage ont été abattus en Sibérie. Face à la colère des agriculteurs, les autorités russes évoquent des cas de rage et de pasteurellose. Mais c’est bien une épidémie de fièvre aphteuse, plus grave et extrêmement contagieuse, qui est redoutée.
Publié
Temps de lecture : 6min
Des dizaines de carcasses de bovins jonchées sur le sol, l’euthanasie d’une vache filmée en direct, de nombreuses confrontations entre les autorités russes et des habitants mécontents… Depuis début mars, ces images tournent en boucle sur de nombreux comptes Telegram russophones. Sur cette messagerie, très populaire mais bientôt interdite en Russie, le Kremlin est accusé de mentir au sujet de la maladie dont souffre le bétail russe, abattu en masse dans la région de Novossibirsk, en Sibérie, où l’état d’urgence a été décrété.
Tout commence au début du mois, lorsque le gouvernement régional instaure une quarantaine dans certains villages de la région. Les routes sont bloquées, les entrées et sorties interdites et le bétail abattu. Durant plusieurs jours, aucune explication n’est donnée aux habitants, mis à part l’existence d’une « maladie dangereuse », selon le média indépendant russophone Meduza. Face au flou entretenu par les autorités, les théories du complot se multiplient, relate Novaya Gazeta, un autre média indépendant russe.
Une explication officielle émerge enfin le 8 mars. Le ministre de l’Agriculture régional annonce la détection de plus de 50 foyers de rage et d’une épidémie de pasteurellose, une maladie respiratoire. Mais cette version est remise en question par les médias indépendants russes et sur Telegram. Car l’abattage généralisé n’est pas recommandé dans cette situation. Ces deux maladies sont « faiblement contagieuses dans les troupeaux et ne justifient pas un abattage massif », confirme à franceinfo Barbara Dufour, professeure émérite d’infectiologie et d’épidémiologie à l’école vétérinaire d’Alfort.
En quelques jours, des vidéos d’agriculteurs en colère face au manque de transparence des autorités pullulent. L’une d’elles, vue plus de 30 000 fois sur Telegram, incarne le silence des autorités russes. Une éleveuse, dont le cheptel a été abattu, interpelle le ministre de l’Agriculture de la région. Sans un mot, ni un regard, le politicien prend la fuite. Des habitants, dont certains ont été arrêtés, ont eux aussi protesté contre l’abattage des troupeaux. D’autres encore ont interpellé Vladimir Poutine, à travers des vidéos, signale Meduza. Le 8 mars, un groupe d’habitants s’adresse ainsi au président russe, via Telegram, pour demander la protection de leur bétail. Ils assurent que leurs animaux ne présentent aucun signe d’infection.
Le bétail de Sibérie est-il en réalité touché par une épidémie de fièvre aphteuse, l’hypothèse la plus souvent avancée ? Cette maladie virale, qualifiée comme « grave » par l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) est plus dangereuse que la pasteurellose ou la rage. L’infection entraîne notamment « des répercussions économiques significatives (…) Elle est à l’origine de graves pertes de production et bien que la majorité des animaux surmonte la maladie, celle-ci les laisse souvent affaiblis”, selon l’OMSA. Cette maladie est aussi « extrêmement contagieuse », contrairement à la pasteurellose et la rage, relate Barbara Dufour.
Selon la vétérinaire, la théorie est plausible car « si vous avez au même endroit des destructions massives de porcs, de bovins, voire de petits ruminants, cela ressemble vraiment à la fièvre aphteuse ». Des animaux asymptomatiques pourraient donc avoir été tués par les autorités russes de manière préventive, « pour éviter que la maladie n’avance trop vite ». Mais sans chiffre précis, impossible de confirmer ce diagnostic, tempère la professeure.
Quand certains parlent de dizaines de milliers d’animaux morts, les autorités russes affirment que cela concerne environ 0,6% des exploitations agricoles de la région, sans préciser le nombre d’animaux abattus. Selon le site du ministère de l’Agriculture de Novossibirsk, les exploitations de toutes catégories comptaient 352 300 unités de gros bétail au début de l’année 2025. Ce qui signifie qu’environ 2 100 animaux auraient été tués ces dernières semaines. « Il est aussi possible que seuls quelques élevages aient été abattus car on n’arrive pas à sortir d’une maladie à l’intérieur des troupeaux, et que cela a ensuite été amplifié par de la désinformation », suggère Barbara Dufour.
Au-delà de la problématique sanitaire, les enjeux économiques peuvent expliquer le manque de transparence du gouvernement russe, selon le média indépendant Novaya Gazeta. En cas de fièvre aphteuse, les exportations agricoles du pays, que Vladimir Poutine souhaite augmenter de 50% d’ici 2030, pourraient être limitées. Les effets de ces abattages se font d’ailleurs déjà sentir. Le Kazakhstan, voisin, a par exemple instauré des restrictions temporaires sur les importations d’animaux vivants, de viande et de produits laitiers en provenance de plusieurs régions de Russie.
Le chef du service fédéral de surveillance vétérinaire et phytosanitaire, Sergei Dankvert, a annoncé mardi auprès de l’agence de presse étatique Tass que tous les foyers de l’épidémie ont été éliminés. « Nous sommes confrontés à une forme non standard, mutée, de la maladie, malgré le élément qu’elle ait été étudiée depuis longtemps », a-t-il affirmé pour justifier l’abattage du bétail. Selon la version officielle, la pasteurellose s’est transformée en une forme incurable. Parmi les causes de l’épidémie, les autorités pointent du doigt la négligence dans la gestion des exploitations familiales, la surpopulation du cheptel bovin et le refus de la vaccination.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Nous suivrons cette actualité pour vous tenir informés.

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