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27 mars 2026Analyse : L'équipe a relevé certains éléments clés de cette actualité.
L'équipe met en lumière les points essentiels de « l’effet boomerang de la réforme PLM pour Rachida Dati dans la conquête de Paris ».
Analyse rapide
La mise en place du nouveau scrutin à Paris, avec deux votes pour élire d’un côté le maire d’arrondissement et de l’autre le maire central, n’a pas favorisé Rachida Dati. Pire, elle emporte au conseil de la capitale moins de conseillers qu’avec le précédent vote.
La réforme de la loi PLM (Paris-Lyon-Marseille), censée favoriser la droite dans sa conquête de l’hôtel de ville selon ses opposants, semble avoir eu l’effet inverse en réaffirmant le clivage droite-gauche et en cristallisant le rejet de la candidate revendiquée de l’alternance, Rachida Dati.
Avec 103 conseillers de Paris dans la majorité portée en 2026 par la gauche d’Emmanuel Grégoire (hors LFI), contre 93 sous la mandature Hidalgo, et seulement 51 élus pour l’opposition emmenée par Rachida Dati contre 65 en 2020, l’effet escompté s’est retourné contre ses promoteurs, au-delà même de l’échec électoral.
Plus d’élus de droite sans la réforme
Sans la réforme de la loi PLM voulue par François Bayrou et adoptée en juillet malgré le rejet du Sénat, le même score dans les urnes aurait de fait été moins désavantageux pour la droite, qui aurait récolté 64 conseillers de Paris, selon les calculs de l’ex-élu écologiste Yves Contassot.
L’introduction d’un deuxième scrutin à l’échelle de la capitale avec une seule circonscription pour élire directement les conseillers de Paris n’a pas non plus permis de révéler un examen de force favorable à la droite, malgré une participation inédite depuis 2001.
Même avec une prime majoritaire abaissée à 25% pour la mairie centrale, contre 50% auparavant, Emmanuel Grégoire ressort gagnant: sans la réforme, il n’aurait récolté que 89 conseillers de Paris.
« Il y a une fétichisation des modes de scrutin mais le mode de scrutin ne fait pas tout », analyse Yves Sintomer, professeur de sciences politiques à l’Université Paris 8, pour qui la réforme a été faite « avec beaucoup d’arrière-pensées politiciennes ».
Parmi les effets notables, un vote stratégique des électeurs, qui ont pu opter pour deux couleurs politiques différentes selon qu’ils votaient pour leur arrondissement ou pour la mairie centrale.
C’est notamment le cas dans les 5e et 9e arrondissements, où les maires sortantes Horizons Florence Berthout et Delphine Bürkli ont été réélues… mais où Emmanuel Grégoire l’emporte haut la main pour la mairie centrale.
Un « effet rejet »
Interrogé, le conseiller LR de Paris David Alphand reconnaît une « sous-performance » de la liste centrale Rachida Dati dans les arrondissements de droite, tandis qu’Emmanuel Grégoire a lui « surperformé » dans les arrondissements de gauche par rapport aux maires.
L’autre présupposé de la réforme PLM était que la personnalisation accrue du scrutin, favorisée par le vote plus direct en faveur du ou de la futur(e) maire, sans le filtre préalable d’arrondissements majoritairement à gauche, favoriserait la très médiatique ex-ministre de la Culture.
Cette hypothèse s’est avérée « à double tranchant » avec un « effet boomerang » pour Rachida Dati, observe le constitutionnaliste Benjamin Morel, pour qui la personnalité « très clivante » de cette dernière « a permis de mobiliser des électeurs, mais également d’en perdre beaucoup ».
Entre l’électorat de l’eurodéputée d’extrême droite Sarah Knafo et celui, centriste, de Pierre-Yves Bournazel, « le delta idéologique est important et seule une figure consensuelle pouvait les réunir », poursuit Benjamin Morel.
Même minoritaire en voix, la droite aurait toutefois pu l’emporter avec la réforme PLM si elle était arrivée en tête au second tour face à une gauche divisée, engrangeant d’office la prime majoritaire de 25%.
« Les gens ne pouvaient pas supporter Rachida »
Preuve en est que le suspense est resté entier jusqu’au soir du 22 mars, alors que dans l’ancien scrutin Emmanuel Grégoire aurait été quasiment assuré de l’emporter dès le soir du premier tour, le basculement d’un arrondissement de gauche vers la droite étant peu probable.
« Sans la réforme, la droite aurait perdu de manière quasi certaine. Avec la réforme, elle avait une toute petite chance de gagner », résume Benjamin Morel.
C’était sans compter le report de 30% des électeurs de l’insoumise Sophia Chikirou vers l’ex-premier adjoint d’Anne Hidalgo, mais aussi le surcroît de participation entre les deux tours qui a profité là encore au candidat socialiste.
« On a sous-estimé le rejet de Dati. Voter Bournazel puis Grégoire juste après, alors que leurs programmes étaient totalement différents, ça montre vraiment que les gens ne pouvaient pas supporter Rachida », reconnaît un candidat LR.
La réforme ambitionnait, par ailleurs, de redonner du souffle à la démocratie parisienne en donnant le même poids à chaque voix. Il s’agissait notamment de remobiliser l’électorat de droite dans les arrondissements de gauche.
Cependant, ce calcul s’est une nouvelle fois retourné contre ses initiateurs: la gauche a enregistré des scores plus élevés que prévu dans plusieurs grands arrondissements pourtant dirigés par la droite.
À l’inverse, dans les arrondissements plus petits, qu’elle dirige, la droite n’est pas parvenue à réunir un nombre de voix suffisant pour compenser les performances de la gauche dans ses bastions.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : L’équipe éditoriale continuera à analyser les faits.

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